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Publicité de médicaments : Une pratique illégale et un danger de santé publique
Publié dans Hespress le 06 - 12 - 2020

Dans une circulaire adressée aux pharmaciens inscrits aux tableau du Conseil régional des pharmaciens d'officines du Sud (CRPOS), les professionnels du secteur dénoncent la publicité illégale des médicaments, qui est en « contradiction flagrante avec la loi 17-04 » portant code du médicament et de la pharmacie.
« Nous avons contacté que des vidéos vantant les bienfaits de certains médicaments et produits pharmaceutiques circulent de plus en plus à travers les réseaux sociaux notamment, Whatsapp, facebook, Instagram, Tik tok, etc« , indique la circulaire signée par Saadia Motaouakkil, présidente du CRPOS.
La même source précise que dans ces vidéos, dont certaines figurent sur des chaînes Youtube, leurs auteurs véhiculent des informations et prodiguent des conseils pouvant mettre en danger la santé de citoyens.
Pire, ces séquences vidéos concernent même des médicaments appartenant aux Tableaux A et C, et il n'est pas rare que les auteurs de ces vidéos préconisent un usage hors AMM (autorisation de mise sur le marché), de certaines spécialités pharmaceutiques.
Jointe par Hespress Fr, la présidente du CRPOS, Dr. Saadia Motaouakkil, a dénoncé cette pratique illégale, notant que plusieurs sociétés et autres ont profité de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 pour commercialiser leurs produits, sans se soucier du danger que cela représente pour la santé publique.
« La loi est claire au Maroc à ce sujet. La publicité des médicaments est interdite. En plus c'est une forme d'incitation au mésusage des médicaments donc ça expose la santé des citoyens à un grand risque. C'est pour cela que nous avons jugé bon d'envoyer cette circulaire. Parce qu'il y a malheureusement quelques employés qui ne connaissent pas l'ampleur du problème« , explique t-elle.
La pharmacienne cite comme exemple le médicament Zénith qui est un anti-inflammatoire et qui fait l'objet d'une publicité, sachant que c'est un médicament qui est donné sur prescription d'un professionnel de la santé. Autre exemple cité par Dr. Motaouakkil concerne les maladies rhumatismales, qu'on peut commencer à traiter par du paracétamol et pas forcément un anti-inflammatoire.
L'ensemble de ces médicaments ont des règles très strictes par rapport à la prescription, souligne-t-elle, notamment par rapport à la pathologie et par rapport à chaque patient. Cependant, plusieurs médicaments sont prescrits aujourd'hui sur les réseaux sociaux. Chose qui est « inconcevable« , selon elle.
La présidente du CRPOS profite également de l'occasion pour parler de complément alimentaire en temps de pandémie. « Aujourd'hui, on fait de la publicité pour le Zinc et la vitamine C. On profite de la perturbation de stock, pour ne pas dire la pénurie au niveau des pharmacies, pour encourager l'utilisation de ces médicaments, et je souligne médicament, en parlant de complément alimentaire. Alors que la définition de ce dernier est contraire à la définition d'un médicament. À partir de certains dosages, de principes actifs, on parle de médicament. La vitamine C 1000 ou la vitamine C sont des médicaments qui sont vendus aujourd'hui partout, sur les plateformes de vente en ligne, dans les parapharmacies, dans les grandes surfaces. Et ce n'est pas normal« , dénonce-t-elle.
Tout médicament doit être autorisé par le ministère de la santé, précise Dr. Motaouakkil, notant qu'il y a une obligation d'AMM, des règles d'import, de fabrication, et des règles de dispensation. Tout doit rester dans le circuit légal défini dans la loi 17-04.
Par ailleurs, la pharmacienne se désole de la régression du Maroc en matière de circuit et de gestion des médicaments au niveau du continent africain. « Le Maroc était l'un des pays les plus sécurisés en matière de circuit de médicament et de gestion des compléments alimentaires, aujourd'hui nous sommes devenus pire que plusieurs pays africains. Ce n'est pas une insulte envers l'Afrique, mais on sait qu'au niveau du continent il y a énormément de contrefaçon, et de médicaments qui échappent au circuit légal. Et là malheureusement, on est en train de devenir pareil. L'Afrique est en train de combattre ce fléau, et nous, on est en train de régresser. En tant que professionnels de santé, ce n'est pas normale qu'on reste les mains liés« , confie-t-elle.
Autre point évoqué par la présidente du CRPOS, et auquel les citoyens ne font pas très attention, c'est le gel hydroalcoolique. Elle indique qu'il y a énormément de publicités pour ce produit, faisant observer qu'il est même vendu dans les magasins de sports.
Cela dit, la plupart des citoyens lambda, pour ne pas dire la majorité, ne considère pas le gel hydroalcoolique comme étant un médicament. Faux, nous affirme Dr. Moutaouakkil. « C'est un médicament. Il est défini par la loi 17-04. Et il y a la circulaire du ministère de la santé qui est sortie au début de la pandémie pour livrer des dérogations à certaines sociétés pour le fabriquer. Tout en précisant le circuit légal, à savoir fabriquant-grossiste-pharmacie« , explique-t-elle.
Au-delà du circuit légal défini par le ministère de la santé, on ne garantit plus la sécurité des citoyens, précise Dr. Motouakkil, qui se demande si cela n'a pas joué sur l'expansion de la pandémie. Pourquoi ? Selon la pharmacienne, « les citoyens achètent du gel n'importe où. Ils sont confiants, ils ont l'impression d'être protégés. Alors que le seul gel hydroalcoolique qu'on peut garantir c'est le produit du circuit légal« .
Elle se rappelle ainsi lorsqu'une société, qui a une dérogation, lui a fourni un gel qu'elle a pris la peine de vérifier. À sa grande surprise, le pourcentage d'alcool était « catastrophique« . Il était de 30% au lieu de 60 à 70%, précise-t-elle. Pour les professionnels de la santé, ils peuvent vérifier. Mais pour les autres commerçants, comment vont-ils savoir, s'interroge-t-elle. Des détails auxquels les citoyens ne prêtent pas attention, mais qui font toute la différence. Alors que le CRPOS a attiré l'attention du ministère de la santé et de l'industrie sur cette affaire
« Aujourd'hui, j'incrimine les sociétés qui ont eu des dérogations et qui ont été encouragées à livrer aux pharmacies. Mais quand on livre hors pharmacie, ces produits-là, qui les vérifie ? Qui les contrôle ? Parce que ces sociétés ont eu la dérogations sur la base d'un échantillon au début, mais que se passe-t-il après ? On contrôle bien les pharmacie mais est-ce qu'on contrôle le petit commerçant du coin, les grandes et moyennes surfaces, pour voir si la qualité est garantie ? Au final, pour le citoyen, il a acheté une solution hydroalcoolique », se désole Dr. Motaouakkil.
Les parties qui peuvent aujourd'hui intervenir pour mettre fin à cette pratique illégales sont les autorités publiques, souligne la pharmacienne, notamment le ministère de l'Intérieur et le ministère de la santé. D'ailleurs, le CRPOS a saisi ces deux ministères à travers des correspondances et réclamations en espérant que cela puisse changer les choses.


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