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Relocalisation industrielle: A l'épreuve de la réalité économique
Publié dans Finances news le 21 - 06 - 2020

◆ Une relocalisation massive des productions est peu probable, selon le spécialiste en risque crédit «Coface».
◆ La forte dépendance de certains fournisseurs rend la tâche difficile.
◆ Le Maroc devra réadapter son industrie face aux nouveaux enjeux économiques, mais également écologiques.

Par B. Chaou

Les grandes économies mondiales ont relancé le débat sur la relocalisation. Certains pays, à l'image de la France, sont déjà passés à l'action, notamment dans le secteur automobile, offrant à leurs industriels un large soutien financier contre la relocalisation d'une partie de leurs productions vers des usines en France. D'autres économies sont également dans la même perspective protectionniste afin de soutenir l'emploi local et faire face aux nouvelles contraintes sanitaires internationales.
A ce sujet, Coface explique dans une récente analyse que «les professionnels de la Supply Chain ont adopté un nouveau mantra afin d'accroître la résilience de leur chaîne d'approvisionnement aux chocs d'approvisionnement extérieurs. Deux options possibles ont émergé: relocalisation complète de la production sur le marché intérieur et stratégie de diversification de ses fournisseurs».
Dans le contexte actuel, imaginer une relocalisation complète des processus de fabrication met en évidence les problèmes liés à l'augmentation des coûts de production et au manque de compétences nationales pour certains pays, estime le spécialiste en assurance risque. Et quand bien même ces deux questions seraient prises en compte, un nouveau processus de production domestique resterait tributaire de l'approvisionnement en matières premières, qui, lui, ne peut être relocalisé.
Déjà, dès le début de la crise en Chine, les entreprises du monde entier ont réalisé à quel point elles dépendaient de ce pays dans leurs chaînes d'approvisionnement. Dans une perspective de relocalisation, leurs résiliences devront passer par l'atténuation de la dépendance à un pays spécifique, en diversifiant les fournisseurs.
«Aujourd'hui, il semble à première vue possible de trouver des alternatives au plus important pays fournisseur dans le monde, c'est-à-dire la Chine, dans de nombreux secteurs. Mais les principaux producteurs d'un secteur d'activité étant fortement liés les uns aux autres, la dépendance à la Chine ne disparaîtra pas totalement», estime Coface. Les chaînes de valeur mondiales sont arrivées à un point où elles sont interconnectées.
Ainsi, une relocalisation en bonne et due forme sera très dure à mettre en place et nécessitera énormément de temps, à l'aune des coûts et de la réorganisation que cela suppose. D'autant plus qu'elle ne concerne pas uniquement les grands centres de production, mais elle aura également un impact considérable sur l'écosystème des industries.
In fine, selon Coface, «les chaînes de valeur mondiales ont encore un bel avenir, car la décision du retrait du leader de l'écosystème ne pourra relocaliser qu'une partie de la chaîne de valeur».

Un protectionnisme obligé ?
Si aujourd'hui les Etats soulèvent l'idée d'une relocalisation industrielle, c'est parce qu'ils se sont retrouvés dans des difficultés sanitaires suite à la pénurie de masques, de gants et autres matériels médicaux.
Généralement, ces produits proviennent de Chine ou d'Inde qui en avaient également fortement besoin pour la gestion de leur crise. En cette période, les importateurs facilitent l'entrée des produits médicaux, tandis que les exportateurs rendent leurs exportations plus difficiles.
Selon les données fournies par Coface, les exportations de produits de santé chinoises ont diminué de 15% en février 2020, en pleine crise sanitaire locale. Avec une part dominante du marché de 55,3% des exportations mondiales de masques, la coopération de la Chine a toutefois été essentielle pour approvisionner le monde. Le protectionnisme a également concerné les produits alimentaires.
Car, en effet, selon la même source, «depuis le début de la crise sanitaire, le protectionnisme commercial semble, jusqu'à présent, s'être concentré sur la garantie de l'approvisionnement en denrées alimentaires et en produits médicaux. Au 22 avril dernier, 56% des mesures commerciales enregistrées étaient liées à l'objectif susmentionné».
La forte dépendance vis-à-vis de la Chine a également été constatée lors de la fermeture d'usines au sein du pays, mettant grandement en difficulté l'approvisionnement de certaines matières premières nécessaires à plusieurs secteurs, notamment technologique et pharmaceutique, y compris au Maroc.

Le Maroc dans tout ça
Il n'est pas nécessaire de rappeler que l'économie du Maroc est fortement dépendante de son partenaire historique qu'est l'Union européenne, et demeure sur le plan industriel intimement liée aux décisions des grandes compagnies européennes. Si aujourd'hui le risque d'une relocalisation est soulevé, il est nécessaire pour le pays de réfléchir à la manière avec laquelle il devra s'adapter à cette nouvelle donne.
Car, justement, s'il espère poursuivre son partenariat avec l'UE, il devra se conformer au nouveau revirement stratégique entrepris par ce dernier, ayant comme «bases» l'écologie et les nouvelles technologies. Une adaptation qui devra passer par le développement du tissu industriel national.
D'ailleurs, lors d'une récente interview, Fathallah Sijilmassi, président-fondateur de Positive Agenda Advisory, ancien ambassadeur, ancien Secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, nous a confié que «le plus important pour cela est que le Maroc continue à renforcer sa base de production dans les secteurs industriels et agricoles».
Et d'ajouter que «cette industrialisation est la meilleure condition pour l'augmentation des IDE. Les investissements internationaux vont là où les nationaux investissent. Et la perspective d'une taxe carbone au niveau de l'UE et de son Green Deal permet au Maroc d'envisager une nouvelle compétitivité «verte» qui est un atout considérable à la fois pour les exportations et les IDE». ◆


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