Depuis octobre 2024, la gestion du réseau d'assainissement liquide de la région Souss-Massa a été confiée à la SRM-SM. Pour mener à bien ses nouvelles missions, cette dernière prévoit l'élaboration d'un schéma directeur d'assainissement liquide (SDAL) couvrant six préfectures et provinces, d'Agadir à Tata, en passant par Taroudant et Tiznit. Un projet colossal, qui mobilisera des compétences pointues et qui devra coordonner ses travaux avec les schémas directeurs de l'eau potable et de l'électricité. La région Souss-Massa connaît une urbanisation rapide, une pression croissante sur les ressources en eau et des besoins en matière de dépollution et de protection contre les inondations. Avec le transfert de la compétence «assainissement liquide» aux sociétés régionales multiservices, la Société régionale multiservices Souss-Massa (SRM-SM) doit désormais planifier, gérer et développer les réseaux d'eaux usées et pluviales sur un vaste territoire. C'est dans ce cadre qu'elle entend doter la région d'un Schéma directeur d'assainissement liquide (SDAL). Pour cela, une étude sera menée par un bureau d'études (ingénieur conseil) qui devra exécuter cinq grandes missions, de la collecte de données à l'étude de recouvrement des coûts. En tout cas, l'aire d'étude couvre six préfectures et provinces (Agadir Ida-Outanane, Inezgane-Ait Melloul, Chtouka-Ait Baha, Taroudant, Tata et Tiznit). Elle inclut les villes, les centres urbains, les chefs-lieux des communes rurales, ainsi que les douars et sous-douars qui pourront être raccordés à des systèmes collectifs ou autonomes. Il est à rappeler que la SRM-SM exploite actuellement plus de 4.000 km de réseaux, 71 stations de relevage et 19 stations d'épuration (STEP), dont certaines de grande capacité comme M'Zar (144 000 m3/j). L'étude devra ainsi également tenir compte des ouvrages encore gérés par des tiers et progressivement transférés. Cinq étapes pour une vision intégrée Le chantier est studieux et très technique. A elle seule, l'étude se déroulera en plusieurs missions, découpées par sous-missions et par territoire (chaque préfecture/province fera l'objet d'un traitement spécifique, avant une synthèse régionale). Les délais d'exécution varient de deux à six mois par sous-mission, avec un calendrier global qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois. Il faudra, de prime abord, rassembler toutes les données disponibles (plans, bilans, études antérieures) et les analyser. Il s'agira aussi de diagnostiquer les stations de pompage, les déversoirs d'orage, les STEP, les rejets industriels et les réseaux de réutilisation des eaux épurées. Sur cette base, les projections de débits d'eaux usées et pluviales à l'horizon 2030, 2045 et 2055 seront établies. Les critères de dimensionnement des ouvrages seront également définis et le potentiel de réutilisation des eaux traitées (espaces verts, agriculture, industrie) évalué. Parmi les diverses missions, figure aussi la définition d'un programme prioritaire, sur la base des diagnostics, et ce, afin de résoudre les problèmes critiques (points noirs, dysfonctionnements majeurs). Arrivée l'étape du Schéma directeur (pour les horizons 2045 et 2055), à proprement dit, plusieurs variantes d'extension, de renforcement et de restructuration des réseaux seront étudiées, y compris le traitement des eaux pluviales et la protection contre les inondations. La solution optimale sera définie et un programme annuel d'investissements sera tracée de même que sera définie une politique de renouvellement des ouvrages (en fonction de l'âge et des matériaux). Notons qu'une stratégie de dépollution industrielle sera intégrée et une analyse environnementale détaillée sera réalisée. Dernière étape : l'étude de recouvrement des coûts, menée en coordination avec les études des schémas directeurs d'eau potable et d'électricité, et qui vise à évaluer la viabilité financière des investissements et de l'exploitation. Il est utile de souligner que les analyses démographiques et de développement urbain seront réalisées dans le cadre du schéma directeur d'eau potable (SDEP). De manière globale, le défi majeur de ce projet sera d'améliorer le taux de raccordement (objectif de 95% en milieu urbain, 80% en milieu rural), réduire la pollution rejetée dans le milieu naturel (plus de 90% de dépollution visée), éliminer les points noirs d'inondation et valoriser les eaux usées traitées. Et pour cause, la région Souss-Massa, avec ses plaines agricoles, son littoral touristique et ses nappes phréatiques vulnérables, a tout à gagner d'un assainissement performant. L'étude de schéma directeur, qui s'étendra probablement sur plusieurs mois (voire années), posera les bases d'un investissement pluriannuel de plusieurs centaines de millions de dirhams. Sami Nemli / Les Inspirations ECO