Des dossiers récemment publiés par le ministère de la Justice des Etats-Unis révèlent que Jeffrey Epstein a passé des années à tenter d'acheter un palais de luxe dans la Palmeraie de Marrakech. Malgré des négociations prolongées, l'accord a échoué quelques mois avant son arrestation en 2019. DR ‹ › Jeffrey Epstein a passé des années à essayer d'acquérir une propriété de luxe à Marrakech, révèlent des documents récemment publiés par le ministère américain de la Justice. Ces dossiers font partie de la plus vaste divulgation de documents sur le délinquant sexuel qui s'est donné la mort en prison. L'année dernière, une loi a exigé leur publication. Plus de trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos ont été rendues publiques, vendredi dernier. Parmi elles, des dizaines d'emails détaillent les efforts d'Epstein pour acheter une propriété haut de gamme dans la Palmeraie de Marrakech. Après avoir exploré plusieurs options dans ce que décrit un email de 2013 comme le «marché très limité des propriétés ultra-luxueuses» de Marrakech, Epstein s'est finalement intéressé à Bin Ennakhil, un palais situé dans la Palmeraie. «C'est le meilleur endroit», peut-on lire dans un courriel, précisant que la résidence a été achevée en 1995 et construite avec ce qui est considéré comme «la meilleure technologie européenne». Epstein a montré un vif intérêt pour la propriété. Il a même demandé des photographies et une «vidéo de visite de la maison et du jardin», avec une attention particulière pour les salles de bain, la cuisine et les systèmes mécaniques. Les correspondances décrivent comment la propriété se caractérise par un savoir-faire exceptionnel, des volumes monumentaux et une unicité artistique «impossible à reproduire». Le palais est souvent présenté comme une «œuvre d'art», attirant les acheteurs motivés par l'appréciation culturelle plutôt que par des considérations financières. Un achat presque concrétisé au Maroc Bien qu'impressionné par la propriété, Epstein est resté sceptique sur le prix. «Je comprends que la propriété est unique», a-t-il écrit, disant ne pas pouvoir justifier le montant exhorbitant. «J'ai examiné les ventes comparables, l'assurance contre le risque politique et le risque financier du pays. Je ne suis pas sûr de ce qui me manque, mais je ne peux pas m'approcher de son chiffre de 50 millions d'euros», a-t-il ajouté, réclamant des comparables concrets dans la Palmeraie, aussi bien pour les propriétés sur le marché que pour celles vendues. Les documents montrent que les négociations autour de Bin Ennakhil, les comparaisons avec d'autres domaines de luxe, et les tentatives de persuader le propriétaire de réduire le prix ont duré des années. Karyna Shuliak, décrite par plusieurs médias internationaux comme la petite amie d'Epstein, a également été impliquée dans le processus. Elle a organisé des visites sur place, coordonné des discussions techniques, contacté des experts et mené des négociations avec des intermédiaires locaux. Dans un email de mars 2019 concernant Bin Ennakhil, Epstein a été informé que malgré les autres offres existantes, la sienne restait toujours considérée comme «la plus sérieuse». Finalement, l'accord n'a pas abouti. En avril 2019, les négociations sur la propriété de Marrakech avaient cessé. Quelques mois plus tard, en juillet 2019, Epstein a été arrêté. Côté marocain, une lettre de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a par la suite confirmé qu'Epstein avait transité par l'aéroport de Marrakech-Ménara le 25 avril 2019. Ce serait l'un de ses derniers voyages à l'étranger, laissant une question persistante sur ses éventuelles tentatives de chercher refuge à Marrakech, peu avant l'effondrement de son empire.