Face à une conjoncture économique marquée par une inflation galopante et un chômage endémique, la Confédération démocratique du travail (CDT) exhorte le gouvernement marocain «à prendre des mesures d'urgence pour juguler les effets délétères de la crise sociale qui s'enracine dans le quotidien de la population.» Dans un communiqué ferme, la centrale syndicale fustige «l'inaction des pouvoirs publics» et préconise «un encadrement rigoureux des mécanismes de formation des prix, par le biais soit d'un plafonnement des tarifs, soit d'une régulation stricte des marges bénéficiaires des opérateurs économiques.» L'organisation syndicale s'insurge notamment contre «la concentration des dispositifs d'appui économique entre les mains d'un cercle restreint d'importateurs et de grands commerçants», dont elle estime qu'ils bénéficient «d'une protection économique excessive sans que ces privilèges ne se traduisent par une atténuation des charges supportées par le consommateur final.» Selon la CDT, «l'absence de garde-fous réglementaires dans l'octroi des subventions et des exonérations fiscales a conduit à une distorsion manifeste du marché, au détriment des catégories les plus vulnérables.» Déficit de représentativité Dans le même sillage, la centrale syndicale réitère «son rejet catégorique» de la loi encadrant l'exercice du droit de grève, dénonçant «une adoption législative entachée d'un déficit de représentativité.» Elle pointe notamment l'absence de plus de 70 % des parlementaires lors du vote, qu'elle assimile à une manœuvre destinée à contourner le dialogue social et à imposer une législation qu'elle qualifie de «répressive» et de «liberticide.» «Ce texte constitue une remise en cause des principes fondamentaux du droit du travail et consacre une asymétrie flagrante entre les intérêts du capital et les droits des travailleurs», s'indigne la CDT, qui affirme que son adoption en l'état actuel des choses équivaut à un recul sans précédent en matière de libertés syndicales. Elle dénonce une volonté manifeste de brider toute contestation sociale en érigeant des obstacles procéduraux complexes rendant l'exercice du droit de grève quasiment impraticable. Dans une optique de mobilisation accrue, la Confédération démocratique du travail appelle ses structures locales et sectorielles à intensifier leur vigilance et à se tenir prêtes à engager de nouvelles formes de lutte afin de défendre les acquis sociaux menacés. Elle se félicite à cet égard du «succès éclatant» de la grève générale du 5 février, qui aurait connu, selon elle, une adhésion massive des travailleurs issus de secteurs névralgiques de l'économie nationale. La centrale syndicale met également en garde contre l'accroissement des inégalités économiques et sociales, qu'elle attribue à une défaillance structurelle des politiques publiques en matière de redistribution des richesses et de justice fiscale. Elle pointe du doigt l'inefficience des mécanismes de contrôle de la spéculation et de la formation des prix des produits de première nécessité, dénonçant une dérégulation qui profite aux intermédiaires et aux cartels économiques, au détriment du pouvoir d'achat des ménages. Enfin, la CDT insiste sur l'impératif d'une refonte profonde du modèle économique marocain, qu'elle juge incapable d'absorber les déséquilibres sociaux croissants. Elle exhorte le gouvernement «à amorcer une politique de régulation plus contraignante, tout en mettant en place des mécanismes de protection sociale étendus et adaptés aux mutations du marché du travail.»