Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), en tant qu'institution constitutionnelle de concertation et de proposition, a tenu mercredi une séance d'audition consacrée à l'Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), dans le cadre de l'élaboration de son avis relatif à la lutte contre les atteintes à l'environnement au Maroc, intitulé « De la sanction à la réparation : une chaîne à rendre effective ». Cette rencontre s'inscrit dans la démarche participative et inclusive adoptée par le CESE, visant à enrichir ses travaux par les contributions des acteurs institutionnels concernés, indique l'ANEF dans un communiqué. À cette occasion, l'ANEF a présenté un état des lieux des infractions forestières et faunistiques, ainsi que le cadre juridique et réglementaire régissant la protection, la gestion durable et la valorisation des ressources forestières et de la biodiversité, ajoute la même source. En outre, l'ANEF a mis en exergue les réformes engagées dans le cadre de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notamment en matière de réorganisation et de modernisation de la Police des Eaux et Forêts. Ces réformes, mises en œuvre depuis 2023, note le communiqué, ont permis de renforcer les capacités de surveillance, de prévention et de répression, d'améliorer la coordination des interventions sur le terrain, et de promouvoir une approche plus intégrée et participative de la gestion des ressources forestières. À ce titre, le Directeur général de l'ANEF, Abderrahim Houmy, a souligné que les atteintes au patrimoine forestier ne constituent pas une fatalité, mais elles résultent de facteurs à la fois humains et climatiques, auxquels il est possible de répondre à travers une approche intégrée, fondée sur la sensibilisation, la responsabilisation des acteurs et la fermeté dans l'application de la loi. Cité dans le communiqué, Houmy a relevé que la lutte contre ces infractions repose ainsi sur la modernisation des dispositifs de surveillance, le renforcement du cadre juridique et l'implication active des acteurs locaux. L'ANEF rapporte par ailleurs, que les échanges ont également permis de relever les premiers impacts positifs de ces chantiers, notamment en termes de réduction des infractions dans plusieurs zones sensibles, telles que le Moyen Atlas et la Maâmora. D'autre part, la réunion a été l'occasion de mettre en lumière l'importance stratégique des partenariats institutionnels développés par l'ANEF, notamment à travers les conventions conclues avec la Cour de cassation (2022), la Direction Générale de la Sûreté Nationale (2024) et la Gendarmerie Royale (2025). « Ces partenariats traduisent une volonté commune de renforcer la coordination entre les différentes institutions, condition essentielle pour assurer une lutte efficace contre les atteintes au patrimoine forestier et faunistique », précise l'Agence. Cette audition a permis d'alimenter la réflexion du CESE autour des mécanismes permettant de rendre plus effective la chaîne allant de la sanction à la réparation des atteintes à l'environnement. Elle s'inscrit dans une dynamique collective visant à renforcer la protection du patrimoine naturel, à améliorer l'effectivité des dispositifs juridiques et opérationnels et à concilier préservation des ressources naturelles et prise en compte des besoins des populations riveraines. À travers sa contribution aux travaux du CESE, l'ANEF réaffirme son engagement en faveur d'une gouvernance environnementale renforcée, fondée sur la coordination interinstitutionnelle, l'efficacité des dispositifs de contrôle et la promotion d'une gestion durable des écosystèmes forestiers.