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Scandale des pétards dans les rues
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 28 - 01 - 2002

L'explosif le plus prisé s'appelle « Grenada » et coûte un dirham la pièce, mais le bruit de sa déflagration ressemble à celui d'une vraie grenade.
C'est la période des vacances scolaires. Les enfants, notamment dans les quartiers populaires et populeux de la capitale économique, en l'absence des espaces pour les loisirs et les jeux, se retrouvent dans les ruelles étroites de leur quartier. Ils « inventent » des jouets et organisent de petites parties dans ce sens.
Cette semaine, un autre phénomène prend le pas sur le reste. Il s'agit de la question des pétards.
Normalement ces derniers, selon les traditions de la société marocaine, ne sont disponibles sur le marché que pendant la fête de «Achoura».
Toutefois, et avant même cette occasion traditionnelle, il reste encore près de deux mois, les choses ont pris une autre tournure. Le côté commercial l'a emporté. Rues et ruelles, notamment dans ces quartiers populaires, sont transformées en un véritable champ de pétarades tout au long de la journée, dérangeant les habitants et autres activités dans le secteur. Les vendeurs de ces pétards ont-ils une autorisation pour la commercialisation de ce genre de produits?
L'explosif le plus prisé s'appelle «Grenada» et coûte un dirham la pièce, mais le bruit de sa déflagration ressemble à celui d'une grenade réelle. Les passants aux âmes sensibles qui sursautent à chaque explosion, les vieillards qui perdent le sommeil, les femmes enceintes qui tressautent bref, c'est la quiétude des citoyens qui en fait les frais. Un autre point qui accentue encore plus ce phénomène, c'est la disponibilité de la matière à des prix très abordables par rapport au pouvoir d'achat. Derb Omar constitue le principal fournisseur en gros.
La grande caisse des petits pétards contenant 100 paquets de vingt pétards chacun coûte entre 75 et 90 dirhams. Cela fait 2000 pétarades. Les enfants entre six et quinze ans s'en donnent à cœur joie. Les plus âgés se donnent la peine d'aller eux-mêmes acheter la marchandise en gros pour la revendre ensuite en détail à leurs copains de quartier, joignant ainsi le plaisir du jeu à celui du commerce.
A signaler aussi que la célébre porte 4 du port est un farouche concurrent de Derb Omar avec une différence d'au moins 50% sur les prix car les ventes se font en cachette et à la hâte par crainte d'une patrouille de police.
Ainsi, à Hay Mohammadi, Sidi Bernoussi, Sidi Othmane, l'ancienne Médina, les petits explosent leurs pétards, les malfrats fument leurs pétards au coin de la rue et les autres sont en pétard à cause de cet état de choses. Le risque que ce jeu peut conduire à des accidents est toujours présent. Car, le fait de rassembler plusieurs pétards, augmente la charge de l'explosif.
Et le fait d'exploser le tout d'un seul coup pourrait tourner la joie à l'inquiétude de l'enfant et de ses parents. L'année dernière à Hay Mohammadi, lors de la même occasion, un petit enfant a failli perdre sa main à cause de ce jeu.


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