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Industrie culturelle : Le faux débat
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 02 - 2004

Depuis quelques semaines, l'accord de libre-échange (ALE) avec les Etats-Unis provoque un tollé de critiques. Un débat passionné qui occulte souvent les vrais problèmes qui bloquent le développement de l'industrie culturelle marocaine.
La polémique que suscite l'Accord de libre-échange (ALE) avec les Etats-Unis a eu le mérite de soulever un débat passionné sur les insuffisances de l'industrie de la culture au Maroc. Mais, ce débat reste, à ce jour, axé exclusivement sur les méfaits de l'accord et sur la catastrophe annoncée du libre-échangisme à l'américaine. Au point que le discours d'une partie des acteurs de la chose culturelle nationale prend subitement une posture identitaire inédite. Un discours qui, jusque-là, s'est contenté de soulever de vrais-faux problèmes.
Pour le cinéma par exemple, les détracteurs de l'accord stigmatisent la menace qui pèse sur le circuit de distribution, faute de lois anti-monopole. Mais, il se trouve que, monopole ou pas, les Marocains désertent, ces dernières années, les salles obscures. Les chiffres des entrées en témoignent. À l'opposé, le marché des films version VCD piraté à 10 dh est plus que prospère. Où réside le vrai problème donc ?
Même constat du côté de la production musicale, mais à l'inverse. Que dénoncent les détracteurs du libre-échange sur ce volet ? Que les Américains n'hésiteront pas à imposer le strict respect de la législation en vigueur, s'ils viennent à investir le marché. Certains observateurs éclairés ont même eu la clairvoyance d'affirmer que le respect de la propriété intellectuelle provoquerait une réelle crise sociale, vu le nombre de personnes qui vivent de la contrefaçon. Mise à part la légèreté de cet argumentaire, qui tend à justifier une autre «exception» marocaine, le piratage, de l'avis de tous les spécialistes, représente la vraie tare de l'industrie culturelle au Maroc.
Il constitue la cause indirecte de la défection des salles et de la prolifération du mauvais goût musical. En outre, cette lecture occulte curieusement une autre réalité, culturelle elle aussi : une partie de la création musicale reste encore marginalisée par les circuits de production officiels. La montée en puissance d'une scène musicale Rock, Rap (d'inspiration occidentale, cherchez l'erreur !) et qui cherche à s'affirmer face à la réalité du circuit : des producteurs qui véhiculent l'uniforme et le bas de gamme. La même incohérence caractérise le discours anti-libre-échangiste par rapport à la question sensible de la production audiovisuelle. Sans sourciller, on parle de l'anéantissement de la production audiovisuelle.
Les détracteurs n'en finissent pas de brandir le spectre du monopole, et le concept de préférence de la production audiovisuelle nationale dans la composition des programmes des chaînes, gage de protection de «notre identité». Des arguments loin d'être convaincants. À commencer par le monopole. Pour les anti-accord, l'arrivée des géants US va écraser toute concurrence locale. Ce qui, techniquement, est faux. Pour deux raisons. D'une part, si l'arrivée de grandes structures transformera la structure du marché, elle n'implique pas systématiquement la fin des petites et moyennes structures. C'est toute la logique économique qui change, poussant les uns et les autres à se repositionner sur le marché. D'autre part, dans un domaine aussi spécifique que la culture, l'opportunité pour des acteurs marocains de se rallier à de grosses structures étrangères est réelle, puisque ces dernières partiront, de toute évidence, en quête de partenaires connaisseurs des attentes locales.
Le non-dit du débat actuel est justement la réticence d'un bon nombre d'acteurs actuels, qui occupent le devant de la scène médiatique, à céder leurs parts d'un marché fort juteux. L'arrivée de nouveaux acteurs poussera vers une professionnalisation à marche forcée du milieu. Ce qui, à ce jour, ne semble pas être du goût de tout le monde.


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