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Casablanca en mal de loisirs
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 10 - 05 - 2005

La capitale économique devient, de jour en jour, invivable. Non seulement à cause de la surpopulation, ou plus encore de la pollution, mais aussi du manque chronique d'espaces d'animation et de divertissement. Reportage.
Mohamed ne sait plus à quel saint se vouer. «Qu'adviendra-t-il des «très peu» parcs d'attractions que compte Casablanca ?», s'interroge cet employé d'un parc des jeux, une larme dans la voix. Question angoissée sur l'avenir d'un secteur abandonné à son sort. « Les parcs ne dépendent que de nom à la Communauté urbaine de Casablanca », regrette-t-il. Les « élus » ont en effet laissé tomber ces espaces pourtant ô combien nécessaires à une ville surpeuplée, polluée, tellement l'air est irrespirable.
Au centre de la mégalopole, le parc Yasmina reste la seule échappatoire au stress des Casablancais. Seulement voilà, ce parc manque du strict minimum. Manque d'entretien du matériel de jeux (balançoires, auto-tamponneuses, etc). Manque de prestation de services, sachant que la seule cafétéria dont dispose ce parc ne suffit pas à combler les attentes de ses 10.000 visiteurs (par semaine). Manque d'animation au profit et des enfants et des adultes. Le personnel de ce parc regrette qu'il n'y ait pas, par exemple, d'animation pédagogique au profit des enfants (clowns, saynètes, etc). Les adultes, parents ou couples, n'ont pas non plus où briser l'ennui ambiant. Au manque patent de cafétérias, vient s'ajouter le manque de restaurants où l'on peut casser sa croûte. Le parc zoologique n'a rien à envier à l'état pitoyable dans lequel se trouve celui de «Yasmina». A défaut d'entretien, ce parc se découvre de plus en plus le «visage» de vestige. Si à cela, on devait ajouter la disette de vivres à laquelle les animaux sont confrontés, on a vraiment de la peine à imaginer comment ce parc ait si mal tourné.
Est-ce un hasard si les lions de ce parc en sont réduits à «brouter» du gazon ?!
Ce qui est vrai de «Yasmina», d'«Aïn Sebaâ» l'est également des parcs d'Aïn Chok, Sidi Othmane, etc. Devant cet état des lieux pathétique, surgissent plusieurs questions: pourquoi les «élus» négligent un secteur vital à une ville qui étouffe? Pourquoi ces parcs, qui se réduisent en peau de chagrin, ne seraient plutôt pas multipliés ?
Si la Communauté urbaine de Casablanca se déclare incapable de gérer ce secteur, pourquoi ne pas avoir pensé à le privatiser Pour répondre, du moins, à cette dernière question, il y a bel et bien de quoi s'amuser. Les parcs avaient été privatisés par le passé, mais comme les «élus» croyaient mieux faire, ils les ont repris et comme ces «élus» se sont rendu compte qu'ils ne pouvaient mieux faire, voilà qu'ils pensent encore à les privatiser ?!!!
Mais voilà, le problème n'est pas dans le «statut» que peuvent avoir ces parcs (publics ou pas), il y va ce malaise grandissant des Casablancais qui, devant l'envahissement sauvage du béton, ne savent plus où donner de la tête. Dans une ville, où la pollution a franchi tous les pics imaginables, où grandit à ne plus cesser l'encombrement routier, avec son cortège d'embouteillages, de nuisances sonores, franchement l'aménagement d'espaces de détente, de ceintures vertes, devient non seulement une nécessité, mais une obligation.


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