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«Rente mémorielle», «histoire réécrite» : l'Algérie accuse Paris «d'ingérence»
Publié dans Barlamane le 02 - 10 - 2021

La tension monte. L'Algérie a annoncé, ce samedi, rappeler son ambassadeur à Paris pour «consultations». Une manière, dans le langage de diplomatique, de montrer sa «colère». «L'Algérie rappelle son ambassadeur à Paris pour consultations», a indiqué la télévision publique en citant un communiqué officiel de la présidence algérienne.
Plus tard dans la soirée, la présidence algérienne a justifié le rappel de son son ambassadeur à Paris par son «rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures», précisant avoir pris sa décision à la suite de «déclarations attribuées» au président français Emmanuel Macron. «À la suite des propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribués nommément au Président de la République française, l'Algérie exprime son rejet catégorique de l'ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos», a indiqué la présidence algérienne.
L'Algérie reproche des propos tenus par Emmanuel Macron et relayés par Le Monde. Le président français, qui s'exprimait lors d'une rencontre avec des descendants de protagonistes de la guerre d'Algérie, a estimé qu'après son indépendance en 1962, l'Algérie s'est construite sur «une rente mémorielle», entretenue par «le système politico-militaire». Emmanuel Macron y a aussi évoqué «une histoire officielle», selon lui, «totalement réécrite» qui «ne s'appuie pas sur des vérités» mais sur «un discours qui repose sur une haine de la France».
Dans un contexte de crise des visas
Ces propos, relayés par la presse en Algérie, trouvent un écho particulier dans le contexte de tension déjà existant entre Paris et Alger. La France a annoncé mardi réduire drastiquement l'octroi des visas : par deux pour l'Algérie, de 30 % pour la Tunisie. «Une mesure drastique, inédite, mais nécessaire», avait assumé Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. L'exécutif pointe du doigt la responsabilité des trois pays, qui «n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France», avait-il justifié sur Europe 1.
L'ambassadeur de France convoqué mercredi
Plus tôt dans la semaine, mercredi, l'Algérie avait convoqué l'ambassadeur de France. François Gouyette s'était ainsi vu notifier «une protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France».
«Cette décision qui est intervenue sans consultation préalable avec la partie algérienne comporte l'anomalie rédhibitoire d'avoir fait l'objet d'un tapage médiatique générateur de confusion et d'ambiguïté quant à ses motivations et à son champ d'application», avait estimé mercredi le ministère algérien des Affaires étrangères. Il avait en outre déploré un «acte malencontreux qui frappe de précarité et d'incertitude un domaine sensible de coopération» entre les deux pays.
C'est la seconde fois qu'Alger convoque son ambassadeur à Paris depuis mai 2020 lorsque l'ambassadeur de l'époque, Salah Lebdioui, avait fait l'objet d'un rappel «immédiat» après la diffusion d'un documentaire sur le mouvement de contestation prodémocratie Hirak, diffusé sur France 5 et la chaîne parlementaire.


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