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Corruption dans la santé au Maroc : Vers une mobilisation collective et internationale
Publié dans Hespress le 17 - 06 - 2025

À l'occasion d'un atelier organisé à Rabat les 17 et 18 juin sur les risques de corruption dans le secteur de la santé, Mohamed Benalilou, président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), a exposé les principales vulnérabilités du système de santé au Maroc. Intitulé « Les risques de corruption dans le secteur de la santé : chaîne de valeur des produits médicaux et secteur médical privé », cet événement vise à amorcer une réflexion collective sur les pratiques à risque et les dispositifs à renforcer pour mieux encadrer le secteur.
Dans une allocution prononcée devant un parterre d'experts, de représentants d'institutions publiques, de membres de la société civile et d'acteurs du secteur de la santé, Benalilou a rappelé que la corruption dans les systèmes de santé est considérée, selon l'Organisation mondiale de la santé, comme l'un des « risques systémiques » qui freinent la réalisation des Objectifs de développement durable. Il a cité à cet égard les estimations de Transparency International, selon lesquelles « 7 % des dépenses mondiales de santé sont perdus à cause de la corruption ».
© Mounir Mehimdate
Dans son discours, Benalilou a salué la diversité des participants, soulignant que cet atelier visait à instaurer « un espace de dialogue rigoureux, de débat approfondi et d'expression sincère d'une volonté commune », afin d'examiner collectivement les zones d'ombre du système de santé national.
« Le débat sur la corruption dans le secteur de la santé ne concerne pas des dysfonctionnements isolés, mais la manière dont nous gérons la vie humaine elle-même, un droit fondamental, non négociable », a-t-il déclaré.
Partant du constat que les citoyens considèrent la santé comme l'une de leurs principales préoccupations, Benalilou a rappelé les conclusions de l'enquête menée par l'INPPLC, selon laquelle de nombreux citoyens signalent des obstacles liés à la corruption, à la qualité des soins, à l'opacité des procédures, et même à des discriminations dans l'accès aux traitements.
©Mounir Mehimdate
L'Instance nationale a décidé de lancer ses travaux à travers deux axes jugés prioritaires à savoir la chaîne de valeur des médicaments et des produits médicaux, d'une part, et le secteur médical privé, d'autre part.
« La chaîne de valeur des produits médicaux reste vulnérable aux risques de falsification, de favoritisme et de corruption, malgré les efforts consentis », a expliqué Benalilou. Quant au secteur privé, son essor rapide s'est accompagné de failles réglementaires et d'un manque de mécanismes de contrôle, « créant parfois un terreau favorable à des pratiques telles que la facturation fictive ou les interventions médicales non nécessaires ».
Le président de l'INPPLC a annoncé que la prochaine phase de ce chantier se penchera sur le « parcours du patient », comme troisième volet structurant.
©Mounir Mehimdate
Un engagement collectif
Benalilou a insisté sur l'importance d'aborder la problématique de la corruption non seulement sous un angle moral ou juridique, mais également structurel et institutionnel. « La corruption dans le secteur de la santé n'est pas toujours le fait d'actes individuels. Elle est aussi le reflet d'une vulnérabilité des systèmes, avec ses manifestations bien connues : gouvernance faible, manque de transparence, insuffisance des mécanismes de contrôle, conflits d'intérêts », a-t-il précisé.
« Ce que nous faisons aujourd'hui ne consiste pas uniquement à dresser une cartographie des risques, mais à construire une immunité institutionnelle durable. De même que le corps humain résiste aux virus grâce à une immunité biologique, le système de santé affronte la corruption avec une immunité politique, institutionnelle et participative », a-t-il affirmé.
©Mounir Mehimdate
Benalilou n'a pas manqué d'insister sur la nécessité de formuler, à l'issue de cet atelier, des recommandations concrètes. « Nous devons passer d'une phase de diagnostic à une phase d'engagement, où nous pouvons proposer des solutions précises, des trajectoires claires de changement », a-t-il lancé.
Au terme de son allocution, le président de l'INPPLC a adressé ses remerciements appuyés au ministre de la Santé et de la Protection sociale pour son implication « totale » dans le projet. Il a salué un « engagement politique affirmé » qui intègre la lutte contre la corruption dans une vision de réforme globale du secteur, fondée sur la bonne gouvernance, la valorisation du capital humain et l'amélioration de l'offre de soins.
Il a également salué la présence active des représentants de la société civile, dont l'engagement « n'est pas symbolique, mais le reflet d'une conviction partagée », rappelant à cette occasion les propos du Roi Mohammed VI, dans son discours du 30 juillet 2016 : « La lutte contre la corruption est une cause de l'État et de la société [...], par le rejet de ses pratiques, la dénonciation de ses auteurs et l'éducation à s'en éloigner, dans le respect des valeurs d'intégrité, de probité et de dignité ».
Benalilou a conclu son discours sur une note d'espoir et de mobilisation en soulignant que « les efforts collectifs peuvent faire de la prévention contre la corruption non pas un simple engagement légal, mais un indicateur d'efficacité des politiques publiques, et un fondement d'un système de santé juste, équitable, et respectueux de la dignité des citoyens ».
D'autre, Sjur Larsen, ambassadeur de Norvège au Maroc, qui a participé à l'ouverture de cet atelier qui se poursuit jusqu'au 18 juin, a exprimé son soutien à cette initiative.
« C'est un réel plaisir d'être présent aujourd'hui à l'ouverture de ce séminaire de deux jours dédié à la lutte contre la corruption dans le secteur de la santé. Organisé par le Centre anti-corruption basé dans ma ville natale de Bergen, en Norvège, cet événement témoigne d'une belle collaboration entre tous les acteurs concernés. Du côté marocain, cette initiative représente une étape importante pour renforcer la lutte contre la corruption dans un secteur aussi essentiel que la santé. Nous espérons qu'au terme de ces deux jours, les experts auront pu partager leur riche expérience et contribuer ainsi efficacement à ce combat », a-t-il souligné.


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