L'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active en Colombie, a donné une preuve de vie d'un ingénieur colombien, enlevé il y a dix mois à la frontière avec le Venezuela, ont rapporté, mardi, les médias locaux. Un enregistrement vidéo a été remis par l'ELN à la famille de Rafael Andrés Riaño, qui travaillait pour l'entreprise Ismocol, spécialisée dans la construction et la maintenance d'infrastructures pétrolières, ont précisé les mêmes sources. Dans cette vidéo, l'ingénieur demande à ses proches d'être patients, tout en « implorant Dieu de voir sa libération intervenir bientôt », a rapporté la presse locale. Il s'agit de la première preuve de vie de l'ingénieur, qui a été enlevé le 13 janvier dernier dans les bureaux d'Ismocol, dans la municipalité de Saravena, relevant du département d'Arauca (extrême nord). Le rapt a été attribué à Gustavo Anibal Giraldo Quinchía, alias « Pablito », commandant de l'ELN dans la région, qui fait l'objet d'une notice rouge émise à son encontre par Interpol, à la demande des autorités colombiennes, pour enlèvement aggravé, homicide aggravé et vol qualifié et aggravé. Le président colombien de droite Iván Duque, qui a pris ses fonctions le 07 août dernier, a conditionné la reprise des pourparlers de paix avec l'ELN, suspendus depuis plus de trois mois, à la libération par ce groupe armé de tous les otages et à la fin de ses « activités criminelles ». Le gouvernement de l'ancien président Juan Manuel Santos et l'ELN avaient tenu plusieurs rounds de pourparlers d'abord à Quito (Equateur) et ensuite à La Havane (Cuba), entre février 2017 et juillet 2018, sans parvenir à aucun accord de cessez-le-feu, première étape en vue d'avancer vers la conclusion d'un accord de paix définitif. Classée par le département d'Etat américain sur la liste des organisations terroristes internationales, l'ELN disposerait de 1.500 à 1800 combattants, selon des estimations officielles.