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«Plus de 2,2 millions de personnes bénéficieront de Compact II»
Publié dans Finances news le 21 - 04 - 2016

Le Maroc et le Millenium Challenge Corporation ont signé, jeudi 14 avril à Rabat, le deuxième pro­gramme de coopération (Compact II). Dans cet entretien, Abdelghni Lakhdar, conseiller économique du Chef de gouvernement et coordonnateur national de Compact II, nous explique les tenants et aboutis­sants des deux projets financés au titre de ce nouveau programme de coopération, à savoir «Education et formation pour l'employabilité» et «Productivité du foncier».
Finances News Hebdo : Le gouvernement et le Millenium Challenge Corporation (MCC) ont signé le deuxième programme de coo­pération (Compact II), d'un montant de 450 millions de dollars. En quoi consiste ce pro­gramme d'aide américain et son utilité pour le Maroc ?
Abdelghni Lakhdar : Tout d'abord, je dois dire que ce programme traduit l'excellence du partenariat entre le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d'Amé­rique. Il consacre les avancées de notre pays sur les plans de la démocratie, des droits de l'homme, de l'ouverture économique et de la justice sociale, cri­tères qui sont pris en considération pour le choix par MCC de ses partenaires. L'objectif ultime que s'est fixé ce deuxième programme de coopération, est de favoriser une croissance réductrice de la pauvreté en réduisant le poids de deux contraintes majeures qui pèsent sur la croissance et l'investissement privé la faible qualité du capital humain et la faible producti­vité du foncier.
Ces deux éléments ont été identifiées sur la base d'une étude portant sur l'analyse des contraintes majeures à la croissance économique au Maroc, réalisée par la Banque africaine de développement, à la demande du gouvernement marocain et en partenariat avec le Millenium Challenge Corporation (MCC). Au-delà de l'appui financier et technique, ce programme constitue une opportunité pour réaliser des projets pertinents et soutenir des réformes struc­turelles. Il s'agit de privilégier notamment la logique de la performance et de l'impact, le suivi rigoureux, la transparence et la reddition des comptes.
En phase avec les hautes orientations Royales et les stratégies adoptées dans les différents secteurs concernés par ce programme de coopération, les deux projets financés, à savoir «Education et forma­tion pour l'employabilité» et «Productivité du foncier», viendraient appuyer et soutenir les actions entre­prises et les efforts déployés par le gouvernement dans ces domaines.
F.N.H. : Une part importante de cette aide ira au projet intitulé «Education et formation pour l'employabilité». Pouvez-vous détail­ler quelques-unes des actions qui seront menées dans ce cadre ?
A. L. : Doté d'une enveloppe budgétaire de 220 millions de dollars, le projet «Education et formation pour l'employabilité» a pour objectif d'améliorer l'employabilité des jeunes marocains, à travers le renforcement de la qualité et de la pertinence des apprentissages et la garantie de l'accès équitable à l'éducation secondaire et à la formation profes­sionnelle et ce, afin de mieux répondre aux besoins du secteur privé. Ce projet est composé de deux activités, à savoir l'«Education secondaire» et le «Développement de la formation professionnelle et de l'emploi».
Conçue en parfait alignement sur la nouvelle vision stratégique 2015-2030 adoptée pour la réforme du système d'éducation et de formation, l'activité «Education secondaire» est dotée d'une enveloppe budgétaire de 112,6 millions de dollars. Elle sera structurée principalement autour du développement d'un nouveau modèle d'établissement fondé sur une gouvernance décentralisée, une autonomie de ges­tion et un modèle pédagogique innovant, de manière à améliorer les apprentissages et les résultats sco­laires. Ce modèle sera déployé dans près de 100 collèges et lycées, répartis sur trois régions (Tanger- Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Marrakech- Safi). Les régions ont été choisies selon un ciblage fondé à la fois sur les besoins en termes d'éducation, les indicateurs de pauvreté ainsi que sur les opportu­nités économiques et celles d'emploi offertes.
Les capacités des Académies régionales d'éducation et de formation (AREF) et des directions provinciales concernées seront renforcées pour assurer un meil­leur pilotage et coordination de la mise en oeuvre de l'activité «Education secondaire».
Cette première activité couvre également le renfor­cement de l'efficacité des systèmes d'information et d'évaluation des acquis des élèves. Elle assure aussi le développement d'une nouvelle approche d'entretien et de maintenance des infrastructures et des équipements scolaires définissant clairement les rôles et les responsabilités des acteurs concernés et intégrant de nouvelles formes de partenariat avec le secteur privé, ainsi qu'une meilleure planification en la matière.
La seconde activité, en l'occurrence le «Développement de la formation professionnelle et de l'emploi», bénéficie d'un apport financier de 107,4 millions de dollars. Elle ambitionne de pro­mouvoir une formation professionnelle adaptée aux besoins des employeurs, à travers l'institution d'un fonds dédié au financement de projets de partenariat public-privé en matière de formation professionnelle.
Cette activité viendra appuyer aussi l'opérationnali­sation de la réforme de la formation professionnelle et la mise en place de l'Observatoire du marché du travail. Elle permettra en outre de promouvoir des mécanismes de financement innovants, basés sur les résultats visant l'insertion des jeunes et des femmes défavorisés.
F.N.H. : Qu'en est-il du volet consacré au foncier. Pourquoi avoir retenu cette théma­tique et quels sont les principaux chantiers qui seront mis en oeuvre ?
A. L. : Comme je vous l'ai dit auparavant, la faible productivité du foncier s'est révélée l'une des contraintes majeures à la croissance économique au Maroc. Ce qui a été souligné le plus, c'est le peu de disponibilité du foncier à des prix raisonnables, là où il est demandé le plus. A cet égard, le projet «Productivité du foncier», doté d'une enveloppe budgétaire de 170,5 millions de dollars, retient un premier pilier «Foncier industriel» (127 millions de dollars) consacré à la création et la revitalisation de quatre zones industrielles selon un modèle de partenariat public-privé, qui répond à la demande et aux besoins des investis­seurs. Le second pilier, relatif au foncier rural, vise la melki­sation de 46.000 Ha de terres collectives au profit des ayants droit au niveau du périmètre irrigué du Gharb, via une nou­velle procédure optimisée et simplifiée. Cette activité porte, en outre, sur l'accompagne­ment des ayants droit pour assurer une meilleure valori­sation des terres melkisées. Le troisième pilier, relatif à la «Gouvernance», est doté de 10,5 millions de dollars et permettra d'appuyer le gou­vernement dans le développe­ment d'une stratégie foncière globale et de son plan d'action ainsi que dans la mise en oeuvre des actions prioritaires de ce plan.
Enfin, le projet «productivité du foncier» prévoit la création d'un centre d'expertise chargé de diffuser les bonnes pra­tiques et de fournir l'accompa­gnement et l'expertise requis pour le développement des zones industrielles. Il envisage aussi la mise en place d'un fonds dédié à la promotion de l'innovation dans la gouver­nance de ces zones.
F.N.H. : Comment seront assurés le suivi et l'exécution de ces programmes structu­rants ? Et quelles sont les retombées concrètes attendues sur la popula­tion marocaine ?
A. L. : La mise en oeuvre et le suivi des projets prévus dans le cadre du Compact II seront assurés par un établissement public qui sera mis en place avant la fin de l'année 2016.
Fondée notamment sur le suivi rigoureux et l'évaluation sys­tématique et indépendante, l'approche novatrice adoptée par MCC en matière d'élabo­ration, d'exécution, de suivi et d'évaluation des projets, garantit l'efficacité dans leur exécution et la durabilité de leurs impacts.
A cet égard, le Compact II, s'articulant sur l'amélioration de la qualité du capital humain et la valorisation du foncier, fera bénéficier de ses diffé­rentes activités pas moins de 490.000 familles, soit plus de 2,2 millions de personnes.


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