Après des divergences fondamentales avec Nabila Mounib du PSU et des objectifs non atteints, le député Omar Balafrej a jeté l'éponge. Il quitte le bureau politique de la Fédération de Gauche (FGD) et ne participera pas aux prochaines élections. Omar Balafrej, 47 ans, qui représentait ce nouveau souffle, cette énergie positive et ambitieuse dans un champ politique rigide, fermé, et surtout non représentatif de la jeunesse marocaine, a choisi de se retirer avec dignité à un moment où son projet n'a pas pu se concrétiser. Annoncé il y a déjà 6 mois dans la presse, son retrait de la vie politique intervient alors que son projet de fusion pour l'édification d'une grande fédération de gauche unifiée pour lequel il s'est engagé en 2015 n'a pas abouti à cause de blocages au sein des partis constitutifs de la gauche marocaine. En homme intègre, Omar Balafrej a expliqué qu'il ne pouvait pas se présenter à de nouvelles élections alors que son projet n'a pas pu aboutir. Ne voulant pas mentir aux Marocains, Omar Balafrej a choisi la voie de la sagesse et a eu beaucoup de courage, des qualités qui manquent aux politiques classiques marocains. Pourtant, malgré ces conditions qui ne sont pas réunies selon lui, la popularité du député de la circonscription de Rabat-Océan n'a pas baissé d'un iota au Maroc, et sa popularité auprès des jeunes Marocains reste intacte. Député qui force le respect par son sérieux et sa droiture, Omar Balafrej incarnait en effet, pour de nombreux Marocains, une voie parallèle, sincère, qui présentait de réelles propositions de changement au Maroc, une vision progressiste en phase avec les défis actuels. Et c'est cette fraicheur et cette sincérité que les jeunes Marocains ont vu chez le député de gauche, alors qu'ils avaient laissé tomber leur devoir politique, refusant de prendre part à un jeu faussé dès le départ renforcé par un sentiment de décalage entre leurs aspirations et celles de ceux qui sont censés les représenter. Si Omar Balafrej a annoncé son retrait de la vie politique à quelques mois de la tenue d'élections législatives par respect pour ses principes douchant les espoirs de la jeunesse marocaine, il n'a toutefois pas dit son dernier mot. Alors qu'il va retourner travailler dans l'entreprenariat, en encourageant les jeunes, il ne perd pas de vue ses ambitions citoyennes et politiques. En effet, même s'il a quitté le bureau politique, il est toujours membre du parti, et pourrait revenir sur la scène un jour ou l'autre, sans doute lorsque les conditions seront réunies.