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Guerre en Iran : les États-Unis sans calendrier, l'Europe appelle au moratoire
Publié dans Hespress le 20 - 03 - 2026

Les incertitudes s'intensifient autour de la guerre au Moyen-Orient, alors que les grandes puissances peinent à trouver une issue claire au conflit sans pour autant nouer le dialogue avec l'Iran. Entre les signaux contradictoires émanant de Washington, les déclarations optimistes d'Israël et les appels européens à la désescalade pour libérer le détroit d'Ormuz, le flou persiste quant à la durée et à l'évolution des opérations militaires dans la région.
Les inquiétudes pesant sur l'économie mondiale, les approvisionnements, l'agriculture, le commerce et le climat politique tendu, ainsi que l'inflation qui guette plusieurs pays, ravivent les craintes d'une crise globale aux multiples répercussions. À mesure que le conflit s'enlise, les chaînes d'approvisionnement restent fragilisées, les marchés s'agitent et les perspectives de croissance s'assombrissent pour de nombreuses économies.
Jeudi, les États-Unis ont laissé entendre que la guerre pourrait se poursuivre encore longtemps à la suite d'une déclaration du ministre américain de la Défense, Pete Hegseth. Ce dernier a en effet indiqué ne pas avoir de « calendrier défini » ni de « délai fixé » pour la fin des opérations militaires visant l'Iran.
Pour sa part, le président américain, Donald Trump, a déclaré n'avoir envoyé aucune troupe au sol en Iran. Il a également affirmé avoir demandé au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de cesser de bombarder les infrastructures énergétiques iraniennes, assurant que ce dernier « ne le ferait plus ».
« Je ne déploie de troupes nulle part. Si c'était le cas, je ne vous le dirais certainement pas. Mais je ne déploie pas de troupes en Iran », a-t-il ajouté.
De son côté, Benjamin Netanyahu a assuré que l'Iran n'avait plus la capacité d'enrichir de l'uranium, affirmant que la guerre « finirait plus tôt que les gens ne le pensent ».
« Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium ni de produire des missiles balistiques », a-t-il affirmé.
Face à cette crise, les institutions financières mondiales ont fait part de leur inquiétude quant à l'inflation qui menace les économies. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a estimé que cette guerre pourrait provoquer un ralentissement des échanges internationaux et mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale.
La Banque centrale européenne (BCE) a, quant à elle, mis en garde contre un risque croissant d'inflation, soulignant la « grande incertitude » qui entoure l'avenir économique et la croissance de la zone euro.
À Bruxelles, les dirigeants européens, réunis en sommet, ont appelé à un moratoire sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et hydriques dans le cadre du conflit au Moyen-Orient.
« L'Union européenne appelle à une désescalade, à une retenue maximale, à la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi qu'au respect total du droit international par toutes les parties », ont déclaré les représentants des Vingt-Sept.
Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part évoqué la possibilité de mettre en place un « cadre onusien » pour une future mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz, tout en excluant une ouverture par la force.
À l'issue du sommet européen, il a déclaré que la France entendait « tester les principaux partenaires, et en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité » des Nations unies. Il faisait ainsi référence à un cadre de l'ONU qui permettrait à plusieurs pays d'escorter des navires marchands dans le détroit d'Ormuz.
« En revanche, nous ne participerons à aucune ouverture en force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours au Moyen-Orient », a-t-il souligné.


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