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Pharmacies: Le Conseil de la concurrence alerte sur l'explosion du nombre d'officines et un modèle économique fragile
Publié dans Hespress le 17 - 03 - 2026

Dans son dernier avis, le Conseil de la concurrence a mis en exergue les difficultés majeures du secteur officinal marocain. Il pointe notamment du doigt une densité très élevée du réseau de pharmacies, qui a connu une croissance de plus de 54 % entre 2015 et 2024, dépassant ainsi largement les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Dans ce rapport analysant toutes les spécificités du marché (pharmacies individuelles, grands groupes de répartition), le Conseil dresse un bilan préoccupant et souligne les limites opérationnelles de ce secteur névralgique de la santé.
Un réseau saturé et économiquement fragile Parmi les principaux constats, l'avis note que le réseau des pharmacies est très dense mais économiquement vulnérable. Cette situation s'explique par une offre supérieure à la demande, une répartition territoriale inégale, un modèle de rémunération trop dépendant du prix des médicaments, une hausse continue des charges, ainsi que par des problèmes réglementaires et organisationnels.
Le rapport souligne une croissance ininterrompue du secteur, portée par l'arrivée annuelle de nouveaux diplômés. Au cours de la décennie étudiée, le nombre de pharmacies est passé de 9 185 à 14 134 (+54 %), tandis que la population n'a augmenté que de 8,8 %. Ainsi, le rythme d'ouverture des officines s'est avéré 6,5 fois plus rapide que la croissance démographique.
Aujourd'hui, le Maroc compte une pharmacie pour environ 2 600 habitants, contre une recommandation de l'OMS fixée à une pour 5 000 habitants. Cette surpopulation engendre une forte concurrence entre des officines souvent implantées trop près les unes des autres, malgré une législation stricte sur l'espacement (le chaînage). Il en résulte une baisse du chiffre d'affaires moyen et une précarisation de nombreuses pharmacies.
« Cette densité a contribué à améliorer l'accessibilité géographique aux médicaments. Toutefois, elle a également engendré des effets économiques significatifs », souligne le rapport. Il précise que cette multiplication « a favorisé la fragmentation du marché, entraînant une diminution du chiffre d'affaires moyen par pharmacie et une pression accrue sur la rentabilité, en particulier pour les nouvelles installations ».
Concentration urbaine et marges compressées Le rendement des pharmacies souffre également d'une concentration territoriale excessive dans les grandes métropoles, particulièrement dans les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra, au détriment de zones moins desservies comme l'Oriental ou Souss-Massa.
Le Conseil pointe par ailleurs la question de la rémunération, principalement assise sur la marge appliquée au prix des médicaments. Or, les baisses réglementaires de ces prix réduisent les revenus des pharmaciens, une situation aggravée par des charges en constante augmentation. Selon les estimations de la profession, les charges moyennes d'une pharmacie ont bondi d'environ 47 % entre 2015 et 2025, poussées par la flambée des loyers, de la masse salariale et des coûts d'exploitation indispensables.
« Cette évolution accentue la compression des marges nettes et fragilise davantage l'équilibre financier des officines », alerte le rapport. Sans évolution du modèle économique actuel, le Conseil estime que « cette dynamique pourrait compromettre la viabilité économique d'une part significative du réseau officinal, avec un risque de fermeture d'officines susceptible d'affecter l'accessibilité territoriale aux médicaments ».
Concurrence déloyale et obstacles réglementaires Les pharmaciens sont également pénalisés par l'impossibilité légale de substituer des médicaments prescrits (droit de substitution). Cette contrainte bloque de nombreuses ventes en cas de rupture de stock. Pour s'en prémunir, les officines se voient obligées de surstocker et de multiplier les références pour une même classe thérapeutique.
Le document dénonce en outre la concurrence indirecte exercée par certaines cliniques privées. Bien que la loi (n° 17-04) n'autorise ces établissements à détenir une pharmacie interne que pour les besoins exclusifs des patients hospitalisés, certaines cliniques vendent des médicaments aux patients sortants. « Certaines pratiques de dispensation de médicaments à usage ambulatoire aux patients quittant la clinique sont susceptibles de détourner une part croissante de la dispensation du réseau officinal », observe le rapport. Ce phénomène est accentué par une forme de « patientèle captive », orientée vers la pharmacie de la clinique sans réel choix, souvent dans un contexte de vulnérabilité post-opératoire.
Un modèle limitant pour les jeunes diplômés Enfin, le rapport identifie le schéma organisationnel actuel comme un frein à l'investissement. La structure du tissu officinal limite les opportunités d'emploi salarié. Faute de véritables alternatives, les jeunes diplômés se voient contraints d'ouvrir leur propre officine comme principale voie d'insertion, ce qui accentue encore la saturation du réseau.
L'accès au financement reste d'ailleurs restreint pour ces nouveaux pharmaciens : « Les banques exigent souvent des garanties personnelles et privilégient les sociétés structurées disposant de capitaux propres », rappelle le Conseil.
En conséquence, la majorité des pharmacies sont exploitées en nom propre, malgré la possibilité légale de créer des sociétés. « Dans ce modèle, le pharmacien cumule les rôles de propriétaire, de gestionnaire et de professionnel de santé, sans réelle séparation entre patrimoine personnel et professionnel », conclut le document, notant que cette configuration empêche les officines de mutualiser leurs ressources, de structurer leurs fonctions de support et de réaliser des économies d'échelle.


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