Les évolutions rapides au Venezuela relancent les interrogations sur un possible retour en force de sa production pétrolière sur les marchés mondiaux, dans un contexte d'offre déjà abondante et de prix à la baisse. Pour l'Algérie, dont les équilibres économiques demeurent étroitement liés aux hydrocarbures, ces recompositions géopolitiques pourraient accentuer les pressions budgétaires, affaiblir sa marge de manœuvre au sein de l'OPEP et exposer davantage ses finances publiques à la volatilité des cours. Les développements récents au Venezuela suscitent de fortes interrogations sur leurs effets potentiels sur le marché pétrolier mondial. Au-delà du choc politique, ces événements ravivent les craintes d'un rééquilibrage brutal de l'offre mondiale de pétrole, avec des répercussions directes pour les économies fortement dépendantes des hydrocarbures, au premier rang desquelles figure l'Algérie. Le principal enjeu réside dans le retour rapide et massif du pétrole vénézuélien sur les marchés internationaux. Longtemps pénalisée par les sanctions, le sous-investissement et la dégradation de ses infrastructures, la production du Venezuela reste aujourd'hui inférieure à 1 million de barils par jour, loin de son potentiel historique. Un changement de cadre politique, associé à une implication directe ou indirecte des grandes compagnies pétrolières américaines, pourrait accélérer la remise à niveau du secteur et ouvrir la voie à une hausse significative de l'offre à moyen terme, sous supervision occidentale. Ce scénario intervient dans un contexte déjà défavorable pour les pays exportateurs. Les marchés pétroliers évoluent sous la contrainte d'une demande mondiale modérée, d'une montée en puissance des producteurs hors OPEP+ et d'anticipations de surplus structurel. Le fait que les prix du Brent soient restés orientés à la baisse, autour du seuil sensible des 60 dollars le baril, malgré l'ampleur géopolitique des événements au Venezuela, est interprété par de nombreux analystes comme un signal révélateur : le marché anticipe davantage une recomposition de l'offre qu'un choc de rareté. Pour l'Algérie, ce niveau de prix constitue une zone de vulnérabilité critique. Les hydrocarbures représentent toujours l'essentiel des exportations, une part déterminante des recettes budgétaires et la principale source de devises. Une baisse durable des cours en dessous de ce seuil réduirait mécaniquement la capacité de l'État à financer ses dépenses publiques, à soutenir les transferts sociaux et à contenir le déficit budgétaire, dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations. L'impact se ferait également sentir sur les équilibres extérieurs. Un recul des recettes pétrolières pèserait sur la balance commerciale et accélérerait l'érosion des réserves de change, exerçant une pression supplémentaire sur la stabilité du dinar. Ce risque est d'autant plus élevé que l'économie algérienne demeure faiblement diversifiée et peu intégrée aux chaînes de valeur internationales hors secteur énergétique. Au-delà des finances publiques, la recomposition en cours menace aussi la position de l'Algérie au sein de l'OPEP. L'émergence d'un axe énergétique entre Washington et Caracas affaiblirait la capacité de l'organisation à réguler le marché, au profit d'une offre accrue échappant aux mécanismes de quotas. Dans un tel scénario, l'OPEP+ pourrait être contrainte de réduire à nouveau ses niveaux de production pour soutenir les prix, exposant l'Algérie à une double contrainte : produire moins tout en vendant à des prix plus bas. Les perspectives avancées par plusieurs institutions financières internationales, dont certaines banques d'investissement qui tablent sur des prix durablement inférieurs à 60 dollars le baril à l'horizon 2026, renforcent ce diagnostic. Dans un environnement énergétique marqué par des chocs géopolitiques asymétriques et une concurrence accrue, l'Algérie se retrouve face à une équation délicate, où chaque évolution du marché pétrolier mondial se traduit presque instantanément par un risque macroéconomique interne.