Bayer Crop Science accélère sa stratégie en Afrique du Nord depuis Marrakech entre innovation agricole et durabilité    Allianz Trade nomme Francis Jespers CEO au Maroc pour piloter une nouvelle phase de développement    Souss-Massa : Le commerce régional veut peser dans la Vision 2030    CMT : La cotation suspendue à partir du 27 mars    Congrès US : Une fidèle de Trump veut classer le Polisario entité terroriste    Etats-Unis : Appel à la fermeture des camps de Tindouf    Education : Le Maroc a créé 90 000 postes budgétaires entre 2021 et 2025    Femmes et sport, le pouvoir reste-t-il un terrain masculin ?    Le Maroc mise sur 4 MM$ pour son expansion hôtelière en vue du Mondial 2030    Dakhla : Cinq pêcheurs disparus après une collision avec un navire    Revue de presse ce vendredi 27 mars 2026    La Bourse de Casablanca débute en bonne mine    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    FAO : la guerre au Moyen-Orient, un choc pour la production alimentaire mondiale    Match amical Maroc - Equateur : Près de 1 000 agents mobilisés dans le sate de Madrid    Équateur: Un adversaire solide face au Maroc avec une identité du jeu confirmée    Six binationaux en 13 jours : Marca met en avant le coup d'accélérateur du recrutement marocain    Trump ally backs US push to label Polisario a terrorist group    US push to shut down Tindouf Camps    Morocco bets $4 billion on hotel expansion ahead of 2030 World Cup    Enseignement : un quart des enseignants envisage de quitter la profession, le malaise salarial en première ligne    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    Détroit d'Ormuz : Donald Trump affirme que l'Iran a autorisé le passage de dix pétroliers    L'ambassadrice de Chine au Maroc explore le potentiel agricole de Meknès et mise sur de nouveaux partenariats    The Kingdom of Morocco and the Czech Republic affirmed on Thursday in Rabat their strong shared commitment to elevating their bilateral ties to a strategic level, building on a momentum deemed « unprecedented » by both parties.    Bourita: Pour le Maroc, la Cisjordanie et sa stabilité sont des prérequis pour la réussite de tout processus concernant Gaza    Mondial 2026: la phase de vente de dernière minute débute le 1er avril    Kylian Mbappé choisit le médecin de l'équipe nationale du Maroc pour soigner sa blessure au genou    Sénégal dépose une plainte pour corruption après la décision de la CAF    Maroc – Équateur : tout savoir sur la première de Mohamed Ouahbi    Titres de séjour : En France, élus et ONG alertent sur les failles de la dématérialisation    La MINURSO sous examen après une visite de responsables onusiens à Laâyoune    Yaoundé : Le Maroc participe à la 14e conférence ministérielle de l'OMC    Sahara : La République Tchèque soutient le plan d'autonomie marocain    Législatives 2026: Le plafond des dépenses électorales passe à 600.000 DH    Tanger : un hôpital universitaire de psychiatrie en perspective    Israël : Ziv Agmon démissionne après des propos racistes sur des députés d'origine marocaine    Averses orageuses avec chutes de grêle jeudi et vendredi dans plusieurs provinces    Washington. SAR la Princesse Lalla Hasnaa représente le Maroc au sommet de la Coalition mondiale pour les enfants    Bourita : Les agendas politiques attisent le racisme envers les Marocains résidant en Espagne    Bijoux africains : 5 créatrices qui révolutionnent le luxe    TAS : le Sénégal prend un risque majeur en contestant la CAF    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Essaouira accueille « La Dolce Vita à Mogador 2026 », vitrine du cinéma italien au Maroc    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Samir El Omari, un génie bien de chez nous
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 09 - 03 - 2006

Samir El Omari a gagné, il y a quelques mois, une bataille judiciaire contre l'Agence spatiale canadienne qui s'était appropriée le brevet de son invention. Une invention qui révolutionne les secteurs aéronautique et automobile.
ALM : L'Agence spatiale canadienne a été condamnée à vous verser l'équivalent de 4,4 millions de dirhams. Qu'est-ce que vous comptez faire à présent ?
Samir El Omari : La question conflictuelle avec l'Agence spatiale canadienne a été réglée, mais il reste certains détails importants à revoir. Je suis en train de négocier avec les compagnies qui utilisent mon brevet depuis exactement le 25 janvier 1998. Aujourd'hui, il faut trouver une entente ou annuler la licence d'utilisation. Mais avant, je dois vérifier combien de bénéfices l'invention a-t-elle générés. Durant l'enquête, je ne pouvais pas avoir des données sur l'état financier de ces différentes compagnies privées. Mais maintenant qu'il y a un jugement qui me donne raison sur la question de la propriété intellectuelle, je vais pouvoir savoir et surtout en bénéficier.
Le matériau composite à matrice métallique est le nom de votre invention. En quoi est-elle révolutionnaire pour le domaine spatial ?
L'industrie spatiale dépense 40.000 dollars pour lancer un kg dans l'espace. Un satellite de 100 kg va donc coûter 40 millions de dollars. L'aéronautique et le spatial ont constamment besoin de matériaux très légers ayant des propriétés mécaniques très élevées. Avec les composites MMC, cette performance devient possible. Ce qui est gênant avec l'exploration spatiale, c'est qu'elle prend beaucoup d'instruments dans ce qu'on appelle l'engin spatial.
Je vous donne un exemple : dans la navette, il y a toujours deux gros réservoirs d'hydrogène pour la propulsion dans l'espace. Ces réservoirs pèsent la moitié de l'engin. Si on arrive à réduire leur poids, on pourra mettre beaucoup d'équipements qui vont servir à aller plus loin dans l'espace et en quelques heures seulement. Tout se passe vraiment au niveau du carburant.
Plus on en gagne, plus on pourra aller plus loin. Il faut que l'engin soit léger pour échapper à la gravité et en même temps autonome pour pouvoir être en orbite plus longtemps afin d'envoyer un maximum de photos et de données. Le matériau léger est vraiment la base de l'exploration spatiale. Pareil pour un satellite de communication.
Il coûte en moyenne 250 millions de dollars et au bout de cinq ans son orbite commence à baisser pour n'être qu'un débris de l'espace. Avec les composites MCC, il va rester 10 ans en orbite, on va économiser 250 millions de dollars et l'on va obtenir plus d'informations.
Ce sont là les deux points sur lesquels mon équipe et moi avons travaillé avec la Nasa et l'Agence spatiale canadienne.
Votre invention intéresse également l'industrie automobile. Comment peut-elle l'utiliser ?
Tout ce qui s'applique dans l'espace peut s'appliquer sur terre. Quand j'ai quitté l'Agence, j'ai travaillé avec certains partenaires, notamment le constructeur automobile Ford. Il a utilisé mon invention pour le système de freinage. Les disques des freins sont en acier. Le problème avec ce matériau, c'est qu'il n'est pas performant parce qu'au bout de deux ans, il faut changer les plaquettes et parfois tout le système de freinage. En plus, il n'est pas sécuritaire. Si vous roulez par exemple à 80 km à l'heure et que vous voulez freiner, le disque atteint les 600°. La température est tellement élevée que vous ne maîtrisez plus vos freins. Autre problème, celui du poids du disque en acier. Un disque pèse 13 kg, multipliés par quatre cela fait 52 kg alors qu'avec mon invention, il ne pèsera plus que 2 kg. Vous gagnez presque 45 kg, 60 kg pour les camions et les avions. C'est vraiment énorme.
D'autres applications ont été ciblées telles que le bloc moteur, le piston, les arbres de transmissions. Des réductions de poids de 30 à 50 % ont été atteintes.
Ce qui est bien aussi avec ce matériau léger, c'est qu'il protège l'environnement. En fait, on l'appelle un matériau vert parce qu'il réduit l'énergie et la consommation d'essence. C'est pourquoi beaucoup de pays développés se sont mis ces derniers temps au matériau léger, pas l'invention comme telle, parce qu'ils n'ont pas le droit de l'utiliser, mais ils travaillent sur d'autres classes du matériau.
En quoi réside la spécificité de votre invention ?
Le matériau composite est constitué de trois phases, un métal, les fibres céramiques et une troisième composante appelée intermétallique.
Cette phase, produite lors de la fabrication à haute température du composite, se distingue par sa structure de réseau tridimensionnel qui a pour effet de souder la matrice métallique aux fibres céramiques et ainsi conférer au produit final des propriétés extraordinaires. J'explique : vous rentrez trois éléments A,B,C et vous sortez avec d'autres composites. Normalement, avec un matériau classique, vous devez sortir avec ces mêmes éléments A,B,C.
Ce qui fait aussi la beauté de ce matériau, c'est qu'il permet d'éviter d'avoir ce qu'on appelle la violation des propriétés puisqu'on ne peut pas savoir ce qu'il y a dedans.
L'Agence spatiale canadienne a gaspillé 400.000 dollars et a été incapable de fabriquer les composites MMC.
Quels sont vos projets actuellement ?
J'ai consacré beaucoup de temps et d'énergie à ma bataille judiciaire contre l'Agence.
À présent que cette affaire est réglée, je vais retrouver mon laboratoire et continuer mes recherches. Je vais surtout essayer de développer tout ce qui est connexe à mon invention, c'est ce qu'on appelle en termes de propriété intellectuelle, les inventions dérivées ou améliorées. Quand on fabrique un réservoir à partir d'une invention, c'est une invention en soi aussi. Sinon, je suis habitué à vivre au jour le jour. J'ai des difficultés à faire des projets à long terme.
Le parcours d'un grand scientifique
Samir El Omari est diplômé de l'Ecole nationale de l'industrie minérale (ENIM) de Rabat. Attiré par l'industrie spatiale et aéronautique, il décide de s'envoler pour Montréal, au Canada. En 1989, il intègre l'Ecole polytechnique. Master et Doctorat en poche, ce natif de Khouribga n'a qu'un seul objectif : faire partie de la communauté des chercheurs du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis. Grâce à son ambition et aussi à ses résultats, il réussit à se faire accepter en 1994.
Au MIT, il côtoie des chercheurs de renommée internationale et même les prix Nobel de la science.Deux ans plus tard, l'Agence spatiale canadienne fait appel à lui et l'intègre en tant que chercheur.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.