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Effets de la crise : Le financement remis en question
Publié dans Challenge le 17 - 05 - 2008

La crise des subprimes a poussé tous les gouvernants à revoir leur système. De plus en plus, les banques vont être vigilantes, et encore plus vis-à-vis des PME qui devront faire des efforts pour donner des informations financières plus crédibles.
Il est étonnant de voir que le Maroc n'a pas été vraiment touché par ce qui se passe à l'international. Les marchés développés se sont effondrés, les bourses ont frôlé les crashs… La crise des subprimes (crise immobilière aux Etats-Unis) a fait des ravages chez les «grands» pays. Les plus petits, eux, s'en sont mieux sortis parce que moins ancrés dans ces évènements. Cela veut simplement dire qu'ils ne sont pas aussi introduits sur les marchés internationaux. Faut-il s'en réjouir ou au contraire s'en désoler ? D'un côté, tant mieux pour un pays comme le Maroc, car «le pire a été évité» comme le résume Salah Eddine Mezouar, le ministre de l'Economie et des Finances, «mais s'il tel a été le cas, c'est parce que le diagnostic a pu être rapidement fait. Nous devons poursuivre la recherche du financement innovant, tout en renforçant notre vigilance», ajoute-t-il. Pour financer pas mal de projets, Salah Eddine Mezouar pense sûrement à cette nouvelle formule pour trouver de l'argent, celle qui pousse à grever davantage le déficit budgétaire.
La machine doit tourner !
Cette politique, Mezouar l'a défendue âprement sans complexe. Il est l'un des rares argentiers du Royaume qui affiche haut et fort pareille intention. Il est prêt à en assumer toutes les conséquences. Car pour lui, il est plus intéressant de léguer aux générations futures une situation (certes) d'endettement mais caractérisée par des richesses, plutôt qu'une situation d'équilibre mais caractérisée par la pauvreté. C'est dit. «Le déséquilibre est porteur de vie, d'innovation et de mouvement», reconnaît le ministre de l'Economie et des Finances, qui s'exprimait vendredi 9 mai devant un parterre d'officiels et de patrons d'entreprises venus assister au 20ème anniversaire de la Smaex, la Société Marocaine d'Assurance à l'Exportation. Les déclarations du ministre risquent d'en irriter plus d'un. Mais quelle importance ! Lui, est déterminé. La machine doit tourner. Dans ce contexte de crise internationale qui dure, le Maroc continuera-t-il à rester à l'abri? A quels impacts faudra-t-il s'attendre ? Sur le plan macro-économique, on devrait s'attendre à un certain nombre de changements. Sur le plan micro-économique, les entreprises, et notamment les plus petites d'entre elles, risquent de pâtir de la «sévérité» de la réglementation, notamment Bâle II dans le secteur bancaire. L'application de ces mesures vont-elles restreindre les crédits ou les renchérir ? Les avis divergent. Moulay Hafid Elalamy, le président de la CGEM, est lui, favorable à la mise en place de cette nouvelle réglementation : oui à Bâle II, mais… Pour le patron des patrons, le constat des entrepreneurs fait état de difficultés de financement… des PME. Pour que la réglementation n'entrave pas l'octroi des crédits et donc la vie des entreprises, Elalamy a, devant l'argentier du Royaume et le wali de Bank Al Maghrib, réitéré ses vœux pour que les mesures déjà présentées dans le livre blanc de la CGEM soient mises en place.
Des mesures
d'accompagnement
Pour Elalamy, des mesures d'accompagnement à la nouvelle réglementation sont nécessaires. Des enquêtes d'évaluation doivent être établies. Des guides didactiques sur les notations des entreprises par les banques doivent être élaborés. L'organisation de séminaires de formation doit être de mise. La création du fonds pour la mise à niveau de la PME, sur une période de cinq années, est souhaitée... Les patrons ne sont pas pessimistes. C'est juste qu'ils veulent voir l'avenir avec beaucoup plus de pragmatisme. «La concentration des opérateurs est orientée vers la capacité non pas de subsister mais de rebondir», fait remarquer le patron des patrons lors de son intervention au séminaire organisé par la Smaex sur la nouvelle réglementation bancaire et la crise financière internationale. Quel impact sur l'économie marocaine ? En fait, la société d'assurance a plutôt misé sur la nouvelle réglementation bancaire qui fait distinguer les grandes des moyennes et des petites entreprises. Pour Nezha Lahrichi, présidente de la Smaex, deux thèses cohabitent. La première est celle de ceux qui pensent que les PME ont une probabilité de défaut plus grande. Elles vont être désavantagées par rapport aux grandes entreprises. La deuxième est celle de ceux qui pensent que Bâle II a été conçu pour ne pas pénaliser les PME parce qu'il y a un effet portefeuille, c'est-à-dire que les risques sont diversifiés et mutualisés. «Le débat est encore plus prononcé lorsqu'il s'agit d'entreprises exportatrices qui ont des clients aux quatre coins du monde dont la solvabilité est encore plus difficile à cerner», conclut Lahrichi. Ce séminaire a permis de regrouper d'éminentes personnes venant de divers horizons. Mais malheureusement, beaucoup de questions sont restées sans réponse, même celles des intervenants eux-mêmes.
3 questions à Zouhair Chorfi, directeur du Trésor et des Financements Extérieurs
«Nous sommes partiellement affectés par la crise»
Challenge Hebdo : quels sont les impacts que peut avoir la conjoncture internationale sur l'économie marocaine ? Y a-t-il danger en la demeure ?
Zouheir Chorfi : compte tenu de la situation qui prévaut actuellement, on peut avancer qu'il y aura nécessairement un ralentissement de la demande extérieure adressée au Maroc, dans la mesure où la croissance des pays partenaires européens sera en deçà des prévisions. Cependant, il est important de noter que le Maroc n'exploite pas encore complètement son potentiel d'exportation. Ce secteur présente encore des opportunités qu'il faut saisir. Dans ce cas, on peut dire que nous ne serons affectés que très partiellement. Sur le plan du renchérissement des matières premières, l'impact sera plus important du point de vue du déficit commercial et de l'augmentation des dépenses liées à la compensation. Au niveau de la facture énergétique, si le prix du pétrole reste élevé, au niveau où il se situe aujourd'hui, elle devra dépasser les 70 milliards de dirhams cette année, alors qu'elle n'était que de 20 milliards en 2002 et 2003 puis 50 milliards en 2007. En ce qui concerne la compensation, en l'absence de mesures concrètes, ses charges pourraient dépasser les 30 milliards de dirhams cette années, soit 4,6% du PIB alors que ce pourcentage n'était que de 0,5% en 2002 et 2003.
C. H. : le ministre des Finances est prêt à grever le déficit budgétaire pour financer plusieurs projets. Cela ne risque-t-il pas de porter atteinte aux équilibres macro-économiques ?
Z. C. : il est nécessaire à ce niveau de souligner que l'évolution de nos fondamentaux et la poursuite de la dynamique de certains secteurs font que l'évolution attendue des recettes fiscales permettra en 2008 de préserver nos principaux équilibres macro-économiques. A moyen terme, il est évident que des réformes en termes de meilleur ciblage des dépenses de compensation, des réformes dans les secteurs de l'agriculture et de l'énergie s'avèrent nécessaires.
C. H. : les nouvelles restrictions en matière bancaire (Bâle II) ne vont-elles pas léser les PME qui auront plus de mal à se financer auprès des banques ?
Z. C. : à mon avis, si les risques PME sont mieux maîtrisés et si la transparence à travers le système de scoring est instaurée, nous pouvons nous attendre à un meilleur financement. Bâle II, paradoxalement, pourrait permettre le financement des PME car il va les pousser à davantage de transparence.


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