La 20ème édition du Forum Pharmaceutique International, organisé sous l'égide du ministère de la Santé et du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens du Maroc, s'est tenue les 5 et 6 Juillet à Marrakech. Plus de 3000 pharmaciens dont 600 originaires d'Afrique et 80 exposants venus de 25 pays ont pris part à cette manifestation mondiale. Plusieurs intervenants dont des chercheurs, professeurs, biologistes, industriels, distributeurs et professionnels de santé étaient également de la partie et ont échangé et discuté, lors de conférences et tables-rondes, autour de plusieurs thématiques, notamment la qualité des médicaments, la couverture de santé universelle, la falsification des médicaments, la réglementation du secteur et les défis de la santé en Afrique. Hespress FR a rencontré le président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, Dr. Hamza Guedira, qui s'est prêté aux jeu des questions-réponses. Hespress Fr : Quelles sont les conclusions et recommandations issues du 20e Forum Pharmaceutique International tenu à Marrakech ? Hamza Guedira : C'était une véritable réussite à 100% en présence de 25 pays africains, européens et d'Amérique du Nord (francophones). Un thème à caractère transversal qui a balayé dans tous les sens, tout ce qui est secteur pharmaceutique. La sécurité et la qualité de l'acte pharmaceutique et de l'acte de biologie médical. Des conférences de la part de conférenciers de taille et d'académiciens. Les conclusions et les recommandations vont dans le sens de l'amélioration de l'acte pharmaceutique et ceci en prenant en considération les recommandations de la fédération internationale de la pharmacie, c'est-à-dire l'élargissement du rôle du pharmacien dans tous les sens. Notamment l'ouverture sur la vaccination contre la grippe, les programmes au niveau des facultés de pharmacie, les ruptures des médicaments, le phénomène des médicaments falsifiés ainsi que l'harmonisation des réglementations. On a demandé aux pays de voir avec leurs gouvernements pour ratifier le plus rapidement possible la création de l'agence africaine du médicament pour harmoniser et unifier tout ce qui est réglementation. Au niveau du Maroc, nous avons demandé avec beaucoup d'insistance de revoir le fameux décret sur la fixation des prix adopté en 2014 et qui a malheureusement eu un effet extrêmement néfaste sur la profession. Aujourd'hui la profession souffre énormément. Nous avons beaucoup de pharmacies en difficulté. Nous avons des pharmacies qui ferment, qui baissent les rideaux. Nous avons le secteur de la grossisterie qui en difficulté, outre le manque de visibilité chez les industriels. Voilà la situation au niveau du Maroc. Mais en dehors de ça, le travail a été mené dans une ambiance extraordinaire avec nos confrères africains. Le Royaume travaille-t-il de la même manière que les autres pays africains en matière de pharmacie ou bien sommes-nous plus avancés ? Pour être dans la transparence totale avec vous, nous sommes plus avancés par rapport à certains et moins avancés par rapport à d'autres. Maintenant, nous en tant que responsables du secteur pharmaceutique au Maroc, nous faisons ce que nous pouvons, nous avons de la visibilité, nous voulons anticiper pour pour orienter la progression dans le bon sens, mais il faut que les pouvoirs publics suivent. Maintenant, il va falloir activer les décisions pour améliorer l'environnement. Il faut concrétiser les choses. Il faut améliorer l'environnement dans sa globalité. Parce que la pharmacie a un rôle extrêmement important dans le cadre du système de santé. Aujourd'hui nous sommes sollicités, par le souverain pour passer à un autre modèle de système de santé, plus axé sur l'intérêt du citoyen, du malade et du patient. La pharmacie est partie prenante dans le système de santé et donc vles pouvoirs publics doivent prendre en considération tout cela. Vous avez parlé lors de votre discours d'une liaison entre le patient et le pharmacien. Quand une personne se rend chez le pharmacien, c'est des fois pour demander conseil. Comment décrivez-vous cette relation ? Tout à fait ! Au niveau mondial, c'est 200 millions de patients qui visitent les pharmacies quotidiennement. Au niveau du Maroc, c'est 1 million de patients qui entrent dans les pharmacies marocaines chaque jour. C'est donc un espace de conseil par excellence et aussi pour s'assurer du suivi médical du patient. Des fois, ces personnes sont là pour discuter de problèmes personnels, voire intimes, et tout cela dans la discrétion et la gratuité ! Sans oublier le déficit énorme que nous avons en matière de ressources humaines, en matière de médecin au sein de notre système de santé.