Les Jeux olympiques d'hiver 2026 démarrent officiellement ce vendredi avec la cérémonie d'ouverture qui verra défiler huit nations africaines, soit le record établi à PyeongChang en 2018. Le Maroc sera à nouveau de la partie , avec deux athlètes engagées dans le ski alpin et le ski de fond. Loin d'être anecdotique, la participation des nations africaine aux olympiades d'hiver prend de l'ampleur à chaque édition. Preuve en est, pour les 25e Jeux olympiques d'hiver qui se déroulent jusqu'au 22 février entre Milan et Cortina (nord de l'Italie), le continent sera représenté par huit nations, égalant le record établi à PyeongChang (Corée du Sud) en 2018. C'est dire à quel point les sports d'hiver occupent une place marginale dans la cartographie des disciplines pratiquées en Afrique. Une réalité intimement liée aux spécificités climatiques du continent. Pour autant, ces sports rassemblent de plus en plus d'irréductibles bien décidés à faire tomber, année après année, le cliché des «Rasta Rockets» (*) et à inscrire leurs couleurs sur la scène internationale. Cette année, les espoirs africains seront portés par l'Afrique du Sud, le Bénin, le Kenya, l'Erythrée, la Guinée-Bissau, le Maroc, Madagascar et le Nigéria. Ces huit nations présenteront une quinzaine d'athlètes. Réunis autour d'un même objectif : décrocher la première médaille du continent dans des olympiades d'hiver. Participation minimale, motivation XXL pour le Maroc À Milan-Cortina 2026, la délégation nationale, bien que restreinte, porte une ambition claire : représenter dignement le Royaume et inspirer une nouvelle génération d'athlètes. Pour cette édition, le Comité national olympique marocain (CNOM) a validé la participation de deux athlètes, ancrant ainsi le Maroc dans le paysage des nations africaines présentes à l'hiver olympique. L'objectif est autant symbolique que sportif, puisqu'il s'agit d'affirmer une présence constante dans un univers encore peu familier pour nombre de pays du continent. Sur les pentes italiennes, Pietro Tranchina, 22 ans, défendra les chances marocaines dans les épreuves techniques du slalom et du slalom géant, disciplines du ski alpin. Ces épreuves se dérouleront sur le site exigeant de Bormio, connu pour ses pistes techniques et son terrain de compétition favorable aux spécialistes de la discipline. De son côté Abderrahim Kemmissa, 31 ans, est engagé dans l'épreuve du 10 km libre (ski de fond) à Predazzo. Le choix de ces disciplines illustre une autre réalité : si le Maroc ne dispose pas de massifs alpins comparables à ceux des pays européens, ses athlètes trouvent des terrains d'entraînement adaptés à l'étranger pour cultiver leur potentiel. Leur qualification aux Jeux est le fruit d'efforts constants et de participations régulières aux circuits internationaux. Préparation, défis et perspectives Pour préparer ces Jeux, le CNOM a multiplié les échanges avec la Fédération royale marocaine de ski et sports de montagne, ainsi qu'avec les organisateurs italiens, afin d'anticiper les aspects logistiques et sportifs indispensables à une participation optimale. Au-delà des résultats, ces réunions témoignent d'une structuration plus poussée du sport marocain sur les disciplines hivernales. Si aucun podium olympique n'a encore été décroché par un athlète marocain à une olympiade d'hiver, l'expérience acquise par Tranchina et Kemmissa est une investissement pour l'avenir. Leur présence à Milan et Cortina est un encouragement pour les jeunes Marocains qui souhaitent s'engager dans des sports souvent perçus comme inaccessibles dans leur pays. L'impact potentiel se mesure aussi en termes d'inspiration : voir une délégation africaine grandir dans le cercle fermé des Jeux d'hiver est une victoire en soi, un signe que les frontières du possible se repoussent, même dans les domaines les plus inattendus. L'Afrique et les Jeux olympiques d'hiver, une histoire de pionniers L'histoire de la participation africaine aux Jeux olympiques d'hiver remonte aux années 1960, lorsque l'Afrique du Sud devient le premier pays africain à concourir aux Jeux d'hiver en 1960 à Squaw Valley (Etats-Unis). Peu après, d'autres nations s'engagent progressivement dans ces compétitions malgré l'absence de traditions hivernales sur le continent. Le Maroc figure parmi les pionniers avec une délégation d'alpinistes à Grenoble en 1968. Depuis, la présence africaine s'est maintenue, même si aucun athlète du continent n'a encore remporté de médaille aux Jeux d'hiver. L'édition Milano-Cortina 2026 marque la deuxième fois qu'un record de huit pays africains est atteint – après PyeongChang 2018 –, illustrant une progression constante de la représentation du continent. (*) Référence à l'équipe jamaïcaine de bobsleigh rendue célèbre par le film Rasta Rockett, qui raconte avec humour et inspiration la participation improbable de la Jamaïque aux Jeux olympiques d'hiver de Calgary en 1988. Darryl Ngomo / Les Inspirations ECO