La Chine a annoncé vendredi qu'elle s'employait à médiatiser le conflit opposant le Pakistan à l'Afghanistan, appelant les deux pays à cesser les combats et à régler leurs différends par le dialogue. « La Chine œuvre à une médiation dans ce conflit par ses propres canaux et est prête à continuer de jouer un rôle constructif en faveur d'une désescalade et d'une amélioration des relations bilatérales », a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning. Beijing est « profondément préoccupée » par l'escalade et « attristée par les pertes humaines », a ajouté Mao, précisant que les ambassades chinoises dans les deux pays étaient mobilisées pour contribuer à la résolution du conflit. La porte-parole a également appelé Islamabad et Kaboul à « garantir la sécurité du personnel, des projets et des institutions chinoises » présents sur leurs territoires respectifs. Cette initiative diplomatique de Beijing intervient après que le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a annoncé une « guerre ouverte » entre les deux pays voisins, au lendemain de frappes sur la capitale afghane Kaboul ainsi que sur Kandahar. Ces bombardements faisaient suite à une attaque de forces afghanes contre des soldats pakistanais dans la nuit de jeudi à vendredi. Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées ces derniers mois, notamment après des affrontements meurtriers en octobre ayant causé plus de 70 victimes de part et d'autre. Islamabad accuse Kaboul de ne pas agir contre les groupes militants responsables d'attaques sur son territoire, ce que le gouvernement taliban réfute. Plusieurs tentatives de médiation ont déjà été engagées. Le Qatar et la Turquie ont obtenu un premier cessez-le-feu en octobre, tandis que l'Arabie saoudite a facilité ce mois-ci la libération de trois soldats pakistanais capturés. La Chine entretient des relations qualifiées d' »indestructibles » avec le Pakistan, dont elle est le premier partenaire commercial et dans lequel elle a investi plus de 65 milliards de dollars dans le cadre du Corridor économique sino-pakistanais. Beijing cherche également à préserver ses intérêts en Afghanistan, où son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, s'était rendu en août dernier pour appeler les talibans à renforcer la coopération antiterroriste.