Les bonus, stock-options et autres privilèges dont bénéficient les patrons dentreprises font jaser depuis quelques jours lopinion publique française. Surtout dans un contexte de crise économique où la plupart des Français ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Alors, on peut aisément comprendre que la classe politique, la société civile, ainsi que les observateurs avertis, crient au scandale lorsquils apprennent que Thierry Morin, PDG partant de Valeo, doit quitter l'entreprise en difficulté avec un «parachute doré» de 3,2 millions d'euros. Et que dire de Fortis qui a payé l'an dernier 6,3 millions d'euros pour le licenciement de Jean-Paul Votron, son ancien patron évincé en juillet 2008 ? Mais ce qui suscite de vives réactions actuellement, cest linformation relative à la retraite de Daniel Bouton, révélée le jour de la présentation par le gouvernement du décret encadrant la rémunération des dirigeants des entreprises aidées. L'ancien PDG et actuel président du Conseil d'Administration va percevoir 725.000 euros de retraite, chapeau, par an pendant 23 ans. Montant auquel il faut ajouter les dispositifs légaux de retraite complémentaire et sa retraite comme ancien haut fonctionnaire : il devra donc prétendre à 950.000 euros par an sans rien faire. Ce qui fait, avec la parité Euro / Dirham actuelle (à peu près 11 DH pour 1 euro), 10,45 MDH par an ou presque 871.000 DH par mois. Autrement dit, il va percevoir chaque jour un peu plus de 29.000 DH. De quoi donner des boutons à tous ces «braves» français qui triment pour survivre dans un contexte de crise économique aiguë ! Du côté de chez nous, les sociétés cotées, à la lumière de leurs résultats annuels, ont brassé des milliards de dirhams au titre de lexercice 2008. Mais combien perçoivent nos dirigeants ? Ces richesses sont-elles équitablement réparties ? Les salariés profitent-ils vraiment des fruits de la croissance de leur entreprise ? Sujet hautement tabou. Pourtant, il serait peut-être grand temps de briser la chape de plomb qui entoure la rémunération des dirigeants dentreprises. Notamment ceux qui officient à la tête des sociétés cotées. Au nom du sacro-saint principe de la transparence. Histoire également de voir si ceux qui font si souvent appel à lépargne publiques méritent bien les salaires monstres et autres avantages en nature quon leur offre. Mais cest à parier quune disposition réglementaire dans ce sens, même si elle paraît de bon aloi, ne manquera pas de susciter une véritable levée de boucliers. Surtout de la part de lopinion publique qui se rendra compte que certaines (in)compétences bénéficient de privilèges exorbitants, alors même que les sociétés quelles dirigent présentent des résultats en berne.