Oualid Sekkaki, un Belgo-marocain de 26 ans, en cavale depuis plus d'un mois s'est rappelé aux bons souvenirs des autorités pénitentiaires belges en leur envoyant une carte postale. « Salutations de Thaïlande », a écrit sur la carte, Oualid Sekkaki, d'après le quotidien flamand « Het Laatste Nieuws ». Oualid Sekkaki s'était évadé de la prison de Turnhout (Belgique), le 19 décembre dernier. Quatre autres détenus avaient pris la poudre d'escampette avec celui qui sûrement doit s'inspirer de son frère d'Ashraf Sekkaki, surnommé par les médias « le roi de l'évasion » pour s'être enfui de la prison de Bruges en hélicoptère en 2009. Moins sophistiquée que celle de son aîné cependant, la méthode que Oualid et ses quatre compliques est des plus classiques mais au demeurant efficace du moins pour notre bonhomme qui court toujours à des milliers de kilomètres de la paille de la prison de Turnhout. Ses compagnons d'évasion ont eu vite fait d'être repris par les autorités (trois en Belgique quelques heures après leur forfait et le quatrième aux Pays-Bas début janvier) tandis que Oualid Sekkaki prenait quant à lui la tangente vers d'autres cieux semble-t-il sans laisser de traces. Depuis c'était silence radio jusqu'à ce qu'il le rompe en se mettant à narguer l'administration pénitentiaire belge en lui envoyant ses plus « profondes salutations » accompagnées du badge avec ses nom et prénom qui lui permettait de s'identifier auprès des gardiens de prison où il séjournait. Sans évoquer le pays d'expédition, une porte-parole de l'administration pénitentiaire belge a confirmé la réception « d'un courrier » contenant effectivement le badge d'identification. « Hier la direction locale (de l'AP) a reçu un courrier envoyé par M. Sekkaki. Il y avait un message pour la direction et son badge », a déclaré la porte-parole, Kathleen Van De Vijver. Oualid Sekkaki purgeait une peine pour sa participation à une fusillade en Belgique à l'été 2015, selon la chaîne publique flamande VRT. Il est désormais visé par un mandat d'arrêt international. En Belgique, développe l'avocat Pierre Chomé, « un détenu ne peut pas être condamné pour s'être évadé, sauf dans le cas où il commettrait d'autres méfaits pour arriver à ses fins (violence, menace, vol, destruction de matériel, prise d'otage...). Dans ce pays, l'évasion est même considérée comme un « droit » : celui d'aspirer à la liberté. Cette législation belge s'explique par l'idée inspirée du XIXe siècle, en pleine vague de romantisme et d'expression post-révolutionnaire, qu'on ne peut demander à un homme de renoncer à sa liberté. Ainsi, de nombreux cas d'évasion « par ruse » n'engendrent aucune condamnation comme profiter d'une porte ouverte, de la distraction d'un gardien ou escalader les murs d'enceinte de l'établissement pénitentiaire.