L'Union nationale des administrateurs marocains (UNAM) s'apprête à observer deux jours de grève ces 14 et 15 novembre. Les administrations et établissements publiques, les collectivités territoriales et les chambres professionnelles sont concernés par cet appel. Explications. L'Union nationale des administrateurs marocains (UNAM) entame un nouveau rapport de force avec le gouvernement. Le syndicat regroupant les fonctionnaires des administrations et établissements publiques, des collectivités territoriales et des chambres professionnelles ont publié ce mardi 13 novembre un communiqué annonçant « une grève de 48 heures pour dénoncer l'approche d'exclusion et de discrimination adoptée par le gouvernement à l'encontre de l'ordre des administrateurs et qui entrave délibérément le dialogue social en présentant une offre misérable ». Les mots sont durs, autant que le risque de blocage de service, notamment dans les établissements publics et dans les collectivités locales ayant un contact direct avec les citoyens. Présidente de l'UNAM, Fatima Benaddi a déclaré à Hespress que « la grève s'inscrit dans le cadre du programme de lutte entrepris depuis sept ans, et qui vise à mettre en œuvre une justice salariale dans le système administratif, via l'application du principe de l'égalité de rémunération pour un travail égal, des certificats et des spécialisations ». La syndicaliste ajoute que « l'UNAM est à la recherche d'un système juste et équitable pour le cheminement de carrière des fonctionnaires, Mais les gouvernements précédent et actuel ont ignoré ces demandes de manière inexpliquée, sans aucune prise en considération du Chef du gouvernement, bien que le ministre de la Fonction publique ait déjà formulé de nombreuses promesses qui n'ont pas été concrétisé ». Les oubliés du 26 avril 2011 L'Union ne cesse d'évoquer l'accord du 26 avril 2011, conclu par le gouvernement El Fassi avec les centrales syndicales dans le contexte du Mouvement du 20 Février. C'est le dernier accord en date entre les deux parties. « L'ordre des administrateurs a été exclu de cet accord en dépit de la signature par le gouvernement d'un PV l'engageant à répondre à nos demandes. Nous vivons également cette exclusion au sein de l'administration, contrairement aux cadres techniques et ceux de la santé », rapporte Fatima Benaddi. Mais que demande l'UNAM en fin de compte ? « Ni une augmentation des salaires ni des privilèges », rétorque sa présidente, « seulement, l'égalité au sein de l'administration », souligne-t-elle. « Bien que le Maroc ait ratifié plusieurs conventions internationales dans ce domaine, il est incongru que le Chef du gouvernement et le ministre chargé de la fonction publique reconnaissent le désavantage de notre catégorie, à cause du ministère des Finances, qui prétend que le coût du règlement de notre dossier est élevé, ce qui n'est pas le cas pour les autres catégories de fonctionnaires », signifie l'interlocutrice de Hespress. A en croire le communiqué annonçant la grève de demain et d'après-demain, l'UNEM « prépare une escalade avec l'organisation de la huitième marche nationale en décembre prochain, en plus des sit-in nocturnes devant les sièges des ministères de tutelle ». Notons que l'organisation syndicale a également évoqué dans son communiqué la polémique de maintien par le gouvernement El Othmani de l'heure d'été (GMT +1) en période d'hiver, « contre la volonté des citoyens ».