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En Algérie, la Covid accélère la déliquescence du système de soins et de santé publique
Publié dans Barlamane le 09 - 08 - 2021

Le gouvernement algérien, soupçonné d'avoir mal anticipé le rebond épidémique, ne parvient pas à contrôler la diffusion de troisième vague dopée par le variant Delta, à l'origine de 71 % des cas selon l'Institut Pasteur d'Algérie. À Tlemcen, la communauté a donc décidé d'agir. Une première collecte a été lancée afin de financer 100 concentrateurs d'oxygène, tandis que le gouvernement est absent.
En Algérie, les médecins manquent de l'élément le plus essentiel pour sauver les malades les plus graves de la Covid-19 : l'oxygène lui-même, alertent les experts. La crise sanitaire qui s'est exacerbée a mis sous tension même le système hospitalier local qui peine notamment à s'approvisionner en respirateurs artificiels. Des familles de malades désemparées et à court d'options sont contraintes de payer des sommes exorbitantes sur le marché noir pour obtenir des médicaments et de l'oxygène, et les réseaux sociaux sont inondés d'appels à l'aide désespérés.
Le personnel soignant algérien est totalement surmené et mène un combat souvent perdu d'avance pour sauver des vies, les médecins étant poussés à ventiler manuellement des malades, tandis que d'autres meurent asphyxiés.
Plusieurs hôpitaux et cliniques de la capitale Alger et environs ont lancé un appel désespéré au gouvernement et aux pouvoirs locaux pour qu'ils fournissent d'urgence des réserves d'oxygène afin de sauver des centaines de patients placés sous ventilateur. «Le problème du déficit en oxygène a montré un autre aspect de la déliquescence du système de santé algérien. Il n'a pas été anticipatif. Il n'a pas su prendre des dispositions à l'avance» a déclaré, lundi 9 août, Mostéfa Khiati, médecin-chercheur et président et fondateur de la Fondation national pour la promotion de la santé et du développement de la recherche en Algérie.
Selon des médias algériens, des dizaines de personnes en raison d'une rupture d'approvisionnement en oxygène, après que la société fournissant les bonbonnes eut mis fin à ses services, apparemment en raison du non-paiement de factures se montant à plusieurs milliers de dinars. Les hôpitaux publics sont souvent débordés et au bord du point de rupture : les patients sont confrontés à de longues listes d'attente, même pour des interventions simples liées à la Covid, et sont contraints à partager des lits.
Le pays le plus peuplé du Maghreb (43,8 millions d'habitants) doit faire face à une forte hausse des cas quotidiens de contamination. Depuis le début de l'épidémie, en février 2020, 181 376 contaminations, dont 4 550 décès, ont été officiellement recensées. Le record quotidien d'infections a été battu récemment, avec 1 927 cas, selon le ministère de la santé.
Le nombre des infections des dernières vingt-quatre heures a toutefois chuté dimanche, sans explication, avec 1 020 cas, Les chiffres officiels − celui des décès en particulier − ne refléteraient pas la réalité, d'après des témoignages et les aveux de certains professionnels de la santé rapportés par les médias.
Face à cette troisième vague de la pandémie en Algérie, les autorités ne parviennent pas à vacciner massivement près de six mois après les premières injections, près de 4 millions d'Algériens seulement ont été vaccinés, avait précisé le Premier ministre algérien, Aïmène Benabderahmane.
L'Algérie a reçu à ce jour quelque 9 millions de doses de vaccins − russe (Spoutnik), suédo-britannique (AstraZeneca) et chinois (Sinovac et Sinopharm) − et en recevra probablement 9,2 millions supplémentaires en août, selon les autorités.
Mais dans l'immédiat, la pénurie d'oxygène a provoqué une grave crise dans le pays. Des particuliers et certains hôpitaux en manquent, en raison notamment de problèmes de gestion, de logistique, des stocks et de distribution, en plus de la corruption endémique. Des bénévoles ont commencé à fournir gratuitement des bouteilles d'oxygène à Blida et à Tlemcen, préfectures parmi les plus touchées par la pandémie.
Selon le Premier ministre, face à la demande croissante, l'Algérie va importer plus de 165 000 litres d'oxygène ainsi que dix unités de production d'une capacité de 20 000 à 40 000 litres par jour. Alors qu'elle devait faire venir au moins 15 000 concentrateurs d'oxygène cette semaine, les attentes son craintives.


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