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L'ex-président mauritanien Ould Abdelaziz, vulgaire voleur d'électricité
Publié dans Barlamane le 25 - 03 - 2020

Qui l'eut cru ? Celui qui a destitué deux présidents, et qui a mené des campagnes d'assainissement acharnées durant ses onze ans à la tête de la Mauritanie, risque maille à partir avec la justice à cause d'une vulgaire fraude à l'électricité et tentative de corruption pour étouffer l'affaire.
En plus d'être général et ex-président de l'Etat, Mohamed Ould Abdelaziz se targuait d'avoir été président de l'Union africaine et de la Ligue arabe. Que des titres prestigieux … traînés dans les abysses d'un scandale bien trivial. C'est Le Quotidien de Nouakchott qui révèle que le domicile de celui que les Mauritaniens surnommaient « Aouiziz » est alimenté frauduleusement en électricité, d'après le constat des agents de la régie Somelec. Une fois la preuve faite du détournement du branchement électrique, d'autant que Ould Abdelaziz ne paie pas ses factures depuis plus d'un an, le président des pauvres, a tenté d'offrir un pot-de-vin juteux pour passer l'affaire sous silence. 11 millions d'anciennes ouguiya, soit près de 84.000 euros. L'une des questions qui se pose est la suivante : s'il avait souscrit à un branchement légal et payé ses factures, la somme aurait-elle atteint cette … « contrepartie » du silence de la régie ?
Il semblerait que goûter à l‘interdit soit addictif. Le même quotidien révèle qu'en plus de sa maison, sa ferme et son usine de décorticage situées à l'Est de Rosso (commune au Sud du pays) étaient non seulement branchées illégalement sur le réseau de haute tension sans compteur, mais que la clôture qui les protège provenait de matériels de la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Le site d'information souligne par ailleurs, que les populations voisines de «Aouiziz» étaient, elles, privées d'électricité, contrairement à lui. C'était lui-même, quand il était en fonction, qui s'était surnommé le Président des pauvres car il avait pris quelques mesures retentissantes contre la « corruption » ; comme le limogeage d'un ministre des Finances pour sa décision de faire supporter à l'Etat la facture d'électricité du domicile d'un ancien chef d'Etat.
Plus encore, il avait fait voter des lois contre les fraudeurs à l'électricité, un mal dont souffre la Mauritanie. Et ce, peu avant son départ du pouvoir. L'adage «tel est pris qui croyait prendre», s'appliquera-t-il à lui ?
La commission parlementaire pour dresser l'inventaire des années de pouvoir de « Aouiziz » votée le 31 janvier dernier, n'en a pas fini d'enquêter. En plus des milliards dilapidés dans la gestion des revenus pétroliers et miniers, dans les attributions de marchés publics, les ventes du foncier public, l'attribution de concessions portuaires et aéroportuaires, les signatures de contrats dans les domaines de l'énergie et de la pêche, les conditions de liquidation d'entreprises publiques, il lui faudra compter tous les branchements électriques illégaux de Abdelaziz, bien qu'il ne s'agissent à vue d'œil que de quelques millions.
Chapeau à nos hautes autorités pour avoir su éviter de se familiariser avec ce vulgaire voleur de poules.


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