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Entretien avec Ahmed Zinoun, Administrateur délégué de la SCR : «Par rapport au Moyen-Orient, nous avons des compagnies nettement solides»
Publié dans Finances news le 24 - 04 - 2008

* Un projet de loi régissant les couvertures contre les catastrophes naturelles et celles d’origine humaine a été élaboré et approuvé par la profession et le ministère de tutelle. Mais il reste bloqué au stade du Secrétariat Général du Gouvernement.
* La suppression de la cession légale n’a pas eu d’impact négatif sur l’aliment de la SCR.
* La SCR a acquis 20% du capital de la Société Sénégalaise de Réassurance (SENRE) afin de consolider sa présence dans les marchés africains ciblés.
Finances News Hebdo : Comment s’est comporté le secteur national de l’assurance et de la réassurance au cours de l’exercice 2007 ?
Ahmed Zinoun : Au cours de l’exercice 2007, le secteur de l’assurance et de la réassurance a été marqué par d’importants événements, tout d’abord en matière de formation, par la conclusion d’un certain nombre d’accords avec des partenaires étrangers et une délivrance de diplômes.
Il y a aussi la mise en place de la charte de gestion des contrats en coassurance, qui définit les rapports entre l’apériteur et les coassureurs et répond au souci de l’administration fiscale relatif au recouvrement de la taxe sur les contrats en coassurance dans la mesure où l’apériteur sera désormais responsable de l’acquittement de la totalité de la taxe découlant des contrats gérés en coassurance.
Une convention a été passée entre les membres de la Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurance pour tout ce qui représente une entrave à la coassurance afin de responsabiliser les uns et les autres en matière d’encaissement de primes et de règlement de sinistres, sachant que dans la coassurance c’est l’apériteur qui en est responsable. Mais il y a aussi le partenaire du contrat qui est tenu de respecter ses droits et obligations.
Il y a également la commercialisation des contrats en unités de comptes qui vient de commencer dans notre pays suite au développement du marché boursier.
Un autre élément qui entre dans le cadre de la fortification et de la consolidation des compagnies d’assurance est la mise sous redressement de la compagnie Essâda avec son rachat par le groupe Saham, sans oublier, bien entendu, l’introduction en Bourse d’Atlanta et le changement dans l’actionnariat de la Marocaine Vie. Voici brièvement les faits saillants du secteur national de l’assurance et de la réassurance.
Aussi, faut-il noter que grâce à son système financier mature et sa capacité à s’adapter aux différentes évolutions et mutations que connaît l’environnement national et international, le marché marocain de l’assurance et de la réassurance continue de confirmer son professionnalisme en réalisant des avancées indéniables.
Côté chiffres, selon les dernières estimations, les primes émises par le secteur au cours de l’exercice 2007 se sont établies à 17,7 Mds DH, en progression de près de 20%.
La branche Vie & Capitalisation a totalisé
5,9 Mds DH, enregistrant une hausse de 41,3% due principalement aux assurances individuelles en progression de 59%, lesquelles s’établissent à 4,2 Mds DH. Pour ce qui est de l’assurance non Vie, elle a totalisé près de 11,8 Mds en progression de 11,2%. Le secteur a ainsi enregistré une progression de son chiffre d’affaires au cours de l’exercice 2007 de plus de 12%. Maintenant, si l’on examine le secteur par rapport à son environnement africain, on s’aperçoit que le secteur marocain des assurances est assez solide avec des compagnies d’assurance ayant des fonds propres importants.
F. N. H. : Justement, par rapport aux accords de libre-échange avec les USA, est-ce que l’on peut prétendre que les compagnies nationales sont à même d’affronter la concurrence étrangère ?
A. Z. Personnellement, je suis persuadé que les compagnies nationales n’ont rien à envier à celles du Sud de la Méditerranée. Notre secteur est aussi en avance par rapport à celui du marché africain. Je ne parle pas de l’Afrique du Sud parce que c’est un marché à dominance de compagnies anglo-saxones.
Par rapport au Moyen-Orient, nous avons des compagnies nettement solides. Maintenant, on remarque que les Émirats nous rattrapent et nous dépassent légèrement en matière d’assurance dommages vu les chantiers de construction qui s’opèrent dans cette région.
Mais en matière d’assurance Vie, le Maroc est toujours le premier.
F. N. H. : Dans un contexte pareil, quels sont les résultats affichés par le réassureur national ?
A. Z. : Tout d’abord, je souhaite parler du plan stratégique 2008-2010 de la SCR qui vient continuer et consolider la réflexion qui avait été faite auparavant au niveau du précédent plan. Les axes stratégiques de ce plan sont les suivants : consolider la position de la SCR sur le marché national ; renforcer notre leadership en tant que réassureur régional de référence et se développer davantage à l’international et offrir de nouvelles couvertures et de nouvelles capacités pour les risques.
Pour le premier axe, nous sommes une partie intégrante du marché national ; nous avons des parts importantes et la SCR s’est modernisée et professionnalisée. Elle est devenue proche des compagnies d’assurance.
Le second axe est de faire de la SCR le réassureur régional de référence. C’est-à-dire devenir un acteur de référence de notre zone naturelle qui est l’Afrique, le Moyen-Orient et aussi l’Asie du Sud-Est.
D’un total de primes dérisoires il y a quatre ou cinq années aux alentours de 8 millions de $, nous sommes actuellement à plus de 40 millions de $.
Nous contribuons, par ce biais, à atténuer le déséquilibre de la balance commerciale du pays. Nous sommes une société qui exporte son savoir-faire en matière de couverture de réassurance.
Le troisième axe consiste à fournir des capacités de couverture nationale pour les risques spéciaux. S’agissant des risques catastrophiques, nous avons lancé, en collaboration avec la Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale DAPS, un projet de mise en place de couverture contre les catastrophes naturelles et celles d’origine humaine. Aussi, un projet de loi régissant cette nouvelle couverture a été élaboré et approuvé par la profession et le ministère de tutelle. Il est actuellement au Secrétariat Général du Gouvernement. J’espère que ce projet sera au pipe-line parce que le besoin est là. Le pays demande des couvertures similaires, particulièrement les compagnies nationales et, surtout, les investisseurs étrangers.
Pour la Société Centrale de Réassurance, l’année 2007 a été celle de la confirmation de sa politique d’ouverture à l’international et du renforcement de son positionnement national. Elle a été aussi l’année de la poursuite de la réalisation de projets structurants initiés en 2006, et du lancement de nouveaux projets, dont le plus important est la mise en place de la cartographie des risques.
Notre stratégie marketing a pour objectif de mettre en œuvre les fondamentaux d’un réassureur technique performant et professionnel appuyée sur une démarche de fidélisation et d’accompagnement, et ce dans le cadre d’une politique de souscription axée sur le respect des normes garantissant la profitabilité technique des opérations et la maîtrise des expositions.
En 2007, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 2.660,75 MDH contre 2.101,33 MDH l’année précédente, soit une progression de 26,6% due essentiellement à la progression des affaires conventionnelles de plus de 30%. Concernant la rétention globale des primes par la SCR, le montant des primes conservées s’établit à 2.159,19 MDH, en progression de 30,21% par rapport à celui de l’année dernière, représentant un taux de conservation de 81,15%. Quant au résultat, la SCR a réalisé un bénéfice net d’impôt de 272,79 millions de dirhams, représentant une augmentation significative de 45% par rapport à celui enregistré un an auparavant.
F. N. H. : La cession légale se poursuit de manière progressive; avez-vous ressenti l’impact sur votre chiffre d’affaires ?
A. Z. Effectivement, la cession légale constitue un compartiment de la SCR et de la constitution de son chiffre d’affaires. Mais comme vous le savez, nous nous situons aujourd’hui dans le processus de suppression progressive. En 2006, il y a eu la suppression de la cession légale des branches «Vie & Capitalisation» et «Crédit caution». L’année dernière, c’était au tour de la branche maladie. Tout se fait dans l’intelligence et dans l’intérêt du marché et de la société, en étroite concertation avec le ministère des Finances et le Conseil d’Administration de la SCR.
Comme vous pouvez le constater au niveau des chiffres, cette suppression ne s’est pas traduite par une baisse parce que les équipes de la SCR, chargées de travailler sur le concurrentiel marocain et sur le concurrentiel étranger, font du bon travail.
Si maintenant la loi sur les risques catastrophiques est promulguée, c’est une autre SCR qui verra le jour.
F. N. H. : Que pensez-vous de la notation du Maroc ?
A. Z. Pas de commentaire. Je n’ai pas les éléments pour me prononcer sur la notation souveraine de mon pays.
F. N. H. : Quelles sont les implications de la révision du rating de la SCR ?
A. Z. : Tout d’abord, sachez que la SCR est notée par deux agences internationales, Standard’s & Poor et AM Best, qui ont procédé en 2007 à la révision à la hausse du rating attribué à la SCR en confirmation de ses bonnes performances en dépit du maintien de la note souveraine. Les notations S&P BBB, Positive, «A-3» et AMbest «B++» (very good) constituent un bon indicateur de la solidité financière et du professionnalisme de la compagnie et donnent un signal fort à l’intention de nos partenaires étrangers. Suite à la révision de la notation souveraine, S & P a donné à la SCR la note BBB stable au lieu de BBB positive.
A l’intérieur, la SCR est chez elle, elle est soutenue par un marché dynamique et des actionnaires de premier plan. La SCR est l’un des rares acteurs à avoir ce niveau de rating.
En revanche, AM Best, qui est considérée comme l’agence spécialisée dans l’assurance et la réassurance vient de m’appeler, il y a deux jours, pour m’annoncer que, malgré la révision de la note souveraine, elle maintient la notation de la SCR à B++ (very good).
Le challenge de l’ensemble de l’équipe SCR est d’avoir une notation de type A. Nous travaillons très dur pour l’avoir. Je pense que la certification du système de management SCR «SMQ» est de nature à améliorer notre position dans ce sens.
Ceci étant, S&P est une grande agence et sa notation est également importante pour nous. Lors de son passage prochain à la SCR, nous défendrons notre position et l’amèneront à envisager positivement notre argumentation. Notre pays est un véritable chantier. Des projets structurants sont engagés qui vont impacter fortement son développement et son taux de croissance.
F. N. H. : Votre parcours professionnel a été quelque peu singulier, en ce sens que la CDG vous a dépêché pour redresser ou dynamiser l’activité de plusieurs institutions (CIFM actuel Diyar El Madina, CNIA, CNRA, RCAR etc). Pouvez-vous nous en parler ?
A. Z. : Vous savez, je préfère laisser l’appréciation à d’autres personnes plus qualifiées et plus informées. Pour ma part, j’ai toujours travaillé en équipe et je considère que s’il y a des succès enregistrés, c’est grâce aux merveilleuses équipes que j’ai eu l’honneur de diriger.
Pour m’en tenir à l’essentiel, je dirais que les challenges qui m’ont marqué sont : le redressement de la CNIA, la dynamisation de la CNRA, ma contribution à la centralisation des régimes de la retraite interne de sociétés et d’établissements publics au sein du RCAR et à la modernisation de la SCR.
F. N. H. : Que pensez-vous alors de la situation des régimes de retraite ?
A. Z. : Vous savez, pour résumer, un système de retraite est un contrat entre générations : l’inactive et l’active. Ce contrat devrait être équilibré. Pour ce qui est de la réforme, je pense que l’équipe en charge de ce dossier fait du bon travail. Les maux sont connus ; maintenant, il faut prendre des décisions.
F. N. H. : Où en est votre projet concernant la prise de participation dans SEN-Ré ?
A. Z. : Comme vous savez, la SCR a acquis 20% du capital de la Société Sénégalaise de Réassurance (SEN-Ré) afin de consolider sa présence dans les marchés africains ciblés. Une convention sera signée, incessamment, entre les deux compagnies fixant les modalités de coopération portant particulièrement sur l’apport technique de la SCR à la SEN-Ré et sur le partenariat entre les deux sociétés dans le service à rendre aux compagnies d’assurance installées en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. Sur le même registre, je voudrais signaler que la SCR est devenue, depuis février 2007, membre de la Fédération des Sociétés de Droit National Africaines (FANAF).
Enfin, je tiens à rappeler que la SCR a organisé, en collaboration avec la Fédération Afro-asiatique d'Assurance et de Réassurance (FAIR), du 18 au 20 octobre 2007 à Marrakech, le 20ème congrès du FAIR sous le thème : «Opportunités et menaces en assurance et réassurance dans les marchés de la FAIR».
Cette conférence, qui a réuni plus de 700 participants de plus de soixante pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe, a été animée par des professionnels et experts nationaux et internationaux. Depuis, nous avons l’honneur d’assurer, au nom du Maroc, la présidence de la Fédération Afro-asiatique d'Assurance et de Réassurance (FAIR).


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