Un léger déficit des stocks de carburant aviation est actuellement enregistré au Maroc, en raison des perturbations météorologiques persistantes de ces dernières semaines, a indiqué une source gouvernementale de haut rang, assurant toutefois que la situation reste maîtrisée, sans motif d'inquiétude, et s'inscrit dans le cadre des mesures ordinaires appliquées en pareilles circonstances. Selon cette source, sollicitée par Hespress, le recours à des mesures préventives demeure normal lors d'épisodes inhabituels, notamment dans le contexte actuel marqué par de fortes précipitations ayant affecté le rythme d'approvisionnement des aéroports en carburant importé. Ces perturbations sont principalement liées aux difficultés rencontrées dans les ports, en particulier ceux du Nord et de Jorf Lasfar. Les conditions météorologiques ont eu un impact direct sur le trafic maritime. Une cargaison d'environ 35.000 tonnes de kérosène est ainsi restée en attente pendant plus de quinze jours, faute de pouvoir accoster à Jorf Lasfar en raison des intempéries, a-t-elle ajouté, notant que plus de 100 navires transportant diverses marchandises seraient confrontés à des difficultés similaires. La même source précise que la forte agitation en mer a ralenti l'accès des navires aux ports, retardant les opérations de déchargement et d'expédition, soulignant que le port Tanger Med a également connu des fermetures temporaires liées à ces conditions exceptionnelles, avec une reprise progressive des coordinations maritimes attendue dès l'amélioration de la météo. Les mouvements de camions ont, eux aussi, subi des ralentissements notables, compliquant davantage la chaîne logistique. Dans ce contexte, l'Office national des aéroports (ONDA), en coordination avec le ministère de tutelle, a décidé d'appliquer une mesure préventive consistant à demander à certains vols d'atterrir avec leurs réservoirs pleins. Cette directive concerne principalement les vols court et moyen-courriers en provenance de pays européens proches, afin de prolonger la couverture des stocks de réserve sur plusieurs jours supplémentaires. Les vols long-courriers restent toutefois dépendants du ravitaillement à l'arrivée, notamment ceux en provenance de destinations comme les États-Unis ou les Émirats arabes unis, en raison des contraintes opérationnelles liées à la distance. De même, la source a fait savoir que le niveau actuel des stocks ne justifie pas, à ce stade, des opérations de redistribution massive entre aéroports. Malgré la pression observée sur certaines plateformes, les réserves sont gérées dans les marges de sécurité établies, permettant d'assurer la continuité des vols sans recourir à des solutions exceptionnelles, a-t-elle dit. Du côté du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, un responsable contacté par Hespress affirme que la situation reste maîtrisée et que les navires transportant du carburant ont commencé à décharger leurs cargaisons depuis ce week-end, selon le calendrier prévu. La coordination avec les importateurs se poursuit étroitement afin d'éviter toute rupture susceptible d'affecter les stocks stratégiques nationaux. Selon les données disponibles à la fin de la semaine, le déficit constaté demeure limité et ne présente pas de risque majeur, les autorités assurant un suivi continu de l'évolution de la situation.