Au Maroc, les prochaines élections se dérouleront dans un contexte national et mondial très particulier, caractérisé par des changements et mutations rapides, imposés par les crises sanitaires et climatiques, qui ont fait que les enjeux économiques, écologiques et sociaux sont devenus indissociables. Ces élections qui interviennent en préalable au lancement de la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement (NMD) qui a fixé l'ambition du Maroc d'ici 2035, représentent un événement crucial, pour le Royaume et l'avenir de ses générations futures, qui a opté pour la démocratie et la participation directe des citoyens à la gestion des politiques publiques. Dans ce contexte, un projet de livre blanc sur l'intégration systémique du changement climatique dans les politiques publiques du Maroc qui se veut un document de plaidoyer pour l'intégration du changement climatique dans les politiques publiques de développement du Maroc a été élaboré. Son auteur ? La société civile environnementale composée de l'alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD), du PNUD/4C, 4C Maroc (Centre de Compétences Changement Climatique) avec la coordination du collège « Société Civile et Organisations Non Gouvernementales du 4C ». Les militants environnementaux ont travaillé à la constitution d'un Livre Blanc : treize grands thèmes et plus d'une centaine de mesures. Ce document est un outil qui pourra venir enrichir les programmes des candidats, mais également accompagner les futurs élus dans les mandats qui arrivent. Il se veut, sous forme de recommandations à l'endroit des futures équipes régionales, départementales voire gouvernementales, C'est également une synthèse de propositions et attentes qui pourraient servir pour les prochaines élections. Ces organisations le mettront à la disposition des décideurs politiques au niveau central et territorial. Ce « livre blanc », est destiné à servir de socle pour les discussions avec les responsables et les acteurs nationaux, afin de promouvoir l'intégration structurée des axes de résilience climatique, de durabilité et d'inclusion dans les stratégies et politiques sectorielles, notamment en prévision des élections législatives prévues en 2021. Il aura pour objectifs de mettre les questions de lutte contre les changements climatiques, la perte de la biodiversité, et de préservation du capital naturel, et d'atteinte des objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 au cœur des politiques publiques et du futur programme gouvernemental. Il se voudra aussi un outil afin d'inscrire la durabilité, la résilience et l'inclusion au cœur du plan de relance économique et sociale post-crise du Covid19. Il devra aussi alerter les acteurs concernés sur la nécessité de repenser le processus de conception, de convergence et de mise en œuvre des politiques publiques en mettant la transition écologique, numérique, et énergétique au cœur des politiques et programmes nationaux et territoriaux. Il aura également pour ambition de consolider le leadership climatique international du Maroc en accélérant la mise en œuvre des agendas mondiaux par les différents acteurs : Gouvernement, parlement, conseils régionaux et communaux, secteur privé, etc. Pour élaborer ce « Livre blanc » plusieurs actions ont été engagées. On a tout d'abord, analysé les acquis et avancées des politiques climatiques du Maroc durant les dix dernières années ainsi que l'analyse des nouveaux engagements climatiques du Maroc à l'international. Puis on a diagnostiqué stratégiquement la gouvernance climatique, le degré d'intégration du risque climatique dans les politiques publiques et des contraintes de mise en œuvre. Une analyse des risques et opportunités liés aux tendances mondiales et aux enjeux des agendas mondiaux et aux plans de relance post-Covid19 ainsi que celle des principales orientations du NMD du Maroc d'ici 2035 sous le prisme climatique et environnemental, ont été réalisées et enfin on a proposé de pistes d'inflexions stratégiques et des recommandations prioritaires opérationnelles pour la période 2021-2026. Toujours à propos, du NMD à l'horizon 2035, on y propose, un nouveau référentiel de développement, comprenant doctrine, principes d'actions (impact citoyen et obligation de résultats...), engagements des acteurs et cadre de confiance et de responsabilité. Pour ancrer le NMD comme référentiel commun des acteurs et engager dans sa réalisation l'ensemble des forces vives, il est proposé de le traduire dans un « Pacte National pour le Développement » avec comme fonctionnalités : fixer l'ambition commune, énoncer les priorités et les objectifs nationaux, les principes d'action et le cadre de confiance et de responsabilité et les engagements des parties prenantes à œuvrer dans le sens du cap fixé et à appliquer les principes retenus. Ce mécanisme de suivi du NMD, d'impulsion des chantiers stratégiques et d'appui à la conduite du changement sera sous la haute autorité étatique. A cet effet, des visioconférences sont organisées par l'AMCDD depuis hier jeudi et jusqu'à dimanche 8 aout 2021, afin de présenter, le document de référence de plaidoyer, les positions-papiers des thèmes sectoriels élaborées par les commissions thématiques nationales de l'Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (la démocratie participative, l'intégration des thématiques, les villes durables, le littoral, l'eau, l'énergie, le climat, la biodiversité…).