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Scénarios de rentrée 2020-21 : le Ministère de l'Education face à un casse-tête chinois
Publié dans Challenge le 04 - 08 - 2020

Afin de parer aux éventualités, le Ministère de l'Education a établi trois scénarios dont la mise en œuvre de l'une ou l'autre est intimement liée à l'évolution de la pandémie. Si le scénario d'une rentrée classique semble s'éloigner, et celui d'un reconfinement total, impliquant des cours uniquement à distance, peu plausible, celui d'une version à mi-chemin entre cours en ligne et présentiel, semble plus probable. Mais à quelles conditions ? Et le temps presse ...
Le fait que le Ministère de l'Education a reconnu lui-même les difficultés liées aux cours à distance ou en ligne devrait éliminer ipso facto le troisième scénario, celui des cours à distance dès la rentrée. À moins d'une grande catastrophe, matérialisée par une explosion incontrôlée des cas de contamination, le pire scénario restera lettre morte. Et vu l'augmentation des cas depuis quelques semaines, en cohérence avec l'augmentation des dépistages, et si surtout cette tendance se maintient, une rentrée classique serait également caduque. Reste alors le scénario d'une combinaison entre les cours en présentiel et les cours à distance. Le deuxième de la palette proposée par le Ministère. « Le moins dur parmi tous les scénarios », selon Mohamed El Khomsi, professeur à la FSJES de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès.
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Mais, même ce scénario pose des contraintes auxquelles il faudra rapidement trouver des solutions, si on veut que la rentrée prochaine se déroule dans de "bonnes" conditions (au regard de la crise sanitaire). Comment respecter la distanciation sociale, avec des classes surchargées, où la moyenne d'élèves frôle souvent 40 personnes ? L'alternance est-elle une solution viable réalisable ? Comment gérer les volumes horaires ? A-t-on suffisamment d'enseignants pour assurer les cours ? A-t-on la capacité pour recruter des enseignants dans toutes les disciplines ? Où trouver des établissements supplémentaires pour accueillir les élèves après une éventuelle répartition des effectifs ? Puis, quelque soit la configuration, comment rattraper les derniers cours de l'année écoulée, « sachant que le baccalauréat a porté sur 75% du programme ? », souligne l'universitaire. Sans oublier tous ces bacheliers qui entrent en 1ère année, changent de cadre, et donc de méthode d'apprentissage (passage du tout présentiel ou cours magistraux aux cours en ligne ou semi-présentiel) ? Autant de questions et d'inquiétudes auxquelles le ministère de tutelle doit imaginer et trouver des solutions, le plus vite possible.
Laisser les mains libres aux régions
Pour l'universitaire Mohamed Khomsi, des solutions peuvent être imaginées, à condition de s'y mettre vite. D'abord, estime-t-il, « on ne peut pas avoir une solution nationale applicable à toutes les régions. Ces questions devraient être discutées par région, et la résolution doit se faire au cas par cas. Le Ministère ne devrait donc pas chercher à imposer une solution depuis Rabat. À l'inverse, il devrait mettre en place un cadre de travail et laisser la liberté aux académies régionales de trouver les solutions adaptées et adéquates à leurs propres spécificités et contraintes ». Et de ces expériences régionales, comparées les unes aux autres, devrait émerger, selon Khomsi, un corpus de bonnes pratiques. Lesquelles le Ministère pourrait regrouper dans un guide pratique à diffuser auprès de toutes les régions et qui contribuera à la réussite de la rentrée.
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Pour les cours, le professeur d'université voit la formation de plusieurs petits groupes, « pour minimiser les contacts. Avec les cours théoriques en ligne, puis les travaux dirigés, les travaux pratiques et autres en présentiel. Car il est difficile, dans certaines filières techniques comme l'IAV par exemple, de faire tous les cours en ligne ». L'alternance des groupes entre matin et soir, d'un jour à l'autre, devrait permettre de mettre chacun sur un pied d'égalité.
Multiplier la charge horaire
Avec un système d'alternance, la charge horaire des enseignants devrait naturellement augmenter. « Les heures supplémentaires, au-delà du quota normal, devraient être comptées comme des vacations, et payées dans les termes et conditions déjà établis par le Ministère », suggère Khomsi. Ceci implique donc une revue complète de l'emploi du temps, ainsi que la réduction du volume des vacances, étant donné que la moitié du temps (chaque demi-journée), les élèves et étudiants seront déjà libres. Ce qui reviendrait à jouer sur des semaines à 3 jours par groupe, quitte à grignoter dans le week-end. Aussi, « l'augmentation de la charge horaire des enseignants sera plus facile à gérer par les pouvoirs publics qu'un recrutement de nouveaux enseignants », avance Mohamed Khomsi.
Rouvrir les établissements fermés
« Il y a un certain nombre, important, d'établissements qui sont fermés dont le Ministère connaît le compte. Celui-ci doit penser à les rouvrir, les restaurer en commençant par les moins dégradés, pour les mettre à disposition des élèves. Avec un programme de réfection étalé sur 2 à 3 mois, cet objectif est atteignable, d'ici la rentrée scolaire. On doit penser à optimiser les moyens », explique Mohamed Khomsi. La réouverture de ces établissements devrait permettre de réussir l'éclatement des effectifs sur plusieurs sites afin de respecter la distanciation sociale au sein des salles de classes.
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Rappel des retraités
Et ce, pour encadrer les jeunes enseignants, leur transmettre leur expérience. « Le Ministère peut lancer un appel national aux enseignants retraités et en bonne santé sur la base du volontariat pour une vacation durant cette période exceptionnelle. En tant que contractuel pour une durée d'1 an, leur rôle constituerait principalement à encadrer les jeunes enseignants, et non pour enseigner », détaille Mohamed Khomsi. Ils pourraient faire profiter aux jeunes enseignants de leur expérience et servir d'intermédiaire entre les apprenants et les nouveaux enseignants. « Ce rôle d'encadrement pourrait d'ailleurs être étendu au-delà de la période de la crise sanitaire et être institué durant les périodes normales. Ce serait l'occasion de réaliser un transfert de compétences entre les anciens et les nouveaux enseignants », avance Khomsi.
Mais pour que toutes ces solutions soient viables, Mohamed Khomsi estime qu'il est important que « les décideurs contactent les personnes qui peuvent réfléchir aux approches de solution pour établir et proposer des scénarios détaillés. Il ne s'agira pas de grandes lignes seulement, mais de solutions à détailler ». Et bien évidemment, la motivation des ressources reste une donnée capitale à ne pas négliger dans cette recherche de solutions.
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