Camps de Tindouf : une violation manifeste du droit international et une détention sous couvert de "réfugiés"    La Bourse de Casablanca termine en baisse    L'ADD et Concentrix scellent un partenariat stratégique pour accélérer la transformation digitale au Maroc    La discrétion héroïque d'un étudiant marocain enflamme la toile chinoise    Liban: le bilan des frappes israéliennes de mercredi monte à 203 tués et plus de 1.000 blessés    Véron Mosengo-Omba rejette toute accusation de favoritisme de la CAF en faveur du Maroc    Partenariat stratégique entre le MJCC et Huawei pour le développement du gaming et des industries numériques au Maroc    Le Cameroun modifie les règles de succession présidentielle    Le Maroc et le Kenya tiennent leur 1ère Commission mixte de coopération, 11 accords signés    Sahara marocain : le Kenya soutient l'autonomie sous souveraineté marocaine    Folk : Réinventer la gestion des relations    « Nids vides »: la nouvelle réalité des familles marocaines (Enquête HCP)    Gitex 2026 : Orange Maroc veut transformer l'IA et la 5G en leviers industriels    Souveraineté numérique et IA : le Maroc et l'UE lancent un dialogue stratégique    MFC et Bank of Africa : partenariat pour l'innovation financière    Concentrix dévoile une adoption massive de l'IA, freinée par la confiance    Sur Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, Nasser Bourita préside les travaux de la 5e Commission mixte Maroc-Niger    Lancement de l'ouvrage «The Oxford Handbook of the Moroccan Economy»    Au Sénégal, Motsepe nie tout favoritisme envers le Maroc et appelle à l'unité    La guerre en Iran retarde-t-elle la livraison des 30 Mirages 2000 promis par les Emirats au Maroc ?    Liban. Le chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne.    Marrakech. Richard Duke Buchan salue « les stratégies exceptionnelles impulsées par SM le Roi Mohammed VI »    Loudyi reçoit le ministre délégué chargé de la Coordination des services spéciaux de Pologne    CAN 2025. L'édition la plus réussie de l'histoire selon Motsepe    CAF : Dakar reçoit Patrice Motsepe au sommet, Rabat reste institutionnel    Moncef Zekri au cœur d'un dossier brûlant entre l'Italie et l'Angleterre    Fès : le stade Hassan II sera reconstruit pour 400 millions de DH    Brahim Díaz entre dans une nouvelle dimension en Europe    Marruecos: Los distribuidores de gas suspenden la distribución durante 48 horas    Casablanca : Arrestation pour incitation au meurtre de personnes de religions différentes    Casablanca: Detención por incitación al asesinato de personas de diferentes religiones    Météo. Averses orageuses et chutes de neige de jeudi à dimanche dans certaines provinces    Droit à l'éducation au Maroc : l'ONDE et l'UNESCO scellent un partenariat    Philip Morris Maghreb met en lumière l'IA comme moteur d'innovation et de recherche scientifique    Maroc-France-UE : Deux initiatives pour renforcer la migration régulière    Maroc : comment le Mondial 2030 peut booster les industries culturelles et créatives    Orange Maroc : Le musée s'ouvre au monde, en un clic    Cannes 2026: «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi en compétition dans la section «Un Certain Regard»    Une femme du Néolithique marocain renaît grâce à la reconstruction faciale par Ancestral Whispers    Fès sacrée capitale de la société civile marocaine pour l'année 2026    Le Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran    Patrice Motsepe à Rabat après la crise de la CAN avec le Sénégal    Morocco and Niger reaffirmed on Wednesday in Niamey their shared commitment to making their partnership a model of inter-African cooperation.    Rosé Days débarque au Maroc    Fortes rafales de vent jeudi dans certaines provinces du Royaume    Etats-Unis Iran. La trêve    Les Reflets de l'Ogooué : un festival pour réinventer le cinéma gabonais    Match amical Espagne-Egypte : La FIFA ouvre une procédure disciplinaire après les chants racistes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Egyptien Ahmed Wadi arrive au Maroc avec sa tontine « Daret » en ligne
Publié dans Challenge le 14 - 07 - 2024

Après le succès enregistrée dans son pays par sa plateforme spécialisée dans les services financiers digitalisés, et surtout la tontine plus connue sous le nom de « gam'eya » en Egypte, Ahmed Wadi fait le pari de digitaliser la Daret ou Darte traditionnelle, la tontine à la marocaine. Il est en train de faire les dernières démarches auprès des autorités bancaires et financières marocaines pour implanter sa fintech Money Fellow dans le Royaume.
Beaucoup de Marocains utilisent des Associations Rotatives d'Epargne et de Crédit (ROSCA) pour des économies informelles, représentant un flux annuel estimé de 40 milliards de DH, soit l'équivalent de 28 % des économies collectées par les banques dans le pays. Selon Bank Al Maghrib (BAM), 26% des Marocains optent pour des solutions de financement, dont 88% ont recours à des services informels, notamment le Daret (Darte) ou la tontine à la marocaine. Il s'agit d'un mode d'épargne non sécurisé, mais aussi d'un phénomène qui empêche l'intégration des liquidités dans le système bancaire et économique.
Cette manne est aujourd'hui dans le viseur d'Ahmed Wadi. Le fondateur et PDG de la startup Money Fellows est en train de faire les dernières démarches auprès des autorités bancaires et financières marocaines pour implanter sa fintech spécialisée dans les services financiers digitalisés, et surtout la tontine plus connue sous le nom de « gam'eya » en Egypte ou encore de Daret ou Darte au Maroc.
Lire aussi | USA : Trump évacué d'urgence après des détonations lors d'un meeting de campagne
Pour rappel, la daret traditionnelle que tous les Marocains connaissent est un système de crédit mutuel est simple. Un groupe de personnes se met d'accord pour cotiser une somme fixée pendant une durée également déterminée. Chaque mois, une des personnes empoche la mise. L'opération peut être déclenchée à tout moment, souvent à l'initiative d'une personne qui a besoin d'un financement ou tout simplement, quand c'est une routine installée, une personne fiable, de bonne réputation et surtout solvable.
Trois éléments sont fixés avant de lancer l'opération. Le montant des mensualités, la durée de l'opération et l'ordre de versement des sommes misées par les bénéficiaires. Ce dernier point étant fixé grâce au tirage au sort, mais des membres peuvent, s'ils le veulent, céder leur tour à d'autres dont le besoin en argent est plus pressant.
Si cette pratique n'a rien de nouveau, Money Fellows a fait le pari de digitaliser au Maroc cette activité d'épargne communautaire. A noter aussi que la digitalisation du fonctionnement de ce mécanisme de financement n'est pas nouvelle. Dans beaucoup de pays, les participants à ce type d'activités se sont mis au digital, avec des contributions reçues par le mobile money ou des virements bancaires.
Lire aussi | Transport routier : deux programmes pour renouveler le parc de véhicules au Maroc
Mais avec Money Fellows, la tontine n'est plus un simple outil de cohésion sociale, associé à des bénéfices d'épargne ou d'assistance mutuelle. Elle devient un produit financier. Selon des informations disponibles sur son site internet, les utilisateurs qui accèdent à la plateforme ont juste à choisir le ou les groupes où ils souhaitent être contributeurs. Ce choix est opéré non pas sur la base de la relation de confiance entre les membres, mais d'avantage sur la base des possibles gains qu'il y a à tirer dans tel ou tel groupe de contribution. Money Fellows se charge de garantir la fiabilité et la crédibilité des participants. Que gagne la startup ? En Egypte, elle facture aux utilisateurs de son application qui choisissent ses premiers spots des frais de service uniques de 6%. À mesure que de plus en plus de personnes rejoignent les cercles, les utilisateurs sont facturés à un pourcentage inférieur.
Contacté, Ahmed Wadi ne souhaite pas donner de détails sur la future implantation de sa plateforme sur le marché marocain. Dans son pays, son application, accessible à un vaste nombre d'utilisateurs égyptiens, facilite l'accès à des cercles d'épargne. Money Fellows revendique aujourd'hui 4,7 millions d'utilisateurs et indique que jusqu'à 7 % de ce nombre représente des personnes qui contribuent sur une base mensuelle.
Il y a quelques mois, cette plateforme égyptienne d'épargne et de crédit aux particuliers, qui digitalise les cercles d'épargne collectifs, a levé 31 millions de dollars lors d'un deuxième tour mené par l'allemand CommerzVentures, le dubaïote Middle East Venture Partners (MEVP), et le koweïtien Arzan Venture Capital, qui a vu également la participation du sud-africain Invenfin, du koweïtien National Investment Company (NIC) ainsi que les investisseurs historiques Sawari Ventures, et les américains 4DX et P1 Ventures. Son objectif : utiliser ces nouvelles ressources pour accélérer sa croissance en diversifiant son portefeuille de services et en étendant son offre sur les segments B2C et B2B, ainsi que son expansion géographique en Afrique et en Asie. Ainsi, le Maroc sera la première destination Money Fellows sur l'international.
Lire aussi | Dernière ligne droite pour le lancement des marques chinoises OMODA et JAECOO au Maroc
Si l'entreprise parvient à rendre la « tontine » plus accessible et dans une certaine mesure plus efficace, son produit pourrait dans le temps détruire les fondamentaux sociaux de cette pratique. Contrairement à la pratique de base, la solution digitalisée ne permet pas de se réunir autour d'un repas et de discuter des affaires de la communauté. Cependant, la tontine à la marocaine, comme tout système de financement d'ailleurs, peut connaître des incidents de paiement. Même si dans l'écrasante majorité des cas, les impayés quand ils surviennent ne sont pas le fait de la mauvaise foi.
Pour un expert marocain de la fintech, le challenge de Money Fellows sera de mettre en œuvre un mécanisme incitatif engageant les Marocains à honorer systématiquement leurs contributions au sein du cercle financier, afin de prévenir tout défaut de paiement. « Pour numériser le modèle de la tontine daret au Maroc, il est essentiel de prendre en considération les contraintes, telles que la réticence des Marocains à effectuer des paiements en ligne, et de prévenir les défauts de paiement. Des alternatives, telles que la mise en place d'agents physiques, pourraient être envisagées pour vérifier la situation des personnes souhaitant intégrer la daret numérique et analyser attentivement leur solvabilité », commente-t-il.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.