* Le projet de Loi de Finances 2007 consacre 55% de son budget aux secteurs sociaux. * En cas de statu quo, la campagne agricole 2006-2007 pourrait se solder par une production céréalière de l'ordre de 30 millions de quintaux. La valeur ajoutée du secteur primaire connaîtrait une régression de l'ordre de 17% et le PIB réel dégagerait une croissance limitée à près de 1,6% en 2007. * Le taux de croissance de 3,4% reste insuffisant pour insuffler une nouvelle dynamique à l'économie. La croissance de 7,3% observée en 2006 tranche fortement avec la stagnation observée un an plus tôt. La campagne céréalière y est pour beaucoup. L'année 2006 est loin derrière et les regards sont braqués sur un nouvel exercice à peine commencé. A peine un mois et demi et les commentaires vont déjà bon train sur le taux de croissance au titre de l'année 2007. Bien que les hypothèses soient différentes, les résultats sont identiques à une différence près. Le HCP et la DPEG, qui sont les principaux pourvoyeurs de chiffres, prévoient une baisse du taux de croissance en 2007. La hausse de l'activité économique devrait faiblir pour retomber à un taux inférieur aux prévisions de la Loi de Finances et ce en relation avec le déficit pluviométrique que subit notre pays. Dans l'hypothèse d'une production moyenne de l'ordre de 53 millions de quintaux, retenue pour les principales cultures céréalières durant la campagne 2006-2007. D'après le HCP, la valeur ajoutée de ce secteur connaîtrait une baisse de l'ordre de 11,7% en termes réels. Pis encore, le HCP estime que si le statu quo persiste, la campagne agricole 2006-2007 pourrait se solder par une production céréalière de l'ordre de 30 millions de quintaux. Ce qui laisse entendre que la valeur ajoutée du secteur primaire devra connaître une régression de l'ordre de 17% et le PIB réel dégagerait dans ce cas de figure une croissance limitée à près de 1,6% en 2007. A ce titre, le projet de Loi de Finances 2007 se base sur les hypothèses suivantes : une croissance du PIB de 3,4%, un déficit budgétaire de 3,1%, une inflation de 2% et un prix du baril de pétrole de 65$ avec toujours pour objectif de sauvegarder les équilibres macroéconomiques. En effet, il est à noter que le Budget 2007 prévoit des modifications sur l'Impôt Général sur le Revenu qui sera remplacé par l'Impôt sur le Revenu. Cette modification est accompagnée de l'augmentation du seuil de non imposition de 20.000 à 24.000 DH. Le but est d'aider les smicards à supporter le relèvement du coût de la vie. Les revenus annuels supérieurs à 120.000 DH vont bénéficier d'une réduction du taux d'imposition qui passera de 44% à 42%. A noter que ce réaménagement fiscal, qui s'est traduit par une baisse de 3 points pratiquement pour tous les niveaux de salaires, est aussi un moyen d'inciter les investisseurs étrangers à venir au Maroc et profiter d'une fiscalité plus souple et attrayante. Autre point saillant du Budget 2007 : la simplification de la fiscalité locale réduisant le nombre de taxes à onze. Elle affectera des taxes spécifiques aux régions et introduira le régime déclaratif et l'unicité des procédures de recouvrement. L'empreinte sociale du Budget 2007 Le projet de Loi de Finances 2007 consacre 55% aux secteurs sociaux dont l'INDH, l'emploi, l'habitat, la famille et l'enfance, l'insertion des personnes aux besoins spécifiques, l'éducation nationale et la lutte contre l'analphabétisme. Le Budget 2007 se caractérisera par l'accomplissement de grands chantiers tels que Tanger-Med, le Projet Bouregreg et les autres infrastructures (routes, autoroutes, barrages). Cela entraînera une augmentation de l'investissement public qui passe d'une moyenne de 20 milliards de DH durant les dix dernières années à 25,3 Mds DH en 2007, soit une augmentation de 17,8%. Les objectifs arrêtés par le projet de Loi de Finances 2007 semblent irréalisables à cause d'un taux de croissance de 3,4%. Une étude réalisée par la Banque mondiale a montré que le Maroc doit disposer d'un taux de croissance durable de 6 à 7% pour pouvoir assurer son développement. Une chose est sûre : l'agriculture continue à nous jouer des tours et il ne reste qu'à prier pour que les nouveaux secteurs du Programme Emergence prennent la relève.