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Le gouvernement se sucre
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 04 - 08 - 2005

Mohammed Fikrat, Président-directeur général de la Cosumar, évoque avec ALM la nouvelle donne du secteur sucrier marocain. La reprise des quatre sucreries publiques par la filiale de l'ONA devra se traduire par une meilleure sécurité de l'approvisionnement du marché.
Aujourd'hui Le Maroc : L'offre que Cosumar a présentée pour la reprise des quatre unités sucrières n'est-elle pas élevée ?
Mohammed Fikrat : Nous avons consacré à cette opération 1,367 milliard de dirhams. Ce montant traduit notre intérêt pour le secteur. Il s'agit d'une stratégie globale arrêtée après études et sur la base d'un plan de travail qui intègre les possibilités de synergie entre Cosumar et ces unités sucrières. Notre offre est construite sur la base de données concrètes. Nos deux objectifs sont d'abord renforcer l'amont agricole et installer des équipements nouveaux dans les sucreries dont la majorité ont été construites de manière étalée sur les 40 dernières années. Le Maroc a besoin d'unités sucrières modernes du type de Sidi Bennour où nous avons investi récemment 800 millions de dirhams. Cet effort nous permet d'augmenter notre capacité de traitement de betterave de 6 000 tonnes/jour à 10 000 tonnes/jour pour la campagne 2005 et de dépasser 150 000 tonnes/jour l'année prochaine.
Pour les nouvelles unités acquises, nous allons mettre en place tout un plan de développement de l'ensemble ; un programme de 1,6 milliard étalé sur cinq ans pour la mise à niveau industrielle. Il s'agit en fait de poursuivre les efforts déjà engagés par le ministère de l'Industrie pour la restructuration des sucreries publiques.
Cosumar contrôle désormais toutes les sucreries du pays. Ce monopole de fait ne va-t-il pas à l'encontre de l'intérêt du consommateur ?
Absolument pas. Le secteur sucrier est réglementé par l'Etat depuis l'achat des intrants jusqu'à la vente des produits finis. Ce monopole de fait, comme vous le dites, n'a donc pas de danger pour le consommateur. C'est tout à fait le contraire puisque l'intégration de ces unités à Cosumar va se traduire par une meilleure synergie entre l'amont agricole et l'outil industriel. Il en résulte une meilleure sécurité d'approvisionnement. Ce n'est pas seulement la question de prix qui est importante. Actuellement, la production nationale couvre en tout 46% des besoins du pays. Nous ambitionnons de l'améliorer. D'autre part, la prise de contrôle de Cosumar est à l'avantage de l'amont agricole, le revenu de
80 000 à 90 000 agriculteurs dépendent de la plante sucrière. La betterave intervient aussi dans l'aliment de bétail et supporte beaucoup de cultures en permettant de payer l'eau d'irrigation.
Les prix actuels ne risquent donc pas d'augmenter malgré les coûts de production élevés dans les ex-entités publiques ?
Nous avons à déployer un effort important de réduction du prix de revient, en collaboration avec les ressources humaines de ces unités. Les investissements à l'échelle industrielle devront s'accompagner d'optimisation des effectifs. Vu la pyramide des âges, cette optimisation sera facilitée par les départs volontaires et naturels à la retraite.
Ne craignez-vous pas que vos investissements prévus ne soient remis en cause par une éventuelle réforme de la subvention ?
La subvention et la libéralisation du secteur sont un dossier complexe. D'une part, il y a l'agriculture, de l'autre, la sécurité de l'approvisionnement du marché. Tous ces éléments sont à prendre en considération, compte tenu de l'importance de la filière sucrière. Il ne faut pas perdre de vue aussi que le sucre est réglementé au niveau du prix et de la qualité dans la majorité des pays du monde, y compris dans l'Union européenne.
A long terme, le secteur sucrier marocain pourra-t-il être compétitif par rapport à l'Europe ?
Actuellement, nous sommes proches de la situation du sud de l'Espagne (Andalousie). Cette comparaison est faite sur des critères objectifs : rendement à l'hectare et rendement à l'usine. D'ici cinq à dix ans, nous pourrons avec les chantiers mis en oeuvre, rattraper une partie de notre retard. Sur le marché national, comme je l'ai dit, notre production locale couvre 46%. Les 54% restants sont complétés par le raffinage du sucre brut importé. Cosumar assurait jusque-là 68% de la production nationale à raison de 14% de produits à partir du sucre local et 54% à partir du sucre brut importé. Le taux de croissance de la consommation nationale, entre 1.5% et 2% par an, est aussi à prendre en compte. D'autre part, avec ces unités, Cosumar peut désormais s'intéresser aux opportunités présentes à l'échelle régionale. Le secteur sucrier a connu une vague de restructuration au niveau de l'Europe. Notre pays va connaître un important mouvement d'intégration. Et nous aurons désormais la taille requise pour évoluer sur le pourtour méditerranéen et dans le continent africain.
L'amont agricole n'est-il pas un handicap, compte tenu de la réglementation étroite qui régit vos rapports ?
Les liens entre Cosumar et les agriculteurs ne sont pas une simple relation d'achat de la betterave. C'est tout un système mis en place et coordonné avec la contribution des Offices régionaux de mise en valeur. Le sucre est un secteur important géré avec différents partenaires. L'acquisition de ces unités est bénéfique pour tout le secteur.
Cela nous permet de pérenniser et d'étendre aux entreprises cédées par l'Etat, l'expérience réussie dans les Doukkala.


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