La présidente du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Amina Bouayach, a présidé, récemment dans la capitale camerounaise Yaoundé, la réunion du Groupe de travail africain sur la migration relevant du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l'Homme (RINADH), avec la participation des présidentes, présidents et responsables d'institutions nationales des droits de l'Homme représentant 20 pays africains. Cette réunion, à laquelle ont pris part les membres du Groupe de travail (Maroc, Nigeria, Zimbabwe, Mauritanie, République démocratique du Congo et Kenya), ainsi que des institutions nationales d'Égypte, du Togo, du Sénégal, d'Afrique du Sud, du Rwanda, de l'île Maurice, de la Zambie, du Burkina Faso, de la Guinée équatoriale, du Cap-Vert, du Burundi, du Ghana, du Cameroun et de l'Éthiopie, a constitué une occasion de dresser le bilan global des travaux du Groupe depuis sa création, tout en mettant en exergue les principales réalisations enregistrées en matière de formation, de plaidoyer, de coordination institutionnelle et de renforcement des capacités. La rencontre a également permis de faire le point sur les acquis réalisés à travers l'organisation de sessions de formation et d'échanges d'expériences portant notamment sur la protection des réfugiés et les droits des migrants en période de crise, l'inclusion sociale et économique des travailleurs migrants, ainsi que la participation active aux forums régionaux et internationaux, en vue de renforcer la portée de la voix des institutions nationales africaines dans les différentes instances concernées par les questions migratoires. Dans ce cadre, l'accent a été mis sur l'importance particulière de la signature, à Rabat en avril 2025, de la convention de coopération avec le Comité des travailleurs migrants des Nations Unies, considérée comme une étape charnière dans la marche du Groupe de travail. Cet accord a permis d'instaurer un cadre institutionnel structuré pour la coopération, l'échange d'informations et la coordination des efforts de plaidoyer visant à encourager les États à ratifier la convention internationale pertinente, à renforcer les mécanismes de suivi et de mise en œuvre, et à traduire un engagement commun en faveur du renforcement de la protection des droits des migrants et des membres de leurs familles, tout en consolidant un partenariat durable entre les institutions nationales africaines et le système onusien. Les membres du groupe de travail, la présidence du RINADH ainsi que les institutions participantes ont unanimement salué la dynamique et l'élan qui caractérisent le Groupe Migration, ainsi que les résultats obtenus aux niveaux continental et international. La réunion a également été l'occasion de renouveler l'appel au renforcement de la protection des droits des migrantes et migrants, ainsi que des réfugiées et réfugiés, notamment dans un contexte international marqué par la montée de discours hostiles aux droits liés à la migration, et d'échanger les points de vue sur les moyens de promouvoir ces droits sur le continent africain. Intervenant à cette occasion, Amina Bouayach a fait part de la préoccupation des défenseurs des droits de l'Homme face à la persistance de la non-ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (ICMRW), estimant que cette situation constitue un obstacle réel à la garantie d'une protection effective et globale des droits des migrants et limite la capacité des acteurs des droits de l'Homme à remplir pleinement leurs missions dans ce domaine. La présidente du CNDH a souligné la nécessité de poursuivre le plaidoyer en faveur d'une ratification universelle de cette convention et de renforcer les mécanismes de protection juridique et institutionnelle au profit des migrants et des réfugiés, notant que le respect des droits de l'Homme dans le contexte migratoire constitue un pilier fondamental du développement et de la stabilité, et requiert un engagement collectif des États et des institutions concernées. Dans ce sens, elle a rappelé qu'un certain nombre de pays de l'hémisphère Nord n'ont pas encore ratifié cette convention internationale, entrée en vigueur en 2003, en tant que cadre juridique international contraignant, garantissant les droits et la dignité des migrants, tout en soulignant sa complémentarité avec d'autres instruments internationaux, notamment le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (Pacte de Marrakech). Tout en appelant à l'intensification des efforts africains en matière de plaidoyer et de coordination, ainsi qu'au renforcement de l'implication des institutions nationales des droits de l'Homme dans les questions migratoires aux niveaux régional et international, elle a mis en avant l'importance de l'unification des positions africaines et du développement d'initiatives communes afin d'influencer les politiques publiques et d'intégrer l'approche fondée sur les droits de l'Homme dans la gestion des questions migratoires. Bouayach a également insisté sur le rôle central des institutions nationales des droits de l'Homme dans le suivi de la situation des migrants, le plaidoyer en faveur de l'harmonisation des législations nationales avec les normes internationales, le renforcement de la sensibilisation sociétale aux droits des migrants et des réfugiés, ainsi que la facilitation de leur accès aux mécanismes de protection et de recours. Au terme de cette réunion, tenue en amont de la rencontre annuelle du RINADH, elle Bouayach a réaffirmé le soutien du CNDH aux efforts du Groupe et à la consolidation de son action collective, en vue de bâtir une approche africaine fondée sur les droits de l'Homme dans le domaine de la migration et de faire face aux défis croissants qui y sont liés aux niveaux continental et international. Pour rappel, le Maroc préside le Groupe de travail africain sur la migration, créé à Marrakech en 2018, dans l'objectif d'institutionnaliser le travail sur les questions migratoires au sein du RINADH.