Maroc 2025 Lorsqu'il a obtenu l'organisation de la CAN 2025, le Maroc n'a jamais caché son ambition : faire de l'événement un levier de transformation, bien au-delà du football. Les chiffres publiés par le gouvernement marocain et les analyses post-événement confirment aujourd'hui une réalité rarement observée dans l'histoire récente de la compétition : la CAN 2025 a agi comme un accélérateur de développement économique, structurel et diplomatique. 1. Retombées économiques : le Maroc change d'échelle Selon les données officielles consolidées après la compétition, la CAN 2025 aurait généré plus de 1,5 milliard d'euros de retombées économiques directes et indirectes. Un chiffre record à l'échelle africaine. Comparaison avec les CAN récentes (estimation) Édition Pays hôte Retombées estimées CAN 2019 Égypte ~900 M€ CAN 2021 Cameroun ~800 M€ CAN 2023 Côte d'Ivoire ~1,1 Md€ CAN 2025 Maroc ~1,5 Md€ Pourquoi un tel écart ? * afflux touristique massif (environ 600.000 visiteurs liés directement à la CAN), * capacité hôtelière supérieure, * réseaux de transport modernes, * forte consommation locale (restauration, services, mobilité). 2. Infrastructures : "10 ans de développement en 24 mois L'impact le plus durable de la CAN 2025 reste structurel. Les autorités marocaines estiment que la préparation de la compétition a permis d'accomplir en deux ans l'équivalent d'une décennie d'investissements. Principaux chantiers * rénovation et mise aux standards internationaux de 9 stades, * modernisation des aéroports, gares, axes routiers, * amélioration des transports urbains autour des sites, * renforcement des capacités hôtelières. À titre de comparaison, la CAN 2021 au Cameroun avait laissé plusieurs infrastructures sous-exploitées, faute d'intégration dans un projet national global. Le Maroc, lui, a inscrit la CAN dans une trajectoire cohérente vers la Coupe du monde 2030. 3. Emploi et formation : un effet social concret La CAN 2025 a généré plus de 100.000 emplois directs et indirects, principalement dans : * le BTP, * l'événementiel, * la sécurité, * le tourisme et les services. Contrairement à certaines éditions précédentes, une partie significative de ces emplois s'est accompagnée de formations certifiantes, améliorant l'employabilité à moyen terme. 4. Le Sénégal, vainqueur sportif... mais modèle différent Sur le terrain, le Sénégal est sorti vainqueur de la CAN 2025. Une consécration sportive qui confirme la domination relative des Lions de la Teranga sur le continent. Mais sur le plan économique et structurel, les modèles divergent : Critère Maroc (hôte) Sénégal (vainqueur) Investissements Massifs et structurants Limités à l'exploitation Infrastructures Héritage durable Aucun impact direct Image internationale Forte projection Prestige sportif (discutalbe) Soft power Événement + diplomatie Performance sportive Conclusion comparative : Le Sénégal a gagné la CAN. Le Maroc a gagné la CAN... et l'après-CAN. 5. Soft power et crédibilité internationale La réussite organisationnelle de la CAN 2025 a renforcé la position du Maroc comme : * hub sportif africain, * partenaire crédible pour les grandes compétitions, * acteur central du soft power sportif africain. Ce capital d'image profite déjà aux candidatures futures, aux investissements étrangers et à la diplomatie régionale et internationale. Conclusion : une CAN qui change la perception La CAN 2025 au Maroc restera dans l'histoire comme un succès sportif, un succès organisationnel et un tournant économique et structurel. Là où certaines éditions se sont contentées d'un éclat ponctuel, le Maroc a transformé l'événement en outil stratégique de développement. Pendant que le Sénégal célébrait une victoire historique sur le terrain, le Royaume consolidait, lui, une victoire hors du terrain, plus silencieuse mais plus durable.