Pas de processus politique avec les provocateurs, les gangs ou les bandits    Simeón Oyono Esono Angue : L'ouverture d'un consulat à Dakhla reflète l'engagement de la Guinée équatoriale à soutenir l'intégrité territoriale du Maroc    UE : L'Algérie (re)dénoncée pour ses violations à répétition des droits fondamentaux    Maroc Telecom, « Top Performer RSE » pour la 7e fois consécutive    Polémique Macron et l'islam : Pogba dément avoir annoncé son retrait de l'équipe de France    Deux passeurs algériens arrêtés en Espagne (police)    Espagne. Un tableau de Picasso reproduit par Najat El Baz    La RSB renaît de ses cendres    Conjoncture : hausse de 0,3% de l'IPC en septembre dernier    Aérien : Oman Air rembourse les billets impactés par la Covid-19 au Maroc    Change: les devises étrangères contre le dirham marocain    Photo: Il y a 26 ans, la Jordanie et israël enterrent la hache de guerre    Islam de France. Erdogan se fait tirer les oreilles    Trump. L'Arabie saoudite va-t-elle signer la paix avec Israël?    Le roi Mohammed VI écrit au président autrichien    Ils ne sont forts que de nos faiblesses...    Textile : Les perspectives post-Covid décryptées par l'IMIS    Digitalisation de l'agro-industrie, une réponse agile à la crise sanitaire    La CAF signe un accord de partenariat avec l'ICSS    Portugal : Adel Taarabt prolonge avec le Benfica Lisbonne    UFC 254: Le légendaire combattant Nurmagomedov prend sa retraite    L'humidité réduirait la contamination au coronavirus [Etude]    De nouvelles mesures restrictives à Taroudant    Vaccin contre la grippe au Maroc : de longues listes d'attente chez les pharmacies!    Intervention de la brigade antigang dans la banlieue de Casablanca    Boeing et l'Université d'Arizona mettent la main dans la main : Désinfection Covid-19    El Jadida : 20 ans de réclusion criminelle pour un officier de police    Marrakech : Pour une cigarette, il met fin à la vie de son ami    Maroclear : Hausse de 6,5% de l'encours global des avoirs conservés en 2019    La Joconde débarque à Marrakech    Injaz Al Maghrib. Sicom In remporte la compétition (vidéo)    Casablanca: grave collision entre une voiture et une grosse moto (VIDEO)    Sahara: Les consulats africains dépriment l'Algérie?    Décès de Abderrazak Afilal Une icône du syndicalisme marocain s'en va    Covid-19: la situation épidémiologique à Casablanca-Settat au cœur du débat    Caricatures du Prophète : le Maroc réagit « vigoureusement »    Webinaire : La Fondation Attijariwafa bank débat de la protection des données personnelles    La Zambie se dote d' une ambassade au Maroc    Le Maroc condamne la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l'Islam et au Prophète Sidna Mohammed [Communiqué]    Ahmed Boukouss, recteur de l'Institut Royal de la culture amazighe    "Au détroit d'Averroès ". Une enquête ouverte sur le devenir d'une figure de la pensée    Hommage à Said Taghmaoui au Festival du film d'El Gouna    Abderrazak Afilal, fondateur de l'UGTM, n'est plus    Le blasphème dans le monde : droit ou délit ?    La Place Jamaâ El Fna renoue avec le spectacle    Pop philo, quand tu nous tiens!    Fouzia Nejjar ou le double défi    Samsung annonce le décès de son président, Lee Kun-hee    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Boucetta : Le retour du patriarche
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 24 - 01 - 2003

M'hamed Boucetta est de retour. Il reprend du service dans un domaine qui lui tient à cœur : celui de la réforme du statut personnel. La Moudawana risque de connaître une bonne impulsion. Dans la concertation.
La nomination de me M'hamed Boucetta
par S.M. le Roi Mohammed VI à la tête de la commission chargée de la réforme de la Moudawana, à la place d'un autre homme de droit, Me Driss Dahak, surprend par son timing mais pas par le choix de la personne qui succède à M. Dahak. Elle intervient quarante huit heures à peine, après l'audience accordée par le Souverain à M. Dahak qui a demandé un délai supplémentaire pour que la commission puisse achever ses travaux. C'est dire qu'il y a blocage quelque part.
La réforme de la Moudawana ne date pas d'aujourd'hui. Le printemps des femmes, en 2000, a été une expression pressante d'une revendication qui germait depuis des années. Le 8 mars 2000, deux grandes manifestations ont eu lieu simultanément à Casablanca et à Rabat. La première visait le blocage du Plan d'intégration de la femme, proposé par le gouvernement de l'alternance et dont Mohamed Said Saadi, ministre en charge du dossier, a fait les frais. La deuxième, à Rabat , et regroupait les pro-plan d'intégration. À partir de cette double manifestation, on a compris que les clivages sociaux n'ont rien à voir avec les positionnements politiques des partis.
L'USFP déchirée à propos de la question, l'Istiqlal a pris part aux deux manifestations, l'UC et le RNI ne savaient pas dans quel camp basculer alors que la logique les prédestinait à manifester à Rabat. Il était urgent de clarifier la situation et de sortir avec un schéma qui soit plus logique. Ce n'était pas le cas.
Mais c'est ce clivage-là, cette notion de champ politique anachronique, qui est ressortie plus qu'autre chose. Et depuis, sur la base des positions des uns et des autres, vis-à-vis du plan d'intégration, on pouvait classer les différents protagonistes.
Il faut dire que la réforme de la Moudawana n'est pas un luxe ou un choix. C'est une exigence de la période historique que l'humanité vit et dont le rythme de changement ne cesse de s'accélérer, depuis quelques décennies. Ainsi, si le Royaume a bien adhéré le 21 juin 1993 à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes - entrée en vigueur douze ans plus tôt, le 3 septembre 1981 - il ne l'a fait qu'en assortissant l'approbation de cet instrument international de déclarations et de réserves sur la nature et la portée qu'il entendait donner à cet acte (choix de la résidence par la femme, nationalité de l'enfant de mère marocaine et de père inconnu, égalité des droits et des responsabilités en cours de mariage et lors de sa dissolution). D'ailleurs, la même année, 1993, feu S. M. Hassan II avait veillé - sur la base des travaux d'une commission ad hoc qu'il avait créée - à apporter certaines modifications au statut personnel. Dans ce même sens, la nouvelle Constitution de 1996, reprenant en cela celle de 1992, avait réaffirmé dans son préambule l'attachement du Royaume "aux Droits de l'Homme tels qu'ils sont universellement reconnus". Il s'agit là non pas d'un additif de principe mais, tout au contraire, d'un texte de portée considérable qui va désormais intégrer dans le droit interne marocain des textes internationaux de nature universelle. Ces avancées à petits pas, si l'on ose dire, ont été couronnées par la nomination de S.M. le Roi Mohammed VI des membres de la commission chargée de la réforme du statut personnel, dont la présidence a été confiée à M. Dahak. C'était en avril 2001.
Mais, si l'objectif principal recherché par la désignation de cette commission est de parvenir à un consensus autour d'un certain nombre d'amendements de ce texte, il s'est avéré que les débats entre les différentes sensibilités idéologiques constituant le groupe sont de plus en plus animés. Les membres se seraient divisés en deux tendances : des conservateurs, au nombre de onze, et les rénovateurs, au nombre de quatre.
En ce qui concerne les détails sur les questions à propos desquelles les débats semblent coincer, les membres de la commission refusent de faire un commentaire. La seule information confirmée par certains d'entre eux est qu'il existe une tendance qui appelle à une interprétation innovatrice des textes religieux alors que d'autres insistent sur la fidélité à ces textes.
Aujourd'hui, avec le changement intervenu à la présidence de la commission force est de relever qu'il s'agit de blocage d'ordre idéologique ou du moins politique. Le choix de Me Boucetta, un homme politique d'une longue carrière, doublé d'un juriste confirmé, ne peut qu'être une belle issue. Surtout que les modernistes ne peuvent accuser le vrai leader istiqlalien d'être intégriste, ni les islamistes ne peuvent le taxer de libéral. D'autant plus que Me Boucetta jouit d'une bonne réputation auprès de l'ensemble de la classe politique, de gauche ou de droite. Si la présidence Dahak a été marquée par les réglages d'ordre juridique, celle de Me Boucetta sera marquée par le déblocage de la situation sur le plan politique.
Un véritable défi que l'ancien ministre des Affaires étrangères saura relever. Gageons qu'il peut le faire avec maestria.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.