La relation entre la Commission nationale des médecins, pharmaciens et médecins-dentistes internes et résidents et le ministère de la Santé et de la Protection sociale s'est profondément détériorée. Dans un communiqué au ton alarmant, l'instance représentative des internes et résidents du secteur de la santé estime que le dialogue avec le département de tutelle est désormais « entré dans une impasse », dénonçant dans un communiqué, une « fermeture unilatérale de la porte du dialogue » imputée au ministère. Une attitude jugée « incompréhensible et dénuée de sens des responsabilités », d'autant plus qu'elle intervient, selon la Commission, dans un contexte sectoriel qualifié de sensible, marqué par de fortes attentes et des tensions persistantes au sein des établissements de santé. Au cœur des griefs figure la question des droits financiers. La Commission révèle que des centaines d'internes et de résidents n'ont toujours pas perçu leurs dus financiers ni leurs indemnités de mission depuis plus de dix mois. Une situation prolongée qui, alerte-t-elle, a fini par « menacer leur stabilité sociale », alors même que ces professionnels assurent des missions essentielles au fonctionnement des structures hospitalières. Le malaise dépasse cependant la seule dimension matérielle. L'organisation fait état d'un « climat de flou » généralisé parmi les internes, nourri par « l'absence d'un calendrier clair pour les réformes annoncées » et par le « manque de garanties réelles quant à la préservation de leurs acquis historiques ». Autant d'éléments qui, selon elle, alimentent l'incertitude et l'inquiétude quant à l'avenir du statut des internes et résidents. À cela s'ajoutent des dysfonctionnements persistants dans le versement des indemnités de garde. La Commission fait état de retards pouvant atteindre, dans certains centres hospitaliers, jusqu'à deux années. Une situation qualifiée sans détour de « grave échec administratif », traduisant, selon le communiqué, l'incapacité de l'administration à gérer des dossiers pourtant récurrents et bien identifiés. Face à ce constat, la Commission nationale ne cache pas son exaspération. Elle fustige l'« obstination » du ministère à maintenir ce qu'elle décrit comme une « politique de l'oreille sourde », tout en pointant l'absence d'une volonté réelle de régler les dossiers en suspens. Pour l'instance représentative, la réussite de toute réforme du secteur reste conditionnée à une implication effective des professionnels concernés, estimant que leur participation à l'élaboration des décrets touchant à leur avenir constitue « la seule voie pour garantir la réussite de toute réforme sectorielle ». Enfin, la Commission nationale appelle l'ensemble de ses associations locales à convoquer des assemblées générales d'urgence. Objectif affiché : examiner les « formes de lutte escaladées » susceptibles d'être engagées pour faire face à ce qu'elle qualifie de « politique de marginalisation et d'exclusion ». Tout en laissant planer la perspective d'une mobilisation accrue, elle réaffirme que le dialogue « sérieux et responsable » demeure, selon elle, l'unique issue possible à la crise actuelle.