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Drame d'Imlil: Comment 12 accusés ont nié toute allégeance à Daech (1/2)
Publié dans Hespress le 14 - 06 - 2019

La quatrième comparution devant le tribunal pénal chargé des affaires antiterroristes près la Cour d'appel de Salé, ce jeudi 13 juin, des 24 accusés dans l'affaire d'Imilil révélé de nouveaux éléments sur la cellule terroriste qui a commandité l'assassinat de deux touristes scandinaves dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018. A l'exception du plus jeune d'entre eux (23 ans, soldat déserteur des FAR), les 12 détenus présentés devant le juge ont tous nié les accusations portées contre eux.
Les prévenus sont notamment poursuivis pour « allégeance à Daech », « constitution d'une bande afin de préparer et commettre des actes terroristes », « atteinte à la vie de personnes avec préméditation » et « apologie du terrorisme », sur la base de leurs déclarations devant la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) et devant le juge d'instruction. Voici les témoignages des six premiers.
Hespress FR vous propose, en deux parties, les « aveux » des mis en cause auditionnés ce jeudi.
Entre le spirituel et le temporel, la frontière n'est jamais nette
Mohamed Bellabed, 26 ans, a été le premier à se présenter au prétoire. Vendeur de prêt-à-porter habitant Douar Caïd Harbil à Marrakech, il a été arrêté en 2015 suite à une tentative de rejoindre la Syrie. C'est au cours de son séjour carcéral qu'il il a connu Abdessamad El Joud, tête pensante de l'opération terroriste d'Imlil et l'un des deux commanditaires de l'assassinat des deux touristes scandinaves, comme il l'a reconnu au cours de l'audience précédente.
En sortant de prison, Mohamed Bellabed confirme avoir eu l'intention de partir au Nigéria pour rejoindre le mouvement terroriste de Boko Haram « avant de changer d'avis ». Il rapporte qu'en 2018, Abdessamad El Joud lui a parlé d'un simple projet de Rouqiya (une forme d'exorcisme propre à l'Islam) et de Hijama (méthode thérapeutique inspirée de la médecine prophétique), au cours d'une excursion dans la vallée d'Ourika. Il rapporte également avoir connu Hicham Nazih, l'autre détenu ayant reconnu sa complicité dans l'assassinat des deux touristes scandinaves, au cours de cette escapade à l'Ourika, tout en niant avoir dit que « la topographie de la région est propice au Jihad », et que « le régime marocain doit être excommunié ».
Il nie aussi la réception de la vidéo montrant les 4 principaux accusés du meurtre des deux touristes scandinaves, l'approbation de cette méthode d'assassinat et l'acte d'allégeance à Daech. « J'ai cassé mon téléphone lorsque j'ai appris ce qui s'est passé » a-t-il déclaré, après avoir expliqué qu'à la veille du drame, ' »Abdessamad El Joud m'avait dit que je devais les accompagner pour faire triompher la religion d'Allah. J'ai répondu que j'avais du boulot ».
L'Emir de Daech au Couchant
Faisant partie de la cellule terroriste, Ahmed Samid, 28 ans, assure avoir été mis au courant qu'Abdessamad El Joud préparait dans un premier temps des attentats à l'aide de matériels explosifs. Il faisait également partie de l'excursion dans l'Ourika en 2018 ainsi qu'une autre dans la la zone oasienne de Leblouh. « On discutait de fiqh (interprétation temporelle des règles de la charia) , jamais non de terrorisme » a-t-il juré.
Ahmed Samid nie avoir appelé à imiter un groupuscule égyptien qui a créé une Wilaya islamique, base arrière de Daech, dans le Sinaï avec le dénommé Abou Moussaâb El Masry à sa tête. Il nie également toute implication dans un plan de prise d'assaut d'un poste de gendarmerie à Tlat Sidi Bennour (région de Doukkala) et tout acte d'allégeance à Abdessamad El Joud en tant qu' »Emir de Daech au Maroc ».
Pose photo en carabine
Abdelkrim Khmayej, alias Abdelkader, 32 ans est un autre accusé habitant Douar Caïd Harbil à Marrakech. Ouvrier de l'usine Nakhla Plastic dans la zone industrielle de la ville, il a connu El Joud en 2015 à la sortie de prison de celui-ci. « On priait ensemble à la mosquée et on chassait ensemble avec un jebbad (traditionnel lance-pierre marocain) ». Il nie avoir fait allégeance à Daech. « La police me faisait pression et m'a forcé à le dire », a-t-il répondu.
Courant 2018 Abdessamad El Joud et Youness Ouziad, les deux assassins des deux touristes scandinaves, l'ont aidé à construire une maison dans son village d'origine, Douar Aïn Titzi (province d'Essaouira). L'homme corpulent nie avoir proposé aux deux salafistes une vieille carabine appartenant à son père tout en confirmant que son père en possédait une, avoir pris en photo cette arme avec le sigle de Daech, avoir cherché à rejoindre Boko Haram, avoir fait allégeance à Abdessamad El Joud comme « Emir de Daech au Maroc ».
Il se décharge également de tout intention de commettre des actes terroristes dans le complexe touristique Chez Ali Ben Fellah, la liquidation d'agents auxiliaires de l'administration publique (moqaddems et chioukhs), la possession de ceintures explosives, de bâtons électriques et d'équipements paramilitaires, tout en avançant des allégations de torture: « les policiers qui m'interrogeraient serraient fortement les menottes sur mes mains et me collaient des gifles ».
Nouveaux éléments révélés par le juge puis niés par l'accusé, la planification d'opérations terroristes contre des touristes au cours d'une excursion au barrage de Lalla Takerkoust au sud de Marrakech, en plus de cibler une église du quartier de Guéliz et dans les villages touristiques de l'Ourika et la proposition de la somme de 20 000 DH au groupe terroriste pour s'acheter des équipements paramilitaires.
Correspondances High-tech
Abdellatif Driouech alias Nejjar (le menuisier, sa profession) habite lui aussi Douar Caïd Harbil à Marrakech. Doyen de la bande, il a 51 ans et n'a pas d'antécédents judiciaires. « Rachid Afati (un des principaux accusés) venait prendre des madriers de bois dans mon atelier et nous nous sommes rapprochés car je suivais les événements liés à la Révolution syrienne et la montée en puissance de Daech. Mais je ne suis qu'un individu. Comment prétendre m'allier à un organisme ? », a-t-il déclaré devant le juge.
Répondant « non » à la question d'allégeance à Daech, il a également nié » la possession de 4 smartphones contenant des vidéos de Daech et deux comptes de Telegram, application mobile privilégiée par la cellule terroriste car « indétectable par les autorités ».
« Je n'ai pas vu la vidéo de l'égorgement. Je n'ai qu'un simple portable en plus d'une tablette que j'ai offerte à mon fils », a-t-il réfuté, après que le procureur général ait rapporté la saisie des 4 smartphones et d'une tablette retrouvées cassées dans son domicile. « Dans son rapport, le juge d'instruction a confondu le verbe plaire (aâjeb)et le verbe s'exclamer (taâjjeb). Ce n'ai pas vrais que j'ai trouvé plaisant l'acte d'assassinat des deux touristes », a-t-il ajouté par rapport à cette question.
Le freudien de la bande
Menuisier comme son père, Nabil Driouech, 25 ans a un casier judiciaire tout aussi vierge que celui de son paternel. Il nie toute sympathie avec Daech ou intention de perpétrer des actes terroristes et déclare avoir suivi ce qui se passait en Syrie à cause de l'insistance de son géniteur. Le jeune homme n'a eu aucune peine à dénoncer la tutelle qu'exerçait son père sur lui. « Mon père m'obligeait à l'accompagner aux réunions de la cellule », a-t-il indiqué, sous le regard incrédule de celui-ci.
Nabil Driouech nie avoir préparé avec le reste du groupe le braquage d'un fourgon blindé en précisant que les discussions qu'il a eues avec Abdessamad El Joud n'ont jamais porté sur le Jihad.
Il reconnait avoir fait partie des membres de la cellule terroriste, réunie au barrage de Lalla Takerkoust mais nie avoir déclaré devant la police judiciaire que « le Maroc est un Etat tyrannique » et qu'il « excommunie les imams payés par l'Etat ».
Parti travailler à Tanger au moment où les 4 commanditaires ont commis leur acte d'assassinat, son père l'a contacté par téléphone pour l'informer de leur arrestation dans un autocar. « Je n'ai par contre pas reçu la vidéo. Je l'ai vu chez des amis et ça m'a rendu malade » a-t-il exprimé.
L'imam one show
Agé de 30 ans, Abdelghani Chaâïbi, alias Abou Mourad Mesfioui, était imam à Tnine Gharbia (région de Doukkala). « J'étais payé par l'Awqaf (ministère marocain des Affaires islamique) 1500 DH mensuel, en plus des 1700 DH que je recevais de l'Association du douar qui s'appelle Al Falah » a-t-il reconnu. N'ayant pas d'antécédents judiciaires, il nie l'ensemble des accusation portées contre lui, dont l'acte d'allégeance à Daech. « J'ai pour la première fois entendu parler de Daech quelques mois avant mon arrestation. Je n'ai jamais excommunié quelqu'un. Sinon j'aurais commencé par mes propres parents », a-t-il prétendu. Jusque là plongée dans un silence de plomb, la salle d'audience explose de rire.
L'imam est un vieux copain d'Abdessamad El Joud, son ancien camarade de classe. C'est le chef du groupe terroriste qui l'a contacté à sa sortie de prison en 2015. A travers lui, Abdelghani Chaâïbi fit la connaissance de Youness Ouziad et Abdelkrim Khmayej. « Je ne me suis joint à eux qu'à une ou deux reprises pour discuter des règles d'ablutions et de prière, jamais de Jihad (…) Je suis un imam qui n'accomplit que les prières des Tarawih (prières nocturnes, exécutées pendant le Ramadan) je ne saurais définir ce que c'est que le Jihad véridique », a-t-il répondu, hilare, à l'avocat de la partie civile, lui demandant ce que représente ce terme pour lui.


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