Autriche : Un consulat honoraire marocain inauguré en Carinthie    Tarfaya : la lagune de Naïla, un havre prisé des camping-caristes étrangers    Barid Al-Maghrib émet un timbre-poste pour la 58è session de la CEA    Stade de Benslimane : un marché à 3,7 MMDH confié à SGTM et TGCC    Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU    Morocco honored guest at the Summit of African, Caribbean, and Pacific States    Politique : Le RNI donne l'opportunité aux jeunes d'assumer leurs responsabilités    Hampton by Hilton s'implante à Ben Guerir    Entrepreneuriat. Près de 7.900 créations en un mois    Tangier police arrest man for inciting hatred and promoting drug use on social media    Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l'Histoire des châteaux    Un nul porteur d'enseignements : ouahbi fait le point après le match face à l'Equateur    L'économie chinoise renforce sa position grâce à un important excédent des transactions extérieures    Géopolitique : face aux chocs, la céréaliculture française cherche sa résilience    Bachir Mustapha Sayed se rapproche de la tête du Polisario    Cinq blessés suite à la chute de débris d'un missile balistique à Abou Dhabi    Paris : enquête après un attentat déjoué devant le siège de Bank of America    Pétrole vénézuélien : les majors tentées mais prudentes    Royaume-Uni : Starmer «désireux» de limiter certaines fonctionnalités addictives des réseaux sociaux    Yassine Oukacha succède à Chouki à la tête du groupe parlementaire du RNI    Lions de l'Atlas : Yassine Bounou envoie un message direct à Thiago Pitarch    Lions de l'Atlas : la grinta a cruellement fait défaut face à l'Équateur    Maroc-Sénégal : offensive juridique à la FIFA contre une célébration au Stade de France    Maroc–Équateur : Hakimi tempère après le nul et se projette déjà vers le Mondial    Face au Maroc, « champion d'Afrique et armé de stars », Beccacece savoure le nul    Lions de l'Atlas : quand les penalties deviennent un cauchemar    Grand Prix Hassan II : quatre décennies de tennis d'exception    Nasser Bourita représente Sa Majesté le Roi au 11e Sommet de l'OEACP à Malabo    USFP : Lachgar alerte sur une pression accrue sur le pouvoir d'achat des ménages    Morocco draws 1-1 with Ecuador in friendly as Mohamed Ouahbi debuts as coach    Polluants éternels : les experts européens préconisent une "large restriction"    Climat extrême : face au changement climatique, le Maroc accélère sa révolution météorologique    HPS : un RNPG de 106 MDH en 2025, en hausse de 40,5%    France : Gims mis en examen pour blanchiment aggravé    Journée mondiale du Théâtre : Willem Dafoe rappelle la puissance unique de la scène    Musée national de Rabat : "Let's Play – Réenchanter le monde", quand la photographie invite à rêver    Le Sénégal réussi à retirer le soutien de l'UA à la candidature de Macky Sall à l'ONU    The Kingdom of Morocco and the Republic of Costa Rica reaffirmed on Friday in Rabat their commitment to giving their bilateral relations new momentum based on structured political dialogue and strengthened cooperation.    Ifquirn : Du Maroc à la France, les chibanis se racontent à Gennevilliers    Madagascar forme son nouveau gouvernement    Sahara marocain : Le Costa Rica considère "l'autonomie sous souveraineté marocaine" comme "la solution la plus réalisable"    Le Maroc prolonge son partenariat avec l'UE pour la recherche et l'innovation en Méditerranée    Chutes de neige et averses orageuses accompagnées de grêle, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Akdital : un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de DH en 2025    « K1 », la nouvelle série policière sur 2M, dès le 31 mars 2026    Will Smith séduit par l'Angola et prêt à y tourner « Bad Boys »    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Jebbour, le sympathique
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 12 - 2003

Abdelkader Lotfi, plus connu sous le nom de Jebbour est un acteur d'une trempe particulière. Entre professionnalisme et modestie se situe le personnage réel d'un comédien avéré. Portrait.
En rencontrant Abdelkader Lotfi, on se dit que le comédien n'est finalement pas si éloigné de son personnage ( Jebbour au sitcom Lalla Fatima) devenu très populaire . Mieux, être acteur ne semble pas relever pour lui d'une posture mais bien d'une nécessité. Aucune trace de désinvolture dans ses envies, ses gestes ou ses paroles, mais la foi secrète, humble, presque invisible en un métier d'amuseur envisagé avec sérieux. Déjà à sa naissance, son nom de famille sera remplacé par erreur du bureau de l'état civil. Rares en effet sont ceux qui savent que le vrai nom de Jebbour est Abdelkader Amara et non Lotfi. Non seulement son nom fut changé, mais en plus on lui a ajouté six années à son âge. C'était à Essaouira, sa ville natale, il y a plus de cinquante six ans. « Il n'y a pas que cela, dans le même livre d'état civil, on a mis un faux nom à ma mère dans la page où figure ma naissance. Alors que sur la page de naissance de mon propre frère elle s'appelle Aïcha bent Abdelkrim, sur la mienne ils ont mis Aïcha bent Abdelkader. Et ça n'arrive qu' à moi », dit il avec la spontanéité que l'on lui connaît. Depuis, ils n'a jamais cherché à corriger cette erreur en préférant garder ce faux nom plutôt que de traîner dans les différentes administrations et autres tribunaux. Au tout début des années 1960, Lotfi intégra le conservatoire avec comme professeurs de grandes pointures du théâtre marocain. Son professeur en matière d'interprétation n'étatit autre que le célèbre Taieb Laâlej et en technique théâtrale comme aux techniques de maquillage, Taieb Seddiki. Après le conservatoire, il rejoignit le groupe « Al Oukhoua Lârabia » de l'acteur Abdeladim Chennaoui où il allait côtoyer plusieurs comédiens comme Touria Jebrane, Abdellatif Hilal, Salah-eddine Benmoussa et bien d'autres. Parallèlement à cette époque, Lotfi et ses amis ont formé leur propre groupe appelé «Les élèves du conservatoire municipal ». Quelque temps après, une autre troupe verra le jour sous l'appelation de «Masrah Tajriba» composée exclusivement des lauréats du conservatoire, comme Khadija Assad, Mohamed Miftah, Aziz Saâd Allah et plusieurs autres acteurs qui constituent la base de la comédie nationale de nos jours. Autre chose que peu de gens savent sur M.Lotfi, c'est qu'il était éducateur et responsable administratif du lycée privé Al Azhar à Casablanca. Bien avant de fonder sa propre famille, il était en charge de ses frères et de ce fait il avait fichtrement besoin de travailler dur. Malgré ces responsabilités, Abdelkader ne s'est jamais absenté de la scène. En plus du théâtre, il est toujours présent à l'écran à travers plusieurs feuilletons et téléfilms. Lorsque le cinéma national commence à émerger, il était là. Son premier film est « La compromission » avec le réalisateur Latif Lahlou. Et depuis, il a participé avec brio dans plus de vingt films marocains travaillant avec différents metteurs en scène comme Hassan Moufti, Mustapha El Khayat, Hakim Nouri, Jilali Farhati, Ahmed Boulane, Saâd Chraïbi, Jamal Belmejdoub, Nabil Ayouch pour ne citer que ceux-ci. Cependant, il est difficile de cerner le garçon au terme d'un entretien d'une heure et demie. A la question de savoir qui est vraiment Abdelkader Lotfi, on répondra : une aisance, de riches silences, un visage changeant, une acuité du regard, une inquiétude souvent désamorcée par des sourires, un mystère… Mais au-delà du contexte cinématographique dans lequel il évolue, il possède un réel talent de comédien qui est indiscutable. Les personnages qu'il incarne s'affirment. Et ce sont des impressions qui émanent de réalisateurs étrangers car Lotfi a joué des rôles importants dans des dizaines de films étrangers. A titre d'exemple, le film intitulé « L'Algérie des chimères » qui vient d'être rediffusé sur TV 5 où il a incarné le rôle de Bensoussan, chef de la communauté juive dans l'Algérie française du 19ème siècle. Le réalisateur François Luciani n'a pas caché son admiration du talent dont a fait preuve l'acteur marocain. Sa double vie entre l'enseignement et le cinéma n'a pas échappé à des contre-temps. Actuellement, son rôle d'éducateur reprenant le dessus, il considère que ce qu'il voit comme émissions consacrées aux enfants sont loin de répondre aux exigences des nouvelles générations. Il est sur un projet d'émission adressée aux enfants pour combler un peu ce vide. Une sorte de petite opérette qu'il compte proposer à la télévision nationale. Lotfi prépare également un ouvrage psycho-pédagogique pour les enfants de huit à quatorze ans. Quant à son public, il le retrouvera très bientôt sur la RTM dans un nouveau téléfilm intitulé «Jabaroute» sous la houlette de la réalisatrice Layla Triki . Une histoire qui relate l'époque de Siba qui sévissait dans notre passé. L'acteur continue ainsi de bosser dur sans pour autant se plaindre de la situation précaire de l'artiste en général. Il faut savoir aussi rester humble, s'effacer, tout en apportant le meilleur de soi-même, et c'est là tout le secret de Lotfi.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.