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Entretien : «Le “non-UMA” nous coûte deux points de PIB»
Publié dans Finances news le 15 - 07 - 2010

* La réorganisation des différents organismes relevant du commerce extérieur va dans le bon sens, avec un léger retard dû aux procédures et à la recherche de RH fiables.
* La loi sur la défense commerciale prévoit des mesures de protection de la production nationale, mais également des autres produits du dumping et des subventions des pays producteurs.
* Elle sera débattue par la Chambre des conseillers à la prochaine rentrée parlementaire.
* Abdellatif Maazouz, ministre du Commerce extérieur, souligne que le paraphe d’un ALE entre les pays de l’UMA est un premier pas vers une intégration régionale.
- Finances News Hebdo : L’organisation du commerce extérieur a enregistré de grands changements au Maroc, avec notamment une redéfinition des missions de différents organismes relevant du ministère de tutelle. Quel bilan faites-vous des actions entreprises ?
- Abdellatif Maazouz : Globalement, je pense que nous avançons dans le sens souhaité. C’est d’abord un re-profilage des effectifs pour doter les différents organismes et le ministère de cadres spécialisés dans le domaine du commerce extérieur selon les établissements. Deuxièmement, de nouvelles règles de gouvernances ont été adoptées au niveau des différents organismes, à savoir la tenue des conseils d’administration de manière régulière. Et nous sommes en train de mettre la pression pour que les comités de gestion prévus se tiennent de manière régulière.
Le troisième élément à retenir sur ce volet organisationnel est que nous avons également pour objectif une spécialisation des organismes, chacun dans son domaine, pour éviter les chevauchement et compléter leur travail par de nouvelles missions, pour avoir plus de visibilité par rapport à notre commerce extérieur, ou par rapport aux actions marketing à mener, que ce soit auprès des opérateurs publics ou des opérateurs privés.
Nous sommes d’ailleurs en train de travail sur le projet de l’Observatoire du commerce extérieur (OBCE) qui va apporter sa pierre à la transformation du paysage du commerce extérieur.
Donc, globalement, les choses vont dans le bon sens. Nous avons, par rapport à nos objectifs, un peu de retard notamment à cause de procédures longues et la recherche de ressources humaines adéquates. Ce n’est pas toujours facile de résoudre l’équation entre l’exigence du poste qui demande des profils pointus et les moyens dont nous disposons en tant que secteur public.
- F.N.H. : Pour la préservation de nos équilibres extérieurs et des industries nationales, vous avez proposé le projet de loi sur la défense commerciale. Quelles sont les grandes lignes de cette loi ?
- A. M. : La loi est venue pour intégrer dans la réglementation nationale des dispositions qui sont suivies par l’OMC et qui sont prévues par nos engagements internationaux, qu’il s’agisse d’accords multilatéraux ou bilatéraux.
Ladite loi a passé la première étape dans la première chambre qui l’a votée à l’unanimité. Elle est actuellement à la Chambre des conseillers. Et elle sera discutée dès la prochaine rentrée parlementaire. Cette loi comprend trois types de mesures. Les premières sont des mesures de sauvegarde qui sont destinées à prémunir notre industrie nationale contre des importations massives de produits d’autres pays, même si ces produits sont importés dans des conditions loyales.
- F.N.H. : Dans quel cas cette mesure sera-t-elle mise en application ?
- A. M. : Il s’agit de produits qui, par leurs volumes et par leurs prix, peuvent constituer un danger pour l’industrie nationale. Cette mesure permet de donner à l’industrie nationale un délai qui peut s’étendre jusqu’à 10 ans et qui est défini par période de trois années, de manière à ce que l’industrie se mette à niveau si c’est une industrie jeune.
Le deuxième dispositif que comprend la loi sur la défense commerciale est l’antidumping. Cette mesure concernera les produits importés au Maroc à des prix inférieurs à ce qui est fait sur d’autres marchés, ainsi que les produits vendus à perte. C’est une concurrence déloyale !
Dans ce cas-là, le Maroc aura le droit de stopper l’importation de produits où du dumping a été constaté ou bien de mettre en place des droits, de sorte que le prix revienne à la normale. Ces droits de douane supplémentaires seront pris en charge par l’importateur et permettront d’aligner le prix du produit sur ce celui pratiqué par le marché.
- F.N.H. : Et quel est le troisième mécanisme prévu dans la loi sur la défense commerciale ?
- A. M. : Il s’agit, dans ce cas, de la mise en place de droits compensatoires contre les subventions ou produits subventionnés par des pays tiers.
En effet, ce mécanisme est destiné aux produits qui, dans leur processus de production, ont été subventionnés par les pays producteurs. Une fois ces produits arrivés au Maroc, ils suivront la même procédure que pour la mesure antidumping, à savoir que l’importateur devra payer un droit de douane supplémentaire qui sera l’équivalent de la différence du prix liée à la subvention fournie par l’Etat du pays exportateur.
Je tiens à préciser que cette loi n’a pas pour objectif de verser dans le protectionnisme, mais de couvrir le marché national contre les importations qui pourraient mettre en danger la production nationale ou concurrencer de manière déloyale d’autres produits.
- F.N.H. : L’AGO du CNCE a permis de présenter différents indicateurs économiques et les perspectives également. L’un des enseignements phares est que les pays ayant le mieux absorbé le choc de la crise sont ceux qui ont une large capacité d’intégration. Quand est-il de l’UMA ? Et le manque à gagner pour les économies du Maghreb ?
- A. M. : D’abord, le non-UMA a été évalué à deux points de PIB des pays de la région. Donc, il ne fait aucun doute que si la région était plus intégrée, il y aurait plus de valeur ajoutée aux produits dans cette zone. Et même en terme de destination des investissements, un marché de près de 100 millions de consommateurs est plus intéressant q’un autre de 30 ou de 15 millions.
Donc, c’est un manque à gagner en terme d’investissements et, par conséquent, en terme de croissance, avec tout ce que cela implique sur nos échanges avec le reste du monde et sur nos balances commerciales respectives.
D’autant plus que nos économies sont complémentaires à plusieurs égards, y compris la dimension quantitative de notre offre. Le fait d’être intégrées permettraient à des entreprises de se rapprocher, donc d’avoir la taille critique nécessaire d’aller à l’exploration vers des marchés de plus grande importance. Mais nous ne pouvons pas rester sur une note pessimiste. Je tiens, en effet, à souligner que lors de la dernière conférence des ministres du Commerce extérieur de l’UMA qui s’est tenue le mois dernier à Tripoli, nous sommes parvenus, avec les cinq pays de l’UMA, à parapher les composantes de l’ALE dans le cadre de la région. C’est l’une des pièces maîtresses de l’intégration économique de la région, et cette dernière est une étape nécessaire à l’intégration des cinq pays.


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