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Pénurie de l'huile d'olive : l'Espagne à la rescousse du Maroc, Aziz Akhannouch muet, les spéculateurs s'amusent
Publié dans Barlamane le 21 - 11 - 2024

En raison d'une baisse drastique de la production locale, le Maroc se tourne vers l'Espagne pour pallier la pénurie de l'huile d'olive que connaît le pays. Une combinaison de sécheresse prolongée, de comportements spéculatifs et de difficultés économiques a conduit à une réduction significative des rendements dans des zones clés telles qu'Al-Hoceïma, réputée pour ses oliveraies.
Le secteur oléicole marocain «traverse une crise majeure marquée par une demande intérieure bien supérieure à l'offre», selon les acteurs du secteur. D'après les estimations locales, la hausse folle des prix des olives, matière première de l'huile, rend cette denrée de plus en plus inaccessible pour de nombreuses familles marocaines. Face à cette situation, Rabat a entamé des importations d'huile d'olive en provenance d'Espagne, principal fournisseur mondial.
Les coopératives agricoles marocaines, après avoir obtenu les licences nécessaires auprès des autorités, «ont commencé à acheminer de l'huile espagnole pour stabiliser les prix et apaiser les tensions sur le marché intérieur» selon des sources proches du dossier, rappelant que malgré «l'ampleur des enjeux agricoles et des signes évidents de crise, le gouvernement n'a pas mis en place de mesures structurelles déterminantes pour soutenir l'oléiculture locale et atténuer les effets de la sécheresse.»
En dépit de ces mesures temporaires, les autorités marocaines se trouvent face à un défi de taille : garantir une production durable à long terme. Alors que la production nationale a chuté de 11 % par rapport à la campagne précédente, les spéculateurs profitent de cette situation de crise pour manipuler les prix et aggraver la tension sur les consommateurs.
Boulevard libre pour les spéculateurs
Selon les données du ministère de l'agriculture, la production nationale d'huile d'olive passera seulement à 950 000 tonnes. Cette chute drastique s'explique, en plus des facteurs climatiques, par l'accumulation stratégique des stocks par des intermédiaires et spéculateurs. Actuellement, le prix du litre d'huile d'olive sur le marché marocain oscille entre 120 et 150 dirhams, soit une augmentation de près de 120 % par rapport à l'année précédente.
«Les spéculateurs agissent en plusieurs étapes, ils achètent massivement auprès des petits producteurs, souvent à des prix dérisoires, pour contrôler la disponibilité du produit sur le marché. En sus, en retardant volontairement la mise en circulation des stocks, ils amplifient la perception de rareté, provoquant ainsi une hausse artificielle des prix afin de s'assurer une revente à des marges exorbitantes», rapporte un acteur du secteur qui déplore une «marginalisation des petits producteurs incapables de concurrencer les intermédiaires et qui sont contraints de vendre leur production à des prix inférieurs au coût de production.»
Pour faire face à ces dérives, la même source réclame de renforcer les mécanismes de régulation à travers «la mise en place d'un observatoire des prix, l'encadrement des marges bénéficiaires et la mise en place d'amendes dissuasives aux acteurs spéculatifs, en plus d'appuyer les producteurs locaux.» Il s'agit «d'une crise multifactorielle où les spéculateurs jouent un rôle central, cela nécessite une intervention urgente et coordonnée des pouvoirs publics est nécessaire pour restaurer l'équilibre du marché», a-t-on indiqué.


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