Le Rassemblement national des indépendants (RNI), a élu, ce samedi à El Jadida, Mohamed Chaouki à la présidence du parti. Seul candidat en lice, le chef du groupe parlementaire succède à Aziz Akhannouch qui a défendu une passation inscrite dans la culture du renouvellement et la préparation des échéances de 2026. Mohamed Chaouki prend donc les rênes du parti de la Colombe. Réunis ce samedi à El Jadida en congrès extraordinaire, les militants ont porté à la présidence du parti le chef du groupe parlementaire à la Chambre des représentants, seul candidat en lice pour succéder à Aziz Akhannouch. Cette désignation ouvre une nouvelle séquence pour la formation majoritaire, à quelques mois des prochaines législatives. L'élection de Chaouki consacre un scénario préparé en amont par la direction du parti. Validée par le bureau politique après expiration des délais de dépôt des candidatures, sa désignation s'est imposée comme l'option de la continuité organisée. Âgé de 48 ans, expert en gestion d'entreprise et en analyse financière, diplômé d'Al Akhawayn et de l'université américaine J. C. Smith, passé par des responsabilités dans l'investissement à l'international, il incarne un profil de manager appelé à tenir ensemble l'appareil partisan. Présenté comme l'homme du rassemblement pour la prochaine étape, il hérite d'une machine électorale qui revendique son statut de première force politique depuis 2021 et qui se projette déjà vers 2026. Cette montée en première ligne a aussi été rendue possible par le retrait de Mohamed Aujjar. Potentiel concurrent, l'ancien ministre de la Justice et membre du bureau politique a annoncé peu avant le congrès son ralliement à l'option du candidat unique. Il a expliqué avoir défendu une thèse et une vision, longuement discutées au sein des instances, avant qu'un consensus ne se dégage autour de la nécessité de « resserrer les rangs » dans une période marquée par la proximité des échéances législatives. Appelant les militants à soutenir Chaouki, Aujjar a assumé un choix dicté, selon lui, par l'impératif d'unité et de mobilisation collective. Avant le passage de témoin, Aziz Akhannouch a longuement installé le décor de son départ. Dans une atmosphère chargée d'émotion, le Chef du gouvernement a affirmé transmettre le flambeau en étant « rassuré que le parti est entre de bonnes mains », insistant sur le fait que la force du RNI réside dans ses compétences et non dans des « leaderships éternels ». Il a rappelé que sa décision de ne pas briguer un troisième mandat procède du respect des règles internes et d'une certaine idée de la pratique démocratique, tout en appelant les militants à entourer la nouvelle direction avec la même loyauté. Revenant sur dix années à la tête du parti, il a cité les grandes séquences qui ont structuré son mandat, de « Masar Attiqa » à « 100 jours 100 villes », jusqu'au programme ayant conduit à la victoire de 2021. Le président du congrès, Rachid Talbi Alami, a, pour sa part, donné à cette transition une portée plus large. Il a décrit le choix d'Akhannouch comme un acte fondateur pour la culture du renouvellement au sein des partis, estimant que le rendez-vous d'El Jadida dépasse la simple élection d'un dirigeant pour toucher à la consolidation d'un modèle basé sur la légitimité démocratique et l'engagement institutionnel.