En accord avec le traité fondateur de Marrakech 1989 et sur proposition du président tunisien Kaïs Saïed, l'Union du Maghreb Arabe a nommé le diplomate tunisien de carrière, Tarek Ben Salem, comme nouveau secrétaire général de l'Union du Maghreb Arabe (UMA). Il succède à Taïeb Baccouche, dont le mandat est a expiré en août 2022 et marqué par des différends avec l'Algérie. Cette nomination, approuvée par les dirigeants des pays membres, vise à relancer l'union, en proie à des tensions internes. Espoirs de réforme ? Ben Salem, âgé de 64 ans, commencera ses fonctions le 1er juin. Sa nomination suit les règles du traité de Marrakech. Diplômé en affaires étrangères, Ben Salem a notamment été ambassadeur en Russie en 2019. Cette nomination intervient après une crise entre l'Algérie et Taïeb Baccouche, qui avait désigné la Marocaine Amina Salmane comme représentante permanente de l'union auprès de l'Union africaine, suscitant des accusations de partialité de la part de l'Algérie. Tout dernièrement, il y a de cela cinq semaines le 22 avril, faut-il le rappeler, une réunion tripartite (Tunisie, Algérie, Libye), consacrée à l'examen du projet algérien du Maghreb sans le Maroc s'était tenue à Tunis sans le Royaume ni la Mauritanie, d'où un certain scepticisme quant au mandat de Ben Salem qui aura à traiter de lourds dossiers dont évidemment celui du Sahara marocain. Nouveau départ ? Ce changement de leadership est salué par des politiciens maghrébins qui y voient une opportunité de surmonter les obstacles entravant l'union. L'ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, a qualifié cette nomination de nécessaire, soulignant les compétences diplomatiques de Ben Salem et son engagement envers l'idéal maghrébin. Il a cependant reconnu les défis posés par l'Algérie, tout en insistant sur la nécessité de combler ce vide institutionnel. Défis à relever Pour Ahmed Ould Abid, vice-président du parti mauritanien « El-Sawab », cette nomination est cruciale pour revitaliser l'union, essentielle face aux défis globaux. Il a insisté sur les ressources et les potentialités des pays maghrébins pour devenir un bloc régional influent. Ould Abid a notamment souligné que la priorité de Ben Salem devrait être de rendre l'union opérationnelle, tout en abordant des dossiers sensibles comme celui du Sahara marocain, pour lequel Rabat a déjà pris des mesures importantes. Besoin de renouveau Un responsable libyen proche du Conseil présidentiel a commenté que ce renouvellement à la tête de l'union est vital pour aborder les crises régionales, comme l'extension des groupes terroristes et les conflits civils. Le rôle de l'Union du Maghreb Arabe a été largement absent dans des crises comme celle en Libye, et ce changement pourrait renforcer son implication. L'union est perçue comme un acteur potentiel pour stabiliser la région, une nécessité face à des défis que les États maghrébins ne peuvent plus, désormais, ignorer individuellement.