L'Iran a décidé mercredi de reporter les obsèques nationales pour le guide suprême Ali Khamenei, initialement prévues dans la soirée à Téhéran, alors que le pays fait face depuis cinq jours à des frappes israélo-américaines. « La cérémonie d'adieu à l'imam martyr a été reportée (...) en anticipation d'une affluence sans précédent », a affirmé la télévision d'Etat, ajoutant que la nouvelle date serait « communiquée ultérieurement ». Mercredi matin, un hommage avait été annoncé pour le soir même à Téhéran devant la dépouille d'Ali Khamenei, mort à 86 ans dans une frappe, et qui doit être inhumé dans la ville sainte de Machhad (nord-est), d'où il était originaire. La capitale iranienne Téhéran fait l'objet depuis samedi de bombardements israélo-américains qui visent des infrastructures militaires et gouvernementales. Les autorités n'ont fait aucun lien avec la situation sécuritaire. « Cette cérémonie est reportée en raison de nombreux appels à travers le pays, de la participation attendue de millions de personnes et de la nécessité de fournir l'infrastructure adéquate » pour une telle foule, a précisé à la télévision Mohsen Mahmoudi, le directeur du Conseil islamique de coordination du développement de Téhéran, l'institution en charge de l'organisation des funérailles. Pour rappel, en juin dernier, lors de la guerre des douze jours, l'ayatollah Khamenei aurait nommé trois candidats potentiels à sa propre succession, rapporte le New York Times. Il s'agit du chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei (actuel membre du conseil provisoire mis en place ce 1er mars), de son chef de cabinet, Ali Asghar Hejazi – dont la mort a été annoncée par Israël dans les frappes menées hier – et de Hassan Khomeini, « un religieux modéré issu de la faction politique réformiste et petit-fils de l'ayatollah Rohallah Khomeini », fondateur de la République islamique. Selon le journal américain, qui s'est entretenu avec six hauts responsables iraniens et deux religieux, l'ayatollah Khamenei aurait écarté de la liste son fils, Mojtaba, pressenti à sa succession, affirmant ne pas vouloir « que la fonction de guide suprême soit héréditaire ».