Les professeurs du supérieur annoncent l'entrée dans un nouveau cycle de protestation et prévoient d'observer un programme revendicatif qui devrait début le 3 mars par une grève nationale. Devant les revendications de revoir la loi 59.24, le ministère semble avoir tranché. Les relations entre les professeurs de l'enseignement supérieur et le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, traversent une période compliquée, en raison d'une crise de confiance autour de la méthode de réforme et du respect du principe de concertation. En cause trois grands majeurs problèmes soulevés par le Syndicat national de l'enseignement supérieur, à savoir l'adoption contestée jugée « unilatérale » de la loi 59.24 par les enseignants, le manque de résultats du dialogue sectoriel et la non application des revendications professionnelles comme les questions des rémunération et du statut des enseignants-chercheurs, selon eux. C'est donc vers la pression sur le ministère de tutelle que se tourneront les professeurs avec un programme de manifestations et revendications pour exprimer leur rejet catégorique de la situation. Le syndicat compte mettre en place une grève nationale de deux jours, les 3 et 4 mars, accompagnée d'un rassemblement central à Rabat. Il est prévu que la commission administrative du syndicat reste en session permanente, tout en reprenant ses travaux le 12 avril pour évaluer la première phase du programme. Le syndicat a souligné que les mesures d'escalade prévues constituent un message clair au ministère sur la nécessité de traiter sérieusement et de manière responsable les dossiers soumis. Il rappelle en ce sens que l'une des causes principales de la crise, trouve sa source dans le non-respect des procédures. En ce sens, il souligne que le syndicat a participé à toutes les étapes de préparation des lois, depuis le bureau national jusqu'à la présentation des nouveautés à la commission administrative et leur discussion avec les bases. De ce fait, il indique qu'il est nécessaire de procéder à la révision de la loi et la reconstruction du dialogue pour garantir la stabilité du secteur académique, considéré comme stratégique pour l'avenir académique du pays. Le syndicat réclame désormais de nouvelle conditions pour la relance du dialogue et la mise en œuvre des revendications. Il s'agit notamment de remettre la loi n° 59.24 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche scientifique à la table des négociations en vue de sa révision et sa modification selon une approche participative. Il souligne que l'adoption de la loi ne signifie pas que le débat soit clos et qu'il reste des remarques et des questions qui demandent une reformulation, une correction des déséquilibres dans de futurs textes réglementaires. Le syndicat a également insisté sur l'importance de l'approche participative et transparente dans l'élaboration des textes réglementaires liés à la loi, y compris le statut des enseignants-chercheurs adopté en 2023. Et de rappeler l'adoption de la loi 59.24 a été faite de manière jugée « unilatérale », ce que les concernés rejettent catégoriquement, car cela irait à l'encontre de l'esprit de partenariat entre le syndicat et le ministère. Sur ce point, une source au sein du ministère a confié à Hespress que « le syndicat concerné comprend des partis politiques nationaux représentés au Parlement, qui ont défendu leur vision », précisant que « les représentants de ces formations politiques au sein de l'institution législative ont débattu du projet de loi en profondeur avant de voter en sa faveur », soulignant que « la démocratie a ses lois et ses règles, la loi a ses procédures et ses étapes ». Concernant le dialogue sectoriel, le syndicat a indiqué qu'il n'avait pas encore donné les résultats escomptés, ce qui nécessite sa reconstruction sur des bases claires garantissant l'exécution des conclusions. Il conclut que le programme de revendications sert à rouvrir la négociations, éviter le report ou une gestion temporaire de cette crise, et de répondre efficacement et équitablement aux attentes des universitaires. De son côté, la source au ministère de tutelle a indiqué le ministre Azzedine El Midaoui aurait « décidé de clore le débat concernant la loi n° 59.24 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche scientifique, après l'achèvement de sa procédure, dans l'attente de sa publication au Bulletin officiel ». Selon la même source, « la demande de certains dirigeants du Syndicat national de l'enseignement supérieur de remettre le texte sur la table est sans objet et ne repose sur aucune logique, même au regard des usages politiques nationaux ». Elle ajoute que le débat reste possible concernant les textes réglementaires et d'application de cette loi, en soulignant qu' »il est du devoir du ministère d'ouvrir le dialogue à leur sujet avec les parties concernées », toutefois, elle précise « cela porte essentiellement sur les dispositions concernant les enseignants-chercheurs, et non sur celles relatives à l'université ».