Des manœuvres militaires tripartites entre l'Iran, la Chine et la Russie battent leur plein en mer d'Oman et dans l'océan Indien, non loin du détroit d'Ormuz. Ce dernier, un étroit bras de mer où transitent le quart des exportations mondiales de pétrole est stratégique à plus d'un titre puisqu'également il est aussi une source de discorde entre les Etats-Unis et l'Iran. Ce détroit est sous les feux de l'actualité depuis le printemps dernier où plus d'une dizaine d'incidents impliquant des pétroliers et des drones y ont été signalés. Aussi, ces exercices navals militaires de quatre jours sont suivis de près par la plupart des protagonistes du coin, Oman qui le partage avec la République islamique et les voisins directs, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Emirats arabes unis et l'Irak. Mais pas que, puisque tous les yeux du monde y sont rivés notamment les Etats-Unis, l'Union européenne et surtout Israël qui n'en rate pas une pour décrier l'Iran. Ormuz, du nom de l'île iranienne en son nord, ce sont une centaine de pétroliers qui l'empruntent au quotidien sur ses deux voies navigables de 3,7 km de large entre Oman et l'Iran pour une profondeur de 60 mètres c'est dire si cette porte d'accès au Golfe arabo-persique est d'une importance extrême, stratégiquement au sens militaire le plus pur et économiquement parlant. Ces exercices, selon les responsables militaires iraniens « sont destinés à améliorer la coopération militaire entre les trois pays ». La Russie a dépêché trois navires quand la Chine a annoncé déployer pour l'occasion le Xining, un destroyer à missiles guidés. Beaucoup plus que des manœuvres grandeur nature c'est plus un signal de la Chine et de la Russie exprimant que l'Iran n'est pas isolé pour autant de ses misères. Car ces manœuvres interviennent dans un contexte de tensions entre Washington et Téhéran et dont le nucléaire en est la raison principale. D'ailleurs depuis que Donald Trump a décidé de retirer son pays de l'accord sur le nucléaire, la République des Ayatollahs en souffre économiquement au point d'en consommer une sérieuse crise sociale qui ô paradoxe trouve son origine dans le carburant. Le niveau des exportations iraniennes de pétrole, qui représentent 40 % du budget de l'Etat, s'est effondré au mois de juillet à 100.000 barils par jour, contre 2,5 millions en 2016. L'Iran un leader dans la production pétrolière et gazière ne peut hélas n'en vendre qu'à ses proches alliés dont la Chine et le détroit d'Ormuz vers cette dernière est un passage obligé d'où la délicatesse de la situation. Quand on sait que des navires américains y sont stationnés pas loin, ce passage maritime large de 40 kilomètres en son point le plus resserré et long de 50 kilomètres devient une véritable poudrière.