DR ‹ › Farah, une Marocaine de 21 ans, affirme avoir été expulsée des Etats-Unis malgré l'obtention d'une ordonnance de protection d'un juge de l'immigration américain. Elle a d'abord été envoyée au Cameroun, puis renvoyée au Maroc, pays qu'elle a quitté après que sa famille a découvert son homosexualité. Elle a déclaré à l'Associated Press avoir été battue par sa famille et par les proches de sa compagne, lorsqu'ils ont découvert leur relation. Chassée de chez elle, elle s'est enfuie dans une autre ville. Mais sa famille l'aurait retrouvée et aurait «tenté de la tuer». Farah et sa compagne ont décidé de fuir d'abord vers le Brésil. Elles ont traversé six pays pendant plusieurs semaines, pour atteindre la frontière américaine, où elles ont demandé l'asile au début de 2025. Farah a déclaré avoir été détenue pendant près d'un an en Arizona et en Louisiane. Ayant été refusée l'asile, la jeune femme a reçu une ordonnance de protection en août 2025 d'un juge de l'immigration américain, qui a statué qu'elle ne pouvait pas être expulsée vers le Maroc, où sa vie en danger. Sa compagne, elle, a été expulsée après un refus l'asile et de protection. Quelques jours avant une audience sur sa libération, Farah a dit avoir été menottée par les agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) et placée dans un avion à destination du Cameroun, un pays où elle ne s'est jamais rendue. Arrivée à destination, elle a été détenue dans un centre à Yaoundé. «Ils m'ont demandé si je voulais rester au Cameroun. Je leur ai dit que je ne pouvais pas rester et risquer ma vie dans un endroit où je serais encore en danger», a-t-elle déclaré. Elle a finalement été renvoyée au Maroc. Le Cameroun fait partie d'au moins sept pays africains qui ont accepté des expulsés de pays tiers en provenance des Etats-Unis. Pour sa part, l'avocate en immigration Alma David a déclaré à l'AP que huit personnes expulsées lors du vol de janvier vers le Cameroun, dont Farah, avaient pourtant reçu des ordonnances de protection. De retour au Maroc, Farah dit lutter contre la stigmatisation et la peur.