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L'école publique incapable d'absorber les élèves du privé !
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 02 - 07 - 2020

Le ministre espère l'adoption de la loi réglementant l'enseignement privé avant fin juillet
«Nous travaillons pour trouver un terrain d'entente entre les parents d'élèves et les écoles privées. Nous n'allons pas recourir à une méthode répressive mais nous faisons le choix du dialogue et de la communication».
L'alternative du public brandie par les parents d'élèves n'est pas possible. En tout cas, la tutelle pense qu'un tel scénario serait catastrophique pour le système entier. Le ministre de l'éducation nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaïd Amzazi, est revenu sur la crise actuelle entre des écoles d'enseignement privé et les parents d'élèves qui ne veulent pas régler la totalité des frais de scolarité en raison de la suspension des cours présentiels.
S'exprimant devant les députés membres de la commission parlementaire permanente chargée de l'enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, le responsable gouvernemental n'y est pas allé par quatre chemins pour commenter la menace des certains parents de migrer massivement vers l'enseignement public. «Une migration du secteur privé au public ne doit pas avoir lieu puisque cela voudrait dire que nous avons échoué tous à trouver une solution à cette crise. Pourquoi ? Parce que l'école publique n'est pas prête à recevoir des effectifs importants des écoles privées. Dans ce cas, nous allons remettre en cause tout le parcours visant à réduire le nombre d'élèves par classe et d'améliorer la qualité de l'offre scolaire. Nous allons également mettre en péril l'architecture de l'enseignement privé», a dit le ministre.
Et d'ajouter: «Nous travaillons pour trouver un terrain d'entente entre les parents d'élèves et les écoles privées. Nous n'allons pas recourir à une méthode répressive mais nous faisons le choix du dialogue et de la communication». S'agissant du rôle du ministère pour imposer une décision, il semble que les responsables ne disposent pas d'une assise légale pour agir. «J'aurais aimé avoir une assise légale et réglementaire pour prendre une décision et ne pas se contenter d'une médiation entre les deux parties», a fait savoir le ministre qui veut se pencher sur la loi réglementant l'enseignement privé au Maroc le plus tôt possible. «J'aimerais bien continuer à travailler ensemble pour faire adopter cette loi avant fin juillet, ce qui va constituer un très grand acquis comme ce fut le cas avec la loi-cadre adoptée juste avant de partir en vacances l'été dernier.
Cette année-là, nous aurons également un challenge important pour adopter la loi 06-00 avant de partir en vacances car nous avons une vision en plus d'une approche participative avec les parties concernées», a lancé le responsable. Cela dit, les représentants de l'enseignement privé ne semblent pas tout à fait d'accord sur l'approche participative. Au cours des derniers mois, l'association représentant le secteur avait appelé à impliquer les représentants du métier dans l'élaboration du texte avant son adoption. Il y a quelques semaines ladite association a annoncé son intention de recourir à la grève pour dénoncer la situation actuelle. Reste à savoir quel impact aura cette crise sur la rentrée prochaine. Les responsables au sein du ministère restent de leur côté optimistes. «to be continued...» !
Loi
Le ministère de l'éducation nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, veut remettre à plat la loi 06.00 formant statut de l'enseignement scolaire privé. Le but est d'harmoniser ses dispositions avec la nouvelle loi-cadre adoptée il y a quelques mois. Mais l'un des points de discorde sera sans nul doute la réglementation des frais de scolarité et d'assurance. Le texte actuellement en vigueur ne prévoit pas de disposition spécifique.
A noter que l'article 20 de la loi 06.00 actuelle stipule qu'il «ne peut être payé par anticipation plus de 30% du prix convenu, manuels, fournitures et moyens didactiques non compris. Si la durée des études est supérieure à douze mois, les trente pour cent (30%) sont calculés sur le prix de la première année pédagogique telle qu'elle est prévue par le plan d'études. Est nulle toute stipulation contraire aux dispositions de cet article».


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