Alors que les transformations politiques autour de l'unité territoriale du Royaume s'accélèrent, notamment en ce qui concerne la consécration du langage des résolutions du Conseil de sécurité et la primauté du plan d'autonomie comme cadre le plus sérieux et crédible pour mettre fin au conflit artificiel sur le Sahara, le Front Polisario continue de miser sur des cartes dépassées, à commencer par le « plan de règlement onusien-africain ». Selon des observateurs, ce document est désormais réduit à un simple dossier d'archives, tandis que la boussole de la communauté internationale s'oriente vers des solutions concrètes, loin des cycles répétitifs de plans dépassés. Dans un communiqué, ce qui se présente comme le « gouvernement sahraoui » a exprimé « la disposition du Front Polisario à s'engager de manière constructive et positive dans le processus de paix parrainé par l'ONU au Sahara », tout en affirmant que « le plan de règlement conjoint des Nations unies et de l'Organisation de l'unité africaine, accepté par les deux parties — le Front Polisario et le Maroc — en 1988, et ratifié à l'unanimité par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 658 (1990) et 690 (1991), constitue le seul accord pratique et raisonnable fondé sur le consensus des deux parties pour parvenir à une solution pacifique, juste et durable ». Un document dépassé et sélectivement séparatiste Mohamed Atif, professeur de relations internationales à l'Université Chouaib Doukkali d'El Jadida, estime que « le plan de règlement de 1988 n'est plus qu'un document obsolète ayant perdu toute son efficacité pratique, dépassé par les évolutions politiques et les décisions onusiennes ultérieures qui soulignent la nécessité d'un règlement politique réaliste et durable ». Il ajoute que « l'insistance du Polisario sur ce plan aujourd'hui n'est qu'une tentative désespérée de raviver un projet politiquement mort, qui ne fait que prolonger le conflit et accentuer la souffrance des populations retenues à Tindouf ». Selon lui, « le caractère sélectif du Polisario, qui se réfère à de vieilles résolutions tout en ignorant les décisions récentes saluant l'initiative d'autonomie marocaine, révèle un échec politique total. Ce comportement constitue une manipulation délibérée de l'opinion publique internationale et une tentative de figer le débat à une étape irréalisable, consolidant l'immobilisme politique et éloignant le mouvement séparatiste de toute solution réaliste au conflit ». Le professeur souligne également que « l'accroissement du rôle du Maroc en Afrique — sur les plans économique, diplomatique et sécuritaire — a privé le Polisario de tout pouvoir d'influence et l'a isolé politiquement. Le Maroc s'impose aujourd'hui comme un partenaire stratégique du continent, faisant de l'initiative d'autonomie le cadre le plus sérieux et réaliste pour résoudre le conflit, tandis que l'entité fictive reste un outil inefficace aux mains de l'Algérie, sans légitimité réelle ni vision future ». Atif conclut que « l'Algérie porte la responsabilité directe de la persistance de la crise, car elle soutient politiquement, financièrement et militairement l'entité séparatiste et tente d'imposer son agenda au détriment des droits du Maroc et des intérêts communs africains. Poursuivre cette approche hostile, à mon avis, accroît les tensions et entrave la stabilité régionale, tandis que la solution marocaine d'autonomie demeure le seul moyen réaliste de mettre fin au conflit artificiel et d'assurer sécurité et développement dans la région ». Une application impossible et une stratégie de survie Jouad El Qasmi, chercheur en relations internationales et droit international, affirme que « le plan de règlement de 1988 n'est plus aujourd'hui une référence effective ou pratique. Bien qu'il n'ait pas été officiellement abrogé, les événements politiques et les résolutions ultérieures du Conseil de sécurité l'ont dépassé, le rendant obsolète. Son impossibilité de mise en œuvre et le profond désaccord sur l'identité des électeurs entre le Maroc et le Polisario l'ont rendu cliniquement mort, et les preuves ont démontré son inapplicabilité sur le terrain, comme l'a reconnu l'ONU elle-même, lorsque James Baker, architecte du processus onusien, a admis son impossibilité de mise en œuvre ». Le chercheur précise que « cette position est soutenue par le langage et les résolutions du Conseil de sécurité, notamment lors de la présentation par le Maroc de son plan d'autonomie en 2007 », notant « qu'il n'y a plus aucune référence à l'organisation d'un référendum comme objectif direct et que de nouveaux termes reflètent une réalité différente, tels que solution politique, réaliste et pratique fondée sur le consensus. Ce sont des indications claires que le référendum n'est plus réaliste et appartient désormais aux archives du conflit », a-t-il ajouté. El Qasmi précise que « le caractère sélectif du Front et son attachement aux vieilles résolutions, en ignorant les décisions et événements récents, constituent une stratégie visant à maintenir sa présence et sa légitimité », notant que le fait « d'abandonner le plan équivaudrait à renoncer à l'objectif même pour lequel le Polisario a été créé et donc à perdre la justification de son existence en tant que 'mouvement de libération', comme il le prétend ». « Reconnaître les décisions onusiennes modernes revient également à admettre que la communauté internationale a dépassé l'idée d'un référendum classique et considère désormais l'autonomie comme une solution sérieuse. C'est un aveu de défaite diplomatique que le Polisario ne peut supporter face aux populations des camps et à son soutien, l'Algérie, qui a fondé sa diplomatie pendant des décennies sur un principe dépassé par le temps », ajoute-t-il. Il conclut que « cette politique du Polisario n'est ni ignorance ni malentendu, mais une nécessité politique de survie. Ils s'accrochent au passé parce que le présent et l'avenir ne servent pas leur agenda ». El Qasmi souligne également que « le retour du Maroc à l'Union africaine en 2017 a eu un effet dévastateur sur la capacité du Front à promouvoir l'ancien plan de règlement. Alors que l'UA avait été un terrain favorable au Polisario et à ses soutiens, le retour du Maroc a transféré le combat à l'intérieur de l'organisation, amorçant le démantèlement du soutien traditionnel dont le Front bénéficiait en Afrique. De nombreux États ont modifié leur position et retiré leur reconnaissance à l'entité supposée ». Enfin, El Qasmi conclut que « les politiques de ces pays sont désormais davantage pragmatiques que fondées sur l'idéologie de la guerre froide, accordant la priorité au développement économique, à la sécurité alimentaire et à la lutte contre le terrorisme, des domaines dans lesquels le Maroc a démontré être un partenaire fiable et actif ».